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Cameroun : après 10 ans de guerre contre Boko Haram, le pétrole de Zina-Makary va-t-il enfin sortir de terre ?

Levée de la force majeure sur le bloc Zina-Makary au Cameroun après dix ans d’interruption. Reprise des activités pétrolières en vue dans l’Extrême-Nord. Décryptage.

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Cameroun : après dix ans de silence, le bloc pétrolier de Zina-Makary pourrait enfin se réveiller


C’est une nouvelle qui fait trembler le bassin de Logone Birni. Après plus d’une décennie d’hibernation forcée, les activités pétrolières dans le bloc de Zina-Makary, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, pourraient bientôt reprendre. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) vient de jeter un pavé dans la mare.


Dans son magazine bilan 2024, la SNH annonce sans fioritures : « Un Comité d’opérations spécial est attendu pour lever la force majeure instaurée depuis mai 2014 sur Zina-Makary et favoriser la reprise des activités pétrolières dans ce bloc. »


Traduction : le verrou sécuritaire qui a paralysé cette zone prometteuse pendant dix ans est sur le point de sauter. Et avec lui, c’est tout un pan de l’avenir énergétique du Cameroun qui pourrait s’illuminer.


 Dix ans de force majeure : pourquoi le projet a gelé


Rappelons les faits. En avril 2009, l’État du Cameroun signe un contrat de partage de production avec la société chinoise Yan Chang. Objectif : explorer et exploiter les blocs de Zina et Makary, au cœur du bassin de Logone Birni, une vaste cuvette de 27 000 km² à fort potentiel.


Mais en mai 2014, c’est le coup de frein brutal. Les incursions répétées de la secte islamiste Boko Haram transforment l’Extrême-Nord en zone de guerre. Sécurité zéro, investisseurs sur la corde raide. La force majeure est déclarée. Silence radio pendant dix ans.


Seule ombre au tableau : la SNH ne chiffre pas les pertes, mais tout le monde sait que ce gel a coûté cher. Très cher.


Pourquoi c’est une bombe stratégique pour le Cameroun


Aujourd’hui, la donne change. L’insécurité a reculé. Les regards se tournent à nouveau vers ce bloc oublié. Et pour cause : avant l’interruption, un premier forage réalisé en 2011 avait donné des résultats « prometteurs », selon les mots d’Adolphe Moudiki, patron de la SNH.


À l’époque, un puits d’exploration était même programmé pour 2012 dans la zone. La guerre en a décidé autrement.


Mais le Cameroun n’a plus le luxe d’attendre. Ses champs actuels vieillissent. Les réserves nationales fondent comme neige au soleil. Sans nouvelles découvertes, c’est la production qui risque de s’essouffler. Zina-Makary n’est pas une option : c’est une nécessité.


Et Bakassi dans tout ça ?


La SNH le rappelle discrètement : Bakassi, dans le Sud-Ouest, est également sous force majeure. Mais c’est Zina-Makary qui concentre aujourd’hui tous les espoirs. Parce que le bassin de Logone Birni est l’une des dernières grandes zones encore vierges du domaine pétrolier camerounais.


Si la levée de la force majeure se confirme, les travaux d’exploration pourraient reprendre rapidement. Et avec eux, l’espoir d’injecter du sang neuf dans une industrie qui en a bien besoin.


En résumé : le réveil de l’Extrême-Nord ?


Le message de la SNH est clair : le comité d’opérations spécial est attendu. Plus qu’une simple formalité, c’est le signal de départ d’une nouvelle ère pour l’amont pétrolier camerounais.


Reste à savoir si les investisseurs, brûlés par une décennie d’insécurité, oseront remettre le pied dans ce désert stratégique. Une chose est sûre : le Cameroun, lui, n’a plus le temps d’attendre.


La machine pétrolière pourrait bientôt rugir à nouveau dans l’Extrême-Nord. Et tout le pays retient son souffle.




Cameroon: After 10 years of forced halt, the Zina-Makary oil block may finally wake up


After more than a decade of interruption, oil activities in the Zina-Makary block, located in Cameroon’s Far North region, could soon resume. In its 2024 annual information magazine, the National Hydrocarbons Corporation (SNH) states that “a special operations committee is expected to lift the force majeure declared since May 2014 on Zina-Makary, in order to facilitate the resumption of oil activities in this block.”


If confirmed, this development would mark a turning point for a project frozen for over ten years due to the deteriorating security situation linked to Boko Haram incursions. It would pave the way for renewed exploration in the Logone Birni basin, considered one of the most promising areas in Cameroon’s oil sector.


The basin covers approximately 27,000 km². Chinese company Yan Chang was awarded 8,506 km² under a production-sharing contract signed in April 2009. However, operations were suspended in May 2014 following the declaration of force majeure.


The SNH has previously highlighted how security crises hampered the 2015-2019 Development Plan and discouraged investors. Before the halt, initial drilling in 2011 had shown encouraging results. Lifting force majeure on Zina-Makary is now a strategic priority for Cameroon, as maturing fields make it urgent to renew national reserves.


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Moussa Nassourou

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