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Maurice Kamto brise le silence : « Il y a un naufrage institutionnel au Cameroun » – Le MRC annonce son grand retour médiatique

Maurice Kamto sort de son silence à Yaoundé et dénonce un « naufrage institutionnel » du RDPC. Boycott, prorogation des mandats, réforme constitutionnelle, retour du MRC dans les médias : les déclarations fortes qui secouent la scène politique camerounaise.

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Yaoundé, siège du MRC à Odza. Maurice Kamto a repris la parole. Face à la presse ce jour, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a livré une déclaration offensive, mêlant justification stratégique, critique du système électoral et mise en garde contre ce qu’il qualifie de « naufrage institutionnel et politique ».


« Si je me suis trompé, je me suis trompé avec mon parti »


D’entrée de jeu, Maurice Kamto a répondu aux critiques persistantes sur le boycott des élections législatives et municipales de 2020.


« Si je me suis trompé, je me suis trompé avec mon parti et le parti réglera ses problèmes. Arrêtons ce jeu. Nous voulons aller aux élections, vous êtes les premiers à tirer sur nous. »


L’ancien candidat à la présidentielle de 2018 rejette l’idée selon laquelle le boycott aurait « cédé les institutions » au RDPC.


« Ceux qui sont allés aux élections ont-ils eu la majorité ? Participer est-il une garantie d’avoir la majorité à l’Assemblée ? »


Un argument qui vise directement les formations politiques ayant pris part au scrutin de 2020, sans pour autant inverser les rapports de force parlementaires.


Retour officiel du MRC dans les médias


Autre annonce forte : le MRC signe officiellement son retour dans l’espace médiatique national. Maurice Kamto a indiqué que des correspondances seront adressées à « certains médias spécifiques », marquant une nouvelle stratégie de communication après une période de distance avec plusieurs organes de presse.


« Si Dieu a dit que je serai président, je serai président »


Dans un registre plus personnel, Kamto est revenu sur son recalage du 5 août 2016.


« On m’a recalé le 5 août 2016, vous m’avez vu pleurer ? Je suis resté chez moi. Si Dieu a dit que je serai président, je serai président. »


Une déclaration qui sonne comme une profession de foi politique, dans un contexte où l’opposition peine à imposer un calendrier électoral clair.


« Il y a un problème démocratique dans notre pays »


Le président du MRC a vivement dénoncé l’incertitude autour des échéances électorales et la prorogation des mandats.


« La prorogation des mandats peut aller jusqu’en avril 2027. Qu’est-ce qui vous dit qu’en 2027 on ne va plus proroger ? »


« On fait la politique chez nous par ambuscade. Voici un pays où les partis politiques ne savent pas quand se tiendront les élections. Il y a un problème démocratique dans notre pays. »


Des propos lourds de sens, alors que le débat sur la gouvernance électorale refait surface.


Constitution, vice-présidence et « double peine »


Maurice Kamto s’est également exprimé sur la pétition citoyenne et la dénonciation par le sénateur René Ze Nguele d’une modification constitutionnelle visant la nomination d’un vice-président.


« Quel que soit le Camerounais qui appelle à la signature de cette pétition, je ne peux que m’en réjouir. »


Il a salué la prise de position du sénateur, pourtant pilier du système :


« Sa dénonciation était un pas dans le bon sens. »


Mais Kamto va plus loin, estimant que les acteurs à l’origine de la réforme « ne sont pas légitimes ».


« C’est la double peine. C’est pour cela que j’ai parlé de naufrage institutionnel et politique du gouvernement RDPC. »


« Le MRC n’a jamais demandé un acte de violence »


Face aux accusations récurrentes, Maurice Kamto a tenu à clarifier la position de son parti :


« Le MRC n’a jamais demandé à quiconque de poser un acte de violence. Nous respectons le choix de chaque Camerounais. »


Une déclaration stratégique dans un climat politique souvent marqué par la tension.


« Le travail du MRC a amené le RDPC à fuir les élections locales »


Enfin, Maurice Kamto a estimé que la pression exercée par son parti aurait influencé la dynamique électorale :


« Le travail du MRC a amené le RDPC à fuir les élections (locales). »


Une affirmation qui relance le débat sur la crédibilité et la transparence du processus électoral au Cameroun.


 Cette conférence de presse marque un repositionnement politique clair du MRC. Maurice Kamto assume le passé, défend la stratégie du boycott, soutient les initiatives citoyennes et attaque frontalement la gouvernance institutionnelle.


À l’approche des prochaines échéances, une question demeure : le retour médiatique du MRC annonce-t-il une nouvelle phase de confrontation politique ou une recomposition stratégique de l’opposition camerounaise ?


Le climat politique camerounais entre ainsi dans une séquence décisive.




Maurice Kamto Breaks His Silence: “There Is an Institutional Collapse in Cameroon” – MRC Announces Media Comeback


At the MRC headquarters in Odza, Yaoundé, Maurice Kamto addressed the press in a highly anticipated conference marked by sharp criticism of Cameroon’s political system and strong statements on electoral governance.


Kamto defended the MRC’s 2020 election boycott:


“If I made a mistake, I made it with my party. Those who participated—did they win the majority? Participation is not a guarantee.”


He officially announced the MRC’s return to mainstream media, revealing that formal letters will be sent to selected media outlets.


On electoral uncertainty, Kamto warned:


“Mandates can be extended until April 2027. What tells you they won’t extend them again? There is a democratic problem in our country.”


Regarding the controversial constitutional reform and the proposal to appoint a vice president, Kamto welcomed Senator René Ze Nguele’s criticism of the process, calling it “a step in the right direction,” while denouncing what he described as an “institutional and political collapse.”


He also reiterated:


“The MRC has never called for violence. We respect every Cameroonian’s choice.”


Kamto concluded by asserting that the MRC’s political pressure has influenced the current electoral climate, suggesting that the ruling RDPC is reluctant to face local elections.


This press conference signals a strategic repositioning of the opposition as Cameroon moves toward critical political deadlines.


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Ange NGO

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