Publicité

Vice-présidence adoptée au Cameroun : 200 voix pour, boycott du SDF, fronde au RDPC et accusations de “confiscation”

Le Congrès adopte la loi créant un vice-président nommé (200 pour, 18 contre). Le SDF boycotte, un sénateur RDPC s’absente, Baba Abdouraman invoque l’article 64. La réforme déclenche une tempête politique.

Publicité

Cameroun : le projet de loi sur le vice-président adopté, l’opposition parle d’“assassinat de la démocratie”


C’est désormais acté. Réuni en Congrès, le Parlement camerounais a adopté le projet de loi portant création d’un poste de vice-président de la République.


Résultat du vote : 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions.


Mais derrière cette majorité écrasante, la fracture politique est béante.


Le SDF boycotte et dénonce un passage en force


Le Social Democratic Front (SDF) a boycotté la plénière du Congrès après l’adoption du texte sans amendement en commission. Les députés du parti n’ont donc pas pris part au vote final.


Pour l’honorable Benilde Djeumeni, député SDF du Moungo Sud, cette révision constitutionnelle constitue un « assassinat de la démocratie ».


Le parti dénonce une procédure verrouillée et un refus d’intégrer les amendements proposés en commission.


Malaise au sein même du RDPC ?


Fait notable : le sénateur RDPC Charles Mbella Moki s’est absenté lors du vote. L’ancien maire de Buea, à travers une publication critique sur les réseaux sociaux, a exprimé son mécontentement, appelant les élites du Sud-Ouest à se regrouper.


Un signal politique scruté de près, dans un contexte où la réforme suscite des réserves au-delà de l’opposition traditionnelle.


Le sénateur René Ze Nguele a également exprimé publiquement ses inquiétudes :


« La précipitation avec laquelle vous conduisez cette réforme est suspecte. La démocratie repose sur le peuple et ses dirigeants. Et c'est le peuple qui désigne les dirigeants. Quand les dirigeants empiètent sur les activités du peuple, ça pose problème. On n'a plus de démocratie. On a tout, sauf cela. »


Baba Abdouraman invoque l’article 64


De son côté, Abdouraman Hamadou Babba, président du Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun (RDDRC), condamne ce qu’il qualifie d’« anticonstitutionnalité manifeste ».


Il s’appuie sur l’article 64 de la Constitution en vigueur, qui interdit toute révision portant atteinte aux principes démocratiques.


Selon lui, permettre au président de nommer un vice-président appelé à exercer le pouvoir en cas de vacance revient à contourner le suffrage universel.


Il souligne également une contradiction entre l’article 6 alinéa 6 du projet adopté et l’article 5(2) qui stipule que le président de la République est élu par la Nation toute entière.


Pour Baba Abdouraman, il s’agit d’« une nouvelle confiscation du pays » qu’il appelle à empêcher par la mobilisation citoyenne.


Une réforme aux implications majeures


Le texte adopté prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir, le vice-président nommé pourra accéder à la magistrature suprême sans élection immédiate.


Pour ses défenseurs, il s’agit d’un mécanisme de continuité institutionnelle. Pour ses détracteurs, c’est un basculement structurel de l’architecture républicaine.


Au-delà des chiffres du vote, la création du poste de vice-président ouvre une séquence politique lourde d’incertitudes.


Le débat ne porte plus seulement sur une fonction, mais sur la nature même de la démocratie camerounaise.




Vice Presidency Adopted in Cameroon: Boycott, Internal Tensions and Accusations of “Democratic Confiscation”


Cameroon’s Parliament, meeting in Congress, has adopted the bill creating the position of Vice President of the Republic.


Vote result: 200 in favor, 18 against, 4 abstentions.


SDF Boycotts the Vote


The Social Democratic Front (SDF) boycotted the plenary session after the bill was adopted without amendments in committee.


MP Benilde Djeumeni described the reform as an “assassination of democracy.”


Signs of Discontent Within the Ruling Party


RDPC Senator Charles Mbella Moki was absent during the vote and posted critical remarks on social media, calling on South-West elites to unite.


Senator René Ze Nguele also questioned the speed of the reform process.


Article 64 at the Center of the Debate


Abdouraman Hamadou Babba, leader of the RDDRC, argues that the reform violates Article 64 of the Constitution, which prohibits amendments that undermine democratic principles.


Critics claim that allowing the President to appoint a Vice President who could assume power without direct election contradicts the principle of universal suffrage.


The reform has now triggered one of the most intense constitutional debates in recent Cameroonian history.



vice président Cameroun, réforme constitutionnelle Cameroun, Congrès camerounais, vote 200 voix Cameroun, SDF Cameroun, Benilde Djeumeni, RDPC Cameroun, Charles Mbella Moki, René Ze Nguele, Abdouraman Babba, article 64 Constitution Cameroun, crise politique Cameroun, succession présidentielle Cameroun, politique camerounaise 2026, actualité Cameroun


Ange NGO

Publicité