Cameroun : vice-présidence adoptée, Dzongang dénonce « un signe de fin de régime »
Le paysage institutionnel camerounais vient de franchir un cap décisif. Réuni en Congrès (Assemblée nationale et Sénat), le Parlement a adopté la loi instituant un poste de vice-président de la République. Résultat du vote : 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions.
Une majorité écrasante portée par le RDPC, qualifiée de « majorité obèse » par ses détracteurs, qui relance le débat sur l’équilibre des pouvoirs et la légitimité des institutions.
« Ils viennent de boire leur propre poison »
La réaction n’a pas tardé. Albert Dzongang, conseiller du président du MRC, Maurice Kamto, a livré une déclaration particulièrement incisive :
« Ce qui se passe à Yaoundé est un signe de fin de régime… ils viennent de boire leur propre poison. »
Pour l’opposant, cette réforme institutionnelle ne serait pas un acte de consolidation démocratique, mais le symptôme d’un système en fin de cycle.
Un vice-président nommé par le chef de l’État
Le texte adopté prévoit que le vice-président sera nommé par le président de la République. Un point central qui alimente les critiques de l’opposition, laquelle estime que cette architecture renforce davantage l’hyperprésidentialisme du régime plutôt que de favoriser un rééquilibrage institutionnel.
Dans un contexte politique déjà tendu, cette disposition soulève des interrogations sur la nature réelle de la succession institutionnelle et la concentration du pouvoir exécutif.
Légitimité contestée
L’opposition va plus loin. Elle considère que les députés ayant voté cette loi sont « illégitimes », leur mandat étant arrivé à expiration depuis un an, prolongé par décret présidentiel.
À cela s’ajoute une autre contestation : celle de la réélection de Paul Biya le 12 octobre 2025, régulièrement remise en cause par ses adversaires politiques.
Aujourd’hui âgé de 93 ans, le chef de l’État aura 100 ans à l’issue de son mandat de sept ans. Un élément démographique qui pèse lourd dans les débats sur la stabilité institutionnelle et l’après-Biya.
Réforme stratégique ou verrouillage politique ?
L’instauration d’un poste de vice-président peut, en théorie, répondre à une logique de continuité de l’État. Mais dans le contexte camerounais, la réforme est perçue par une partie de l’opinion comme un mouvement stratégique visant à maîtriser la transition politique.
Le vote massif du Congrès marque donc un tournant. Reste à savoir s’il s’agit d’un ajustement institutionnel rationnel ou d’un signal avant-coureur d’une recomposition politique plus profonde.
Une chose est certaine : le débat est désormais lancé, et il s’annonce explosif.
Cameroon: Vice Presidency Adopted, Dzongang Calls It “A Sign of the End of a Regime”
Cameroon’s institutional landscape has entered a new phase. Meeting in Congress (National Assembly and Senate), Parliament adopted a law establishing the position of Vice President of the Republic. The vote result: 200 in favor, 18 against, and 4 abstentions.
An overwhelming majority driven by the ruling CPDM (RDPC), described by critics as an “obese majority,” reigniting debates about institutional balance and legitimacy.
“They Have Drunk Their Own Poison”
Albert Dzongang, advisor to MRC leader Maurice Kamto, reacted sharply:
“What is happening in Yaoundé is a sign of the end of a regime… they have just drunk their own poison.”
For the opposition figure, the reform signals not democratic consolidation, but a system reaching the end of its political cycle.
A Vice President Appointed by the President
Under the adopted law, the Vice President will be appointed by the Head of State. Critics argue this strengthens hyper-presidentialism rather than institutional balance.
In an already tense political climate, questions arise regarding succession mechanisms and executive power concentration.
Contested Legitimacy
The opposition also claims that MPs who voted for the law are “illegitimate,” arguing their mandate expired a year ago and was extended by presidential decree.
President Paul Biya, currently 93 years old, would be 100 at the end of his seven-year term. His age continues to fuel debates about political transition and institutional stability.
Whether this reform represents strategic foresight or political consolidation remains the central question.
One thing is certain: Cameroon’s political landscape has entered a critical phase.
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Ange NGO