Affaire Anicet Ekane : la famille implose, le MANIDEM saisit la justice
Quatre mois après la disparition de Georges Anicet Ekane, décédé le 1er décembre 2025 dans les locaux du Secrétariat d’État à la Défense (SED) où il était incarcéré pour avoir revendiqué « la vérité des urnes », le climat reste électrique.
Ce qui devait être un moment de recueillement national se transforme aujourd’hui en une bataille judiciaire et familiale d’une rare intensité.
Une procédure en référé à Douala
Le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), formation politique dirigée par le défunt, ainsi que Marianne Simone Ekane, l’une de ses sœurs membre du bureau du parti, ont saisi le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo en procédure d’urgence (référé).
Ils trainent en justice un frère et deux sœurs d’Anicet Ekane — Ebenezer Germain Ekane et Gertrude Ekane — dans une affaire dont les contours exacts restent encore flous, mais qui s’inscrit dans un conflit familial devenu public.
Au même moment, les trois fils du défunt ont également engagé une action judiciaire contre la veuve, Jeanne Edwige Ekane, et le MANIDEM, afin d’obtenir, entre autres, le report de la date des obsèques.
La fracture est désormais ouverte.
Les frères se divisent, le chef traditionnel saisi
Dans ce bras de fer, sept des onze frères du défunt ont officiellement affiché leur soutien à la veuve Jeanne Edwige Ekane.
Dans une correspondance adressée à Sa Majesté Nyasam King’a Pongo Toto Bekombo, chef supérieur du canton Pongo (département du Moungo), ils ont pris position dans le débat autour de l’inhumation à Bomono Gare, village natal du leader politique.
Cette lettre répondait à une initiative du chef traditionnel qui s’était saisi du dossier pour encadrer l’organisation des funérailles.
Mais l’unité familiale n’existe plus : une autre frange de la famille milite pour une toute autre destination.
Bomono ou Bafoussam ? La bataille des dernières volontés
Au cœur du conflit : le respect des dernières volontés d’Anicet Ekane.
Dans une déclaration rendue publique le 2 décembre 2025, signée notamment par Muna Ekane au nom des enfants, ces derniers affirment que leur père avait clairement exprimé deux volontés :
- Que ses obsèques soient organisées sous la direction du MANIDEM
- Qu’il soit enterré à Bafoussam, près d’Ernest Ouandié
Un groupe de proches a d’ailleurs adressé une correspondance au vice-président du MANIDEM pour exiger l’application de ce « testament politique ».
Mieux encore : une famille dite « patriote » aurait proposé un site à Bafoussam pour accueillir la dépouille, si l’inhumation au cimetière EEC du Plateau ne pouvait être réalisée.
Pour ces soutiens, faire reposer Anicet Ekane à Bafoussam aurait une portée symbolique forte, le plaçant dans la continuité historique d’Ernest Ouandié.
Entre symbole politique et déchirement familial
L’affaire dépasse désormais le simple cadre familial.
Elle pose trois enjeux majeurs :
- Le respect des dernières volontés d’un leader politique décédé en détention
- Le contrôle symbolique et politique de ses obsèques
- La légitimité morale entre veuve, enfants, fratrie et parti
Alors que les procédures judiciaires sont en cours à Douala, la date définitive des obsèques reste incertaine.
Une chose est sûre : la mémoire d’Anicet Ekane, figure controversée mais centrale de l’opposition camerounaise, continue de cristalliser tensions, passions et fractures.
Et le dernier combat du président du MANIDEM se joue désormais devant les tribunaux.
Anicet Ekane Case: Family Rift Explodes as Legal Battles Erupt Over Burial Plans
Four months after the death of Georges Anicet Ekane on December 1, 2025, inside the premises of Cameroon’s Secretariat of State for Defence (SED), tensions surrounding his burial have escalated into a full-blown family and political crisis.
Ekane, who had been detained after demanding what he called “the truth of the ballot box,” left behind not only a political legacy but also a deeply divided family.
Legal action in Douala
The MANIDEM party and Marianne Simone Ekane, one of his sisters, have filed an urgent motion before the Douala-Bonanjo Court of First Instance against a brother and two sisters of the late politician.
Simultaneously, Ekane’s three sons have taken legal action against his widow, Jeanne Edwige Ekane, and MANIDEM, seeking among other demands the postponement of the funeral date.
The dispute has now reached the courts.
Burial dispute: Bomono or Bafoussam?
At the heart of the conflict lies the question of Ekane’s final wishes.
According to a public statement signed by his children on December 2, 2025, he had repeatedly expressed the desire:
- For his funeral to be organized under MANIDEM’s supervision
- To be buried in Bafoussam, near Ernest Ouandié
However, several of his brothers support burial in his native village of Bomono Gare and have formally expressed their position to the traditional ruler of the Pongo canton.
A group of supporters has even proposed a burial site in Bafoussam, arguing that honoring Ekane’s alleged wishes carries strong historical and symbolic significance.
Political symbolism and family fracture
What began as a family disagreement has evolved into a broader political struggle over legacy, symbolism, and authority.
As court proceedings unfold in Douala, the funeral date remains uncertain.
Even in death, Anicet Ekane remains at the center of controversy.
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Ange NGO