Publicité

Cameroun : le FMI annonce une relance jusqu’à 4,6 %… mais pose une condition choc sur les mines et les réformes

Le FMI prévoit une croissance du Cameroun à 4,6 % d’ici 2031 grâce aux mines et à l’investissement public. Mais pétrole en déclin, déficit extérieur et réformes inachevées pourraient tout remettre en cause. Analyse complète.

Publicité

Cameroun : le FMI annonce une relance jusqu’à 4,6 %… mais sous haute condition


Le Fonds monétaire international (FMI) voit une lumière au bout du tunnel pour l’économie camerounaise. Mais le message est clair : sans diversification réelle et sans réformes appliquées avec rigueur, la croissance restera fragile.


Dans sa communication de fin de mission au titre de l’Article IV 2026, l’institution de Bretton Woods projette une progression du PIB de 3,1 % en 2025, puis 3,3 % en 2026, avant une remontée graduelle jusqu’à 4,6 % à l’horizon 2031. Une trajectoire encourageante, mais entièrement conditionnée.


Le pétrole ne suffit plus


Le constat du FMI est sans détour : le pétrole ne peut plus porter durablement l’économie camerounaise. La baisse progressive des exportations pétrolières fragilise déjà la position extérieure du pays. Le déficit courant devrait atteindre 3,9 % du PIB en 2025, contre 3,3 % en 2024.


Lors de la huitième revue du programme en juillet 2025, le Fonds insistait déjà sur plusieurs urgences :



  • Accroître les recettes non pétrolières

  • Réduire les vulnérabilités du secteur financier

  • Corriger les faiblesses persistantes en matière de gouvernance

  • Renforcer la gestion publique et la lutte contre la corruption

  • Les mines comme nouveau moteur ?


La diversification commence toutefois à prendre forme sur le terrain.


Selon Coface, l’exploitation du minerai de fer a démarré début 2025 à Grand Zambi (Bipindi), avec des premières exportations attendues. Le ministère des Mines a confirmé que plusieurs conteneurs de minerai enrichi ont été exportés pour analyse à partir du 17 janvier 2026.


Autre projet stratégique : la bauxite de Minim Martap. L’exploitation doit débuter en 2026 et le projet industriel a été officiellement lancé le 22 mars 2026.


Autrement dit, la diversification n’est plus seulement un discours. Elle entre progressivement en phase opérationnelle. Si ces projets montent effectivement en régime, ils pourraient compenser en partie le déclin pétrolier et soutenir la croissance.


Investissements publics et appui de la BAD


Le FMI souligne également que la reprise en 2026 devrait être soutenue par un niveau plus élevé d’investissement public.


Dans cette dynamique, la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 309,93 millions d’euros pour financer la première phase du Programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers dans la région de l’Est — une zone stratégique dans la nouvelle cartographie productive du pays.


Un relais minier sous contraintes structurelles


Mais l’équation est plus complexe qu’une simple entrée en production.


Pour que le secteur minier joue pleinement son rôle de relais, il faudra résoudre plusieurs goulets d’étranglement :



  • Infrastructures routières et ferroviaires

  • Capacités portuaires

  • Logistique d’exportation

  • Approvisionnement énergétique stable


Sans corridors efficaces et sans énergie fiable, le potentiel minier pourrait rester en deçà des attentes.


Par ailleurs, les risques demeurent élevés :



  • Volatilité des prix des matières premières

  • Durcissement des conditions financières internationales

  • Recul possible de l’aide extérieure

  • Contraintes sécuritaires et climatiques


Réformes : le véritable test


Le FMI conditionne clairement son scénario optimiste à une exécution rigoureuse des réformes :



  • Assainissement budgétaire

  • Contrôle renforcé des dépenses

  • Réduction des engagements hors budget

  • Mobilisation accrue des recettes non pétrolières

  • Opérationnalisation du compte unique du Trésor

  • Approfondissement du marché régional de la dette

  • Mise en œuvre durable des recommandations issues de l’évaluation de gouvernance de 2023


Le Conseil d’administration du FMI a inscrit la consultation 2026 à son agenda du 25 mars 2026. En revanche, aucun nouveau programme 2026-2029 n’a encore été officiellement confirmé.


Une promesse encore conditionnelle


En définitive, le FMI dessine une perspective de croissance plus robuste pour le Cameroun. Mais cette trajectoire reste conditionnelle.


Les premières expéditions de Grand Zambi et la montée en puissance de Minim Martap seront des tests majeurs. Si la production suit, si les infrastructures tiennent, et si les réformes avancent au même rythme que les ambitions affichées, alors le Cameroun pourrait réellement amorcer sa transition vers une économie moins dépendante du pétrole.


Sinon, la promesse de diversification pourrait rester… un pari inachevé.




Cameroon: IMF Forecasts Growth Up to 4.6% — But Sets Tough Conditions on Mining and Reforms


The International Monetary Fund (IMF) sees improved medium-term growth prospects for Cameroon — but only if diversification and structural reforms are fully implemented.


In its 2026 Article IV consultation, the IMF projects GDP growth of 3.1% in 2025, 3.3% in 2026, and a gradual increase to 4.6% by 2031. However, this outlook is conditional.


Oil Can No Longer Drive Growth Alone


The IMF is clear: oil revenues are declining and can no longer sustainably drive Cameroon’s economy. The current account deficit is expected to widen to 3.9% of GDP in 2025, up from 3.3% in 2024.


The Fund previously emphasized the need to:



  • Increase non-oil revenue

  • Reduce financial sector vulnerabilities

  • Strengthen governance and public financial management

  • Intensify anti-corruption efforts

  • Mining as a New Growth Engine?


Diversification is beginning to materialize.


Iron ore exploitation started in early 2025 in Grand Zambi (Bipindi), with enriched ore shipments exported for analysis in January 2026. Meanwhile, the Minim Martap bauxite project officially entered its industrial phase on March 22, 2026, with production expected in 2026.


If successfully scaled up, these mining projects could partly offset oil decline and support economic expansion.


Public Investment and AfDB Support


Growth is also expected to benefit from higher public investment. The African Development Bank approved a €309.93 million loan to finance the first phase of a regional connectivity and economic integration program in Cameroon’s East region.


Structural Constraints Remain


However, mining-led growth requires:



  • Efficient transport infrastructure

  • Rail and port capacity

  • Stable energy supply

  • Effective logistics


Without these, mining output could underperform expectations.


Risks remain elevated, including commodity price volatility, tighter global financial conditions, reduced external aid, and security and climate pressures.


Reform Implementation Is Critical


The IMF stresses fiscal consolidation, improved expenditure control, treasury single account operationalization, deeper regional debt markets, and full implementation of governance reform recommendations.


While the 2026 Article IV consultation was discussed on March 25, 2026, no new IMF program for 2026–2029 has been confirmed.


Conditional Optimism


Cameroon’s path toward 4.6% growth is possible — but not guaranteed. Mining output, infrastructure delivery, and reform execution will determine whether diversification becomes reality or remains an unfinished ambition.


FMI Cameroun 2026, croissance Cameroun 2031, économie camerounaise, mines Cameroun, Grand Zambi fer, Minim Martap bauxite, diversification économique Cameroun, déficit courant Cameroun, Article IV FMI, réformes budgétaires Cameroun, investissement public Cameroun, BAD Cameroun, pétrole Cameroun déclin, secteur minier Cameroun, gouvernance Cameroun, finances publiques Cameroun, PIB Cameroun prévisions, économie Afrique centrale


Ange NGO

Publicité