Le Liban saigne encore. En moins de 48 heures, trois casques bleus indonésiens de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ont été tués dans des frappes israéliennes. Un premier soldat le 29 mars, deux autres le 30 mars dans une explosion. Plusieurs blessés. La France, qui compte un important contingent dans la zone de Naqoura, n’a pas mâché ses mots. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a exigé, via X, la convocation immédiate d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
« Ces frappes sont inacceptables et injustifiables », a martelé le chef de la diplomatie française. Il a également condamné les intimidations subies la veille par les soldats français du contingent, malgré le respect des procédures de déconfliction. Message reçu cinq sur cinq à Tel Aviv : Paris a convoqué l’ambassadeur israélien pour lui signifier sa « plus grande fermeté ».
Pendant que les casques bleus tombaient, la milice chiite Hezbollah n’est pas restée les bras croisés. Dans un communiqué diffusé sur Telegram, le mouvement a revendiqué plusieurs tirs de missiles de précision : le quartier général du renseignement militaire israélien à Glilot, près de Tel Aviv (à 110 km de la frontière !), une base navale dans la baie de Haïfa, un centre de drones en Haute Galilée, la base de Philon à Rosh Pina et une caserne à Shomera. Du lourd. Tsahal a confirmé l’interception de missiles visant Haïfa, mais reconnaît un soldat tué et cinq blessés dans les combats au sud du Liban.
Israël ne lâche rien
L’armée israélienne poursuit son opération terrestre au sud du Litani. Un militaire libanais a été tué lundi dans une frappe sur un poste de contrôle près de Tyr. Trois obus d’artillerie ont visé la route de Ras Naqoura ; une caserne à Al Mansuri également touchée. Depuis le début de l’invasion, l’armée libanaise a prudemment redéployé ses unités hors des zones frontalières.
Dans le même temps, Tsahal annonce des exercices militaires d’envergure en Cisjordanie (Judée-Samarie). « Des déplacements importants de forces de sécurité sont prévus », indique le communiqué, tout en précisant que les troupes n’entreront pas dans les localités palestiniennes. Hier encore, deux Palestiniens ont été « neutralisés » : un à Dura (sud d’Hébron) et un autre au nord de Jérusalem.
Jérusalem, les Lieux saints et la colère chrétienne
La tension monte aussi à Jérusalem. Les sanctuaires de la Vieille Ville, dont le Saint-Sépulcre, restent fermés aux fidèles et aux touristes pour « raisons de sécurité » après les tirs de missiles iraniens. Le patriarche latin, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, n’a même pas pu célébrer la messe des Rameaux le 29 mars. La police israélienne a confirmé que la cérémonie du Feu sacré du Samedi saint (11 avril) se tiendra en format ultra-restreint.
Emmanuel Macron a réagi en trois langues (français, hébreu, arabe) : « Je condamne cette décision de la police israélienne qui s’ajoute à la multiplication préoccupante des violations du statut des Lieux Saints ». Les États-Unis, via la porte-parole Karoline Leavitt, ont eux aussi exprimé leur « inquiétude » et demandé la réouverture pour la Semaine sainte.
Netanyahou snobé par la Jordanie
Sur le plan diplomatique, Benyamin Netanyahou s’est pris un refus cinglant du roi Abdallah II de Jordanie. Selon Kan, Amman a exigé des garanties sur l’État palestinien, la non-expulsion des Gazaouis, l’accès à Al-Aqsa et la violence des colons en Cisjordanie. Les réponses israéliennes n’ont pas convaincu. Le roi préfère les canaux officieux de sécurité plutôt qu’une photo de poignée de main qui aurait servi de victoire politique à Netanyahou.
La Knesset vote la peine de mort
Dans un climat déjà électrique, la Knesset a adopté en troisième lecture, par 62 voix contre 48, la loi instaurant la peine de mort pour les actes de terrorisme. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale et figure de l’extrême droite, a triomphé sur X : « Historique ! Nous l’avions promis, nous l’avons fait ». L’opposition parle de « honte » et annonce un recours devant la Cour suprême.
L’escalade régionale ne faiblit pas
Israël continue de pilonner l’Iran avec la même intensité, malgré les rumeurs de négociations américano-iraniennes à Islamabad. Téhéran a essuyé de nouvelles frappes sur sa capitale et sa banlieue sud. En riposte, de nouveaux missiles iraniens ont été détectés vers Israël. Des drones ont aussi visé des bases syriennes près de la frontière irakienne et les sites américains à Bagdad et Erbil. Un drone yéménite a même touché Eilat.
Le Royaume-Uni s’est dit « profondément préoccupé » par les projets israéliens d’extension d’une zone tampon au sud du Liban, où plus d’un million de personnes ont déjà été déplacées.
Vers un accord avec le Liban ?
Selon Al-Monitor, Israël estime qu’aucun accord de paix n’est possible sans le désarmement complet du Hezbollah et que seule Washington peut garantir une telle solution. Netanyahou a chargé Ron Dermer de piloter ce dossier.
Le Liban, une fois de plus, se retrouve au centre d’une guerre qui dépasse ses frontières. Les casques bleus paient le prix du sang. La communauté internationale regarde. Mais pour l’instant, les bombes continuent de tomber.
LEBANON ON FIRE: 3 UN PEACEKEEPERS KILLED BY ISRAEL IN 48 HOURS, HEZBOLLAH STRIKES TEL AVIV AND FRANCE DEMANDS UN EMERGENCY MEETING!
Lebanon is bleeding again. In less than 48 hours, three Indonesian UNIFIL peacekeepers were killed in Israeli strikes: one on March 29, two more on March 30 in an explosion. Several others wounded. France, which has a large contingent in the Naqoura area, did not mince words. Foreign Minister Jean-Noël Barrot demanded an immediate emergency meeting of the UN Security Council.“These strikes are unacceptable and unjustifiable,” the French top diplomat hammered. He also condemned the intimidation suffered the day before by French soldiers, despite full compliance with deconfliction procedures. Message received loud and clear in Tel Aviv: Paris summoned the Israeli ambassador to express its “utmost firmness”.
While peacekeepers were falling, Hezbollah did not stand idle. In a Telegram statement, the Shia movement claimed several precision missile strikes: the Israeli military intelligence headquarters in Glilot near Tel Aviv (110 km from the border!), a naval base in Haifa Bay, a drone control center in Upper Galilee, Philon base in Rosh Pina and a barracks in Shomera. Heavy stuff. The Israeli army confirmed intercepting missiles targeting Haifa but admitted one soldier killed and five wounded in southern Lebanon fighting.
Israel is not backing down
The Israeli army continues its ground operation south of the Litani River. A Lebanese soldier was killed Monday in a strike on a checkpoint near Tyre. Three artillery shells hit the Ras Naqoura road; a barracks in Al Mansuri was also targeted. Since the start of the invasion, the Lebanese army has prudently redeployed its units away from border areas.At the same time, the IDF announced large-scale military exercises in the West Bank (Judea and Samaria). “Significant movements of security forces are planned,” the communiqué states, while specifying that troops will not enter Palestinian localities. Yesterday, two Palestinians were “neutralized”: one in Dura (south of Hebron) and another north of Jerusalem.
Jerusalem, holy sites and Christian anger
Tension is also rising in Jerusalem. The shrines of the Old City, including the Holy Sepulchre, remain closed to worshippers and tourists for “security reasons” following Iranian missile fire. Latin Patriarch Cardinal Pierbattista Pizzaballa was even prevented from celebrating Palm Sunday Mass on March 29. Israeli police confirmed that the Holy Fire ceremony on Holy Saturday (April 11) will be held in a highly restricted format.Emmanuel Macron reacted in three languages (French, Hebrew, Arabic): “I condemn this decision by the Israeli police, which adds to the worrying multiplication of violations of the status of the Holy Places.” The United States, through spokeswoman Karoline Leavitt, also expressed “concern” and called for reopening during Holy Week.
Netanyahu snubbed by Jordan
Diplomatically, Benjamin Netanyahu received a sharp refusal from King Abdullah II of Jordan. According to Kan, Amman demanded guarantees on a Palestinian state, no expulsion of Gazans, access to Al-Aqsa and an end to settler violence in the West Bank. Israel’s answers did not convince. The king prefers unofficial security channels over a handshake photo that would have been a political victory for Netanyahu.
Knesset votes for death penalty
In an already explosive climate, the Knesset passed in third reading, by 62 votes to 48, the law introducing the death penalty for terrorist acts. National Security Minister Itamar Ben Gvir, a far-right figure, triumphed on X: “Historic! We promised it, we delivered it.” The opposition calls it “shameful” and announces an appeal to the Supreme Court.
Regional escalation continues
Israel keeps pounding Iran with the same intensity, despite rumors of US-Iranian talks in Islamabad. Tehran suffered new strikes on its capital and southern suburbs. In response, new Iranian missiles were detected heading toward Israel. Drones also targeted Syrian bases near the Iraqi border and US sites in Baghdad and Erbil. A Yemeni drone even hit Eilat.The United Kingdom expressed “deep concern” over Israel’s plans to expand a buffer zone in southern Lebanon, where over a million people have already been forcibly displaced.
Peace deal with Lebanon?
According to Al-Monitor, Israel believes no peace agreement is possible without the complete disarmament of Hezbollah and that only Washington can guarantee such a solution. Netanyahu has tasked Ron Dermer with handling the file.Lebanon once again finds itself at the center of a war that goes far beyond its borders. Peacekeepers are paying in blood. The international community is watching. But for now, the bombs keep falling.
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Silognhia Edwige (Stagiaire)