La tension monte sur la scène politique camerounaise. Le président du Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun (RDDRC), Abdouraman Hamadou Baba, s’oppose frontalement à la nouvelle prorogation du mandat des députés adoptée le 23 mars 2026 par l’Assemblée nationale.
Dans un communiqué publié le 24 mars à Yaoundé, le leader du RDDRC annonce avoir saisi le Conseil constitutionnel, dénonçant ce qu’il qualifie de dérive anticonstitutionnelle et de confiscation du calendrier électoral par l’exécutif.
Une violation de la Constitution ?
Au cœur de la contestation : l’article 15, alinéa 1, de la Constitution camerounaise, qui fixe à cinq ans la durée du mandat des députés. Pour Abdouraman Hamadou Baba, la prorogation adoptée constitue une violation claire de cette disposition.
Le président du RDDRC accuse également le chef de l’État de détourner l’alinéa 4 du même article pour justifier la prolongation du mandat parlementaire. Selon lui, cette interprétation reviendrait à se substituer au peuple souverain en maintenant des députés en fonction sans consultation électorale.
Plus grave encore, le parti d’opposition dénonce le refus du président du Conseil constitutionnel de rendre public un avis motivé sur cette démarche. Abdouraman estime que les contraintes budgétaires invoquées pour justifier le report des élections sont « prévisibles », « surmontables » et ne sauraient fonder une décision d’une telle portée institutionnelle.
« Confiscation » du calendrier électoral
Dans son communiqué, le RDDRC accuse le pouvoir exécutif de manipuler le calendrier électoral pour en faire « une arme de déstabilisation de l’opposition ». Une accusation lourde de sens dans un contexte où les échéances électorales suscitent déjà de nombreuses interrogations au sein de la classe politique.
Pour Abdouraman Hamadou Baba, la répétition des prorogations installe un précédent dangereux pour la démocratie camerounaise et fragilise davantage la crédibilité des institutions.
Appel à la mobilisation
Malgré ce qu’il qualifie de « manœuvres anticonstitutionnelles et antidémocratiques », le président du RDDRC appelle le « Peuple du Changement » à rester vigilant et mobilisé.
Il affirme que les prochaines élections législatives et municipales, lorsqu’elles seront organisées, constitueront une opportunité pour l’opposition de conquérir une majorité à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux, même si elles sont, selon ses termes, encadrées par des institutions dont « la partialité ne fait plus l’objet d’aucun doute ».
Cette nouvelle séquence politique ouvre ainsi un front juridique et institutionnel majeur. La décision du Conseil constitutionnel sera scrutée de près, dans un climat où la question du respect du calendrier électoral devient un enjeu central du débat démocratique au Cameroun.
Cameroon: Abdouraman Hamadou Baba Challenges MPs’ Mandate Extension Before Constitutional Council
Political tensions are escalating in Cameroon after the National Assembly adopted, on March 23, 2026, a law extending the mandate of Members of Parliament.
Abdouraman Hamadou Baba, president of the Rally for the Development and Defense of the Republic of Cameroon (RDDRC), has formally referred the matter to the Constitutional Council, denouncing what he calls an unconstitutional maneuver and a confiscation of the electoral calendar by the executive branch.
Alleged constitutional breach
At the center of the dispute is Article 15(1) of Cameroon’s Constitution, which sets the term of office of Members of Parliament at five years. According to Abdouraman, the extension constitutes a clear violation of this constitutional provision.
He further accuses the President of the Republic of misinterpreting Article 15(4) to justify the extension, arguing that such a move effectively substitutes the will of the people by maintaining MPs in office without an electoral mandate.
The RDDRC also criticizes the President of the Constitutional Council for allegedly failing to make public a reasoned opinion on the matter. The party argues that budgetary constraints cited to justify the postponement are foreseeable and manageable, and therefore insufficient to legitimize such an institutional decision.
Electoral calendar under fire
The opposition leader claims that the executive is manipulating the electoral calendar as a political tool to weaken opposition forces. He warns that repeated extensions of parliamentary mandates set a dangerous precedent for Cameroon’s democratic process.
Despite what he describes as unconstitutional and anti-democratic maneuvers, Abdouraman calls on supporters of “Change” to remain vigilant and prepared for upcoming legislative and municipal elections, whenever they are eventually organized.
The Constitutional Council’s response is now highly anticipated, as the debate over electoral governance intensifies in Cameroon’s political landscape.
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Moussa Nassourou