Le climat politique se tend à l’Assemblée nationale. Ce jeudi, lors d’une conférence des présidents, un projet de loi portant prorogation du mandat des députés jusqu’au 20 décembre 2026 a été officiellement déposé. Une initiative qui suscite déjà une vive controverse.
L’Organisation du Mouvement Patriotique (OMP), par la voix de Léon Theiler Onana, dit avoir pris acte de ce dépôt « avec une profonde indignation ». Selon le mouvement, cette démarche constituerait « la matérialisation flagrante d’un parjure présidentiel ».
Une accusation directe contre le chef de l’État
L’OMP rappelle que le 6 novembre 2025, le président Paul Biya prêtait serment de protéger la Constitution. Pour l’organisation, l’activation de l’article 15(4) (nouveau) dans le contexte actuel reviendrait à détourner l’esprit de la Loi fondamentale pour maintenir en fonction des députés « dénués de légitimité populaire ».
Au cœur du débat : l’interprétation des délais constitutionnels encadrant le renouvellement de l’Assemblée nationale. L’article 15(4) prévoit que l’élection d’une nouvelle Assemblée doit se tenir au moins quarante jours et au plus cent vingt jours après l’expiration du mandat.
Or, selon l’OMP, le processus engagé en juillet 2025 imposerait constitutionnellement la convocation du corps électoral avant toute nouvelle prorogation. Le choix d’étendre le mandat jusqu’au 20 décembre 2026 serait ainsi, d’après ses responsables, une « double prorogation » en contradiction avec la lettre et l’esprit de la Constitution.
Vers une validation en plénière ?
Le texte devrait être soumis à validation en séance plénière sous la direction du nouveau chef de Chambre, Théodore Datouo. Dans les couloirs de l’hémicycle, la perspective d’un vote favorable semble probable, au regard de la configuration politique actuelle.
Pour l’OMP, l’article 15(4) ne saurait servir de fondement à des prorogations successives et indéfinies. L’organisation estime que la stabilité institutionnelle repose sur le respect strict du calendrier électoral et appelle à la tenue des législatives « au plus tard en juin 2026 ».
Un débat à haute intensité politique
Au-delà de l’argument juridique, cette controverse intervient dans un contexte politique sensible, marqué par des interrogations sur la dynamique démocratique et la crédibilité des institutions.
L’OMP enjoint le chef de l’État à respecter son serment constitutionnel et rappelle que « le peuple camerounais, seul détenteur du pouvoir souverain, doit être consulté au moyen d’un nouveau scrutin ».
À Yaoundé, le débat est désormais lancé. Reste à savoir si la majorité parlementaire suivra l’exécutif sans réserve ou si des voix dissidentes émergeront dans les prochains jours.
Cameroon: Outcry in Parliament Over Bill to Extend MPs’ Mandate Until December 2026
Yaoundé, March 19, 2026 – Political tensions are rising in Cameroon after a bill seeking to extend Members of Parliament’s mandate until December 20, 2026 was officially tabled during a conference of presidents at the National Assembly.
The Organization of the Patriotic Movement (OMP), through Léon Theiler Onana, expressed “deep indignation,” describing the initiative as a “blatant presidential perjury.”
Constitutional controversy
The OMP recalls that on November 6, 2025, President Paul Biya swore to uphold and protect the Constitution. According to the movement, invoking Article 15(4) (new) to extend the current legislature would amount to misusing constitutional provisions to keep MPs in office without renewed popular legitimacy.
Article 15(4) stipulates that elections for a new National Assembly must take place no earlier than forty days and no later than one hundred and twenty days after the expiration of the mandate.
However, the OMP argues that the electoral process initiated in July 2025 constitutionally requires the convening of the electorate before any further extension. Extending the mandate until December 20, 2026 would therefore represent what it calls a “double extension” contrary to both the letter and spirit of the Constitution.
Likely parliamentary approval
The bill is expected to be examined in plenary session under the leadership of the new Speaker, Théodore Datouo. Given the current parliamentary balance, observers anticipate possible approval.
The OMP insists that constitutional stability depends on strict adherence to the electoral calendar and calls for legislative elections to be held “no later than June 2026.”
As political debate intensifies in Yaoundé, the issue raises broader questions about institutional legitimacy and democratic governance in Cameroon.
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Ange NGO