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Carburants au Cameroun : 7 importateurs frappés d’interdiction par la Sonara, des milliards de FCFA en jeu

Sept sociétés pétrolières dont Neptune Oil et Gulfcam suspendues par la Sonara pour non-reversement de trop-perçus et de fonds de soutien. Des centaines de milliards de FCFA au cœur d’un bras de fer énergétique au Cameroun.

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Le secteur pétrolier camerounais traverse une nouvelle zone de turbulences. Sept sociétés importatrices de produits pétroliers opérant au Cameroun se retrouvent officiellement dans le viseur des autorités. Dans une correspondance datée du 12 mars et consultée par Investir au Cameroun, le président de la plateforme de validation des manques à gagner, Zang Martial Velery, demande au directeur général de la Société nationale de raffinage (Sonara) de « suspendre toute opération de réception de navires affrétés par ces marketers importateurs ».


Les entreprises concernées sont : Neptune Oil, Planet Petroleum, Bocom Petroleum, Africa Petroleum, Alpha Oil, Gulfcam et Nickel Oil.


Trop-perçus et obligations non régularisées


Selon le document consulté, ces opérateurs « n’ont pas procédé à la validation des trop-perçus liés aux opérations d’importation, ni au reversement intégral des fonds de soutien à la raffinerie régulièrement collectés ».


Pour comprendre l’enjeu, il faut revenir au mécanisme de fixation des prix des carburants au Cameroun. Le coût d’une cargaison importée inclut :



  • le prix d’achat international,

  • le fret maritime,

  • les droits et taxes douanières,

  • les éventuelles surestaries portuaires.


Lorsque le coût réel dépasse le prix de cession administré sur le marché local, l’importateur enregistre un manque à gagner, susceptible d’être compensé par l’État. À l’inverse, si le coût est inférieur au prix de cession, l’opérateur dégage un trop-perçu, qui doit être reversé au Trésor public après validation.


Selon des sources sectorielles, les sociétés visées n’auraient ni validé certains trop-perçus ni reversé l’intégralité des montants dus. En l’absence d’éléments établissant l’existence de manques à gagner compensatoires, elles apparaîtraient donc comme redevables vis-à-vis de l’État.


La ligne Sonara au cœur des tensions


L’autre point de crispation concerne le fonds de soutien à la Sonara.


Après l’incendie du 31 mai 2019 qui a paralysé l’unique raffinerie du pays, un mécanisme de prélèvement de 47,88 FCFA par litre de carburant vendu à la pompe a été instauré pour contribuer à l’apurement de sa dette, initialement évaluée à environ 1 000 milliards de FCFA.


Les montants collectés illustrent l’ampleur du dispositif :



  • 270 milliards FCFA au 30 septembre 2023

  • 353 milliards FCFA au 31 octobre 2024

  • 479 milliards FCFA au 31 octobre 2025


Les sept importateurs sont accusés de ne pas avoir reversé intégralement ces sommes collectées auprès des consommateurs.


Conséquence directe : la Sonara est invitée à suspendre la réception des navires affrétés par ces entreprises jusqu’à régularisation. Autrement dit, leurs cargaisons pourraient ne plus être déchargées dans les installations nationales tant que la situation financière n’est pas apurée.


Un signal fort dans un système sous tension


Cette décision intervient dans un contexte de vigilance accrue sur le mécanisme de compensation des prix des carburants, qui mobilise chaque année des enveloppes budgétaires considérables.


L’État compense les manques à gagner, organise la collecte de la ligne Sonara et garantit la stabilité des prix à la pompe. Dans ce schéma hautement administré, les obligations déclaratives et les reversements constituent un maillon critique de l’équilibre financier du système.


En suspendant les opérations de réception des cargaisons, les autorités envoient un message clair : la discipline financière devient non négociable dans un secteur stratégique pour la stabilité économique et sociale du pays.


Une inconnue majeure


À ce stade, les montants exacts réclamés aux sociétés concernées n’ont pas été rendus publics. Il n’est pas non plus établi si les entreprises visées ont engagé des démarches formelles de régularisation.


Dans un pays où les prix du carburant restent administrés et politiquement sensibles, cette affaire pourrait avoir des répercussions bien au-delà des seuls acteurs du secteur pétrolier.




Cameroon Fuel Sector: 7 Importers Barred by Sonara as Billions of CFA Francs Hang in the Balance


Cameroon’s petroleum sector is facing renewed turbulence as seven fuel importers have been officially targeted by authorities. In a March 12 letter consulted by Investir au Cameroun, Zang Martial Velery, president of the platform responsible for validating compensation gaps, instructed the CEO of the National Refining Company (Sonara) to “suspend any reception of vessels chartered by these marketers.”


The companies involved are Neptune Oil, Planet Petroleum, Bocom Petroleum, Africa Petroleum, Alpha Oil, Gulfcam and Nickel Oil.


Disputed Overpayments and Unreturned Funds


According to the document, the companies allegedly failed to validate overpayments linked to import operations and did not fully transfer funds collected to support the national refinery.


In Cameroon’s regulated pricing system, the cost of imported fuel includes international purchase prices, maritime freight, customs duties and potential demurrage charges. When actual costs exceed the regulated pump price, importers record a loss eligible for state compensation. Conversely, when costs are lower, companies generate an overpayment that must be returned to the Treasury after validation.


Sector sources indicate that the targeted firms did not validate certain overpayments nor transfer the full amounts due, potentially making them debtors to the State.


The Sonara Support Line Under Scrutiny


Following the May 31, 2019 fire that halted refining operations, a levy of 47.88 CFA francs per liter of fuel sold was introduced to help repay Sonara’s debt, initially estimated at around 1,000 billion CFA francs.


Official figures show:



  • 270 billion CFA francs collected by September 30, 2023

  • 353 billion by October 31, 2024

  • 479 billion by October 31, 2025


Authorities now accuse the seven importers of failing to fully transfer these collected funds.


As a result, Sonara has been instructed to suspend the reception of vessels chartered by these companies until their financial obligations are settled.


Tightening Financial Discipline


The move reflects heightened scrutiny over Cameroon’s fuel price compensation mechanism, which mobilizes hundreds of billions of CFA francs annually. Authorities appear determined to enforce strict compliance within a system where the State both compensates losses and manages refinery debt recovery.


The exact amounts claimed from the companies have not yet been disclosed, and it remains unclear whether regularization efforts are underway.


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Didier Cebas K.

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