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Affaire Bébé Mathis: Dagobert Nwafo condamné à mort par fusillade, le verdict qui secoue le Cameroun

Affaire Bébé Mathis : reconnu coupable du meurtre d’un enfant de 6 ans à Yaoundé, Dagobert Nwafo est condamné à mort par fusillade. Un verdict choc qui relance le débat sur la peine capitale au Cameroun.

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Le Tribunal de grande instance du Mfoundi a rendu son verdict ce mercredi dans l’affaire qui a bouleversé le Cameroun. Dagobert Nwafo, quinquagénaire accusé du meurtre du jeune Ouandji Nathanaël Mathis, 6 ans, a été reconnu coupable et condamné à la peine de mort par fusillade.


Une décision lourde, à la hauteur de l’émotion nationale suscitée par ce drame survenu le vendredi 9 mai à Yaoundé.


Une tragédie qui a choqué l’opinion


Selon les faits établis au cours du procès, le petit Mathis avait été violemment agressé à l’aide d’un poignard par Dagobert Nwafo, à la suite d’une altercation avec le père de l’enfant. L’attaque avait entraîné la mort du garçon de six ans, plongeant la famille et l’opinion publique dans une profonde consternation.


Dans son réquisitoire, le procureur de la République a décrit un crime d’une gravité extrême, appelant la collégialité à rendre une « justice exemplaire ». Il avait requis la peine capitale, soit par pendaison soit par fusillade, estimant qu’une exécution publique serait appropriée pour « laver le sang de Bébé Mathis » et répondre à l’exigence de justice exprimée par la société.


Le tribunal a finalement retenu la peine de mort par fusillade.


Des réparations financières lourdes


Outre la condamnation à mort, Dagobert Nwafo devra verser :



  • 400 millions de FCFA de dommages à la famille de la victime

  • 100 millions de FCFA d’intérêts

  • 25 millions de FCFA de dépens


Le ministère public avait initialement requis une amende d’un milliard de FCFA.


La peine de mort au Cameroun : une réalité juridique, un moratoire de fait


Si la peine capitale est toujours prévue par la législation camerounaise dans neuf cas, notamment les crimes de sang et la trahison, aucune exécution officielle n’a été enregistrée depuis 1997.


Le Cameroun est ainsi considéré comme « abolitionniste de facto », en raison d’un moratoire présidentiel sur les exécutions. Dans la pratique, les condamnations à mort ne sont pas exécutées. Les dossiers sont transmis au président de la République, seul habilité à accorder la grâce ou à commuer la peine. En l’absence de décision, les exécutions restent suspendues.


De nombreux condamnés à mort vivent ainsi durant des années dans l’attente d’un éventuel quitus présidentiel, finissant le plus souvent par purger des peines assimilables à la prison à vie.


Dix jours pour faire appel


Dagobert Nwafo dispose désormais d’un délai de dix jours pour interjeter appel. Passé ce délai, le jugement deviendra définitif et sera transmis au président de la République.


L’affaire Bébé Mathis restera comme l’un des dossiers judiciaires les plus marquants de ces dernières années au Cameroun, ravivant le débat sur la peine de mort, son application effective et la place de la justice face aux crimes les plus odieux.




Baby Mathis Case: Dagobert Nwafo Sentenced to Death by Firing Squad in Shocking Cameroon Verdict


The High Court of Mfoundi has delivered its verdict in a case that deeply shocked Cameroon. Dagobert Nwafo, a man in his fifties accused of killing six-year-old Ouandji Nathanaël Mathis, has been found guilty and sentenced to death by firing squad.


The ruling was handed down on Wednesday, marking a decisive moment in a trial that captured national attention.


A crime that outraged public opinion


According to court findings, the young boy was fatally attacked with a knife following a dispute between the accused and the child’s father. The tragic incident occurred on May 9 in Yaoundé, sparking widespread outrage and grief across the country.


In his closing arguments, the state prosecutor described the act as an extremely grave crime and called for exemplary justice. He requested the death penalty, either by hanging or firing squad, arguing that such a sentence would respond to society’s demand for justice.


The court ultimately imposed the death penalty by firing squad.


Heavy financial compensation


In addition to the capital sentence, Dagobert Nwafo was ordered to pay:



  • 400 million CFA francs in damages to the victim’s family

  • 100 million CFA francs in interest

  • 25 million CFA francs in legal costs


The prosecution had initially requested a fine of 1 billion CFA francs.


Death penalty in Cameroon: legal but not enforced


Although the death penalty remains in Cameroon’s legal framework for nine categories of crimes, including murder and treason, no official execution has taken place since 1997.


The country is therefore considered “abolitionist in practice” due to a presidential moratorium on executions. Death sentences are transmitted to the President, who holds the authority to grant clemency or commute the sentence. In the absence of action, executions remain suspended.


As a result, many death row inmates spend years awaiting a presidential decision, often effectively serving life imprisonment.


Ten days to appeal


Dagobert Nwafo now has ten days to file an appeal. After this deadline, the ruling will become final and be transmitted to the President of the Republic.


The Baby Mathis case stands as one of the most significant judicial decisions in recent years in Cameroon, reigniting debate over capital punishment and its practical enforcement.


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Ange NGO

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