Publicité

Scandale Glencore au Cameroun : le partenariat suspect entre la SNH et Transparency divise le pays

Affaire Glencore, 7 milliards FCFA de pots-de-vin, tensions internes chez Transparency International : la SNH tente de redorer son image. Enquête sur un partenariat sous haute surveillance au Cameroun.

Publicité

SNH – Transparency : le partenariat qui divise en pleine tempête Glencore


Alors que l’affaire Glencore continue d’empoisonner le secteur pétrolier camerounais, Transparency International Cameroon (TI-C) monte au créneau pour défendre son partenariat controversé avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Entre réforme affichée et soupçons persistants, la bataille se joue désormais sur le terrain de la crédibilité.


Le 9 mars 2026, TI-C a publié un communiqué visant à clarifier sa position face aux critiques suscitées par son rapprochement avec la SNH. L’organisation anticorruption explique avoir été sollicitée par l’entreprise publique pour réaliser un « diagnostic de gouvernance », présenté comme un « plaidoyer technique » destiné à orienter les institutions publiques vers davantage de transparence, via l’audit de leurs procédures internes.


Fin février déjà, la SNH avait reçu une délégation de TI-C à son siège, affichant sa volonté de renforcer ses mécanismes internes de gouvernance. Une initiative qui intervient dans un contexte particulièrement sensible.


L’ombre persistante du scandale Glencore


Depuis 2022, le nom de la SNH reste associé à l’un des plus importants scandales de corruption du secteur extractif camerounais. Cette année-là, le géant anglo-suisse Glencore a reconnu devant la justice britannique des faits de corruption dans plusieurs pays, dont le Cameroun.


Des révélations relayées notamment par Akere Muna, ancien vice-président de Transparency International et figure fondatrice de TI-C, ont mis en cause des responsables de la SNH et de la Sonara. Ils sont soupçonnés d’avoir perçu l’équivalent d’environ 7 milliards de FCFA de pots-de-vin entre 2011 et 2018, en échange de conditions avantageuses accordées à Glencore pour l’achat de pétrole camerounais.


Certaines sources médiatiques évoquent également des rabais pouvant atteindre 30 % sur certains volumes de brut. Toutefois, ce point reste à confirmer par des éléments judiciaires publics plus détaillés.


La SNH plaide la coopération


Face à la pression internationale et nationale, la SNH affirme avoir engagé des démarches dès 2022. Dans un communiqué publié en septembre 2024, l’entreprise publique indiquait avoir saisi Glencore une première fois le 30 mai 2022, puis en juin 2023, afin d’obtenir l’identité des responsables camerounais potentiellement impliqués.


Selon la SNH, Glencore aurait refusé de transmettre ces informations. L’entreprise affirme néanmoins se réserver le droit de poursuivre, devant la justice camerounaise, « toutes les personnes impliquées dans ces crimes économiques ».


C’est cette posture que TI-C semble aujourd’hui soutenir, tout en insistant sur une séparation stricte entre la réforme institutionnelle et le contentieux judiciaire.


TI-C : réforme oui, impunité non


Dans son communiqué du 9 mars, Transparency International Cameroon précise que « la volonté de réforme manifestée par la SNH ne saurait en aucun cas interférer avec les procédures judiciaires en cours, ni constituer une entrave à la manifestation de la vérité ».


L’organisation affirme maintenir son exigence de voir « toute la lumière » faite sur les allégations de corruption liées au dossier Glencore. Autrement dit, le partenariat de gouvernance ne serait pas une opération de blanchiment d’image, mais un processus distinct visant à améliorer les mécanismes internes de contrôle.


Akere Muna hausse le ton


Mais cette lecture ne fait pas l’unanimité.


Akere Muna a publiquement demandé la publication intégrale des termes de l’accord entre TI-C et la SNH. Il appelle également à la convocation d’une assemblée générale extraordinaire afin de clarifier l’engagement de l’organisation, garantir son indépendance et exiger des mesures concrètes d’imputabilité.


Sa sortie révèle une fracture profonde sur la stratégie à adopter : faut-il accompagner une institution encore éclaboussée par un scandale international, ou exiger d’abord des actes judiciaires forts avant toute collaboration ?


La crédibilité en jeu


Au-delà des communiqués, deux éléments seront déterminants :



  • La transparence effective des termes du partenariat SNH–TI-C

  • L’avancée réelle des procédures visant à identifier et sanctionner les responsables camerounais impliqués


Dans un pays où le secteur pétrolier constitue un pilier stratégique des recettes publiques, l’affaire Glencore dépasse le simple cadre judiciaire. Elle interroge la gouvernance des ressources naturelles, la responsabilité des élites et la capacité des institutions à rompre avec les pratiques opaques du passé.


Le partenariat entre la SNH et Transparency International Cameroon peut-il marquer un tournant structurel, ou restera-t-il un épisode de communication institutionnelle dans une crise plus large ?


La réponse ne viendra ni des déclarations, ni des intentions affichées — mais des actes.




SNH–Transparency Partnership Sparks Controversy Amid Glencore Corruption Fallout in Cameroon


As the Glencore corruption scandal continues to cast a long shadow over Cameroon’s oil sector, Transparency International Cameroon (TI-C) has stepped forward to defend its controversial partnership with the National Hydrocarbons Corporation (SNH).


On March 9, 2026, TI-C issued a statement explaining that SNH had requested a “governance diagnostic,” described as a technical advocacy initiative aimed at strengthening transparency through internal procedural audits. The move follows a late-February meeting at SNH headquarters, where the state-owned company publicly expressed its intention to reinforce internal governance mechanisms.


However, the initiative unfolds against the backdrop of one of the largest corruption scandals in Cameroon’s extractive sector.


The Glencore Scandal


In 2022, Anglo-Swiss commodity trader Glencore admitted before UK courts to acts of corruption in several countries, including Cameroon. Subsequent revelations, notably relayed by Akere Muna — former Vice-Chair of Transparency International and founding figure of TI-C — implicated officials from SNH and Sonara.


They are suspected of receiving the equivalent of approximately CFA 7 billion (around $11 million) in bribes between 2011 and 2018 in exchange for preferential oil trading conditions. Some media reports have also mentioned discounts of up to 30% on certain crude volumes, though judicial documentation remains incomplete on this aspect.


SNH Claims Cooperation


In September 2024, SNH stated that it had formally contacted Glencore in May 2022 and again in June 2023, requesting the identities of Cameroonian officials potentially involved. According to SNH, Glencore refused to disclose the requested names.


The company maintains it reserves the right to initiate legal proceedings in Cameroonian courts against “all individuals involved in these economic crimes.”


Internal Tensions Within Anti-Corruption Circles


TI-C insists that its governance support does not interfere with ongoing judicial proceedings and reiterates its demand for full clarification of corruption allegations.


However, Akere Muna has publicly called for full disclosure of the agreement’s terms and urged the convening of an extraordinary general assembly to safeguard TI-C’s independence and ensure accountability measures are clearly defined.


The debate highlights a deeper strategic divide: should anti-corruption actors collaborate with institutions under scrutiny to improve governance frameworks, or insist on judicial accountability before any partnership?


Ultimately, the credibility of both SNH and TI-C will depend not on official statements, but on concrete outcomes: transparency of the partnership terms and measurable judicial progress in identifying and sanctioning those involved.


SNH Cameroun, scandale Glencore Cameroun, corruption pétrole Cameroun, Transparency International Cameroon, Akere Muna, gouvernance publique Cameroun, secteur extractif Cameroun, pots-de-vin SNH, justice Cameroun, énergie Cameroun, Sonara, corruption hydrocarbures, réforme gouvernance Cameroun, crimes économiques Cameroun, pétrole et corruption Afrique centrale


Ange NGO

Publicité