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"On ne parle pas à une colonie !" : Pretoria convoque l'ambassadeur US après un ultimatum humiliant de Washington

Tensions diplomatiques explosives entre Pretoria et Washington. L'ambassadeur américain donne ses "exigences" à l'Afrique du Sud comme à un "vassal". La réponse cinglante de Pretoria et la convocation du diplomate. Cliquez pour lire le clash.

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Afrique : Le ton monte dangereusement entre Pretoria et Washington. Ce qui devait être une simple conférence de routine s’est transformé en un incident diplomatique majeur. L’ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud, Leo Brent Bozell, a provoqué un tollé général en listant publiquement une série d’"exigences" américaines, une attitude que Pretoria a qualifiée, avec une virulence rare, de langage destiné à une "colonie".


Le torchon brûle entre l'Afrique du Sud et les États-Unis. Dans des déclarations rapportées par le journal local TimesLive, le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya, a littéralement dézingué le diplomate américain Leo Brent Bozell. En cause ? Les propos de ce dernier, tenus lors d’une conférence à Hermanus, où il a révélé que Washington avait soumis à Pretoria une liste de cinq exigences à satisfaire pour "améliorer les relations bilatérales", menaçant implicitement de les dégrader en l'absence de réponse.


"Que voulait-il dire par impatience ? On dirait qu’il s'adresse à une colonie ou un pays dépendant du gouvernement américain", a cinglé Vincent Magwenya, résumant l'humiliation ressentie par les hautes sphères de l'État sud-africain.


Cinq "exigences" jugées intrusives


Quels sont ces fameux points qui fâchent ? Selon l'ambassadeur Bozell, Donald Trump souhaiterait que l'Afrique du Sud devienne un pays "non aligné". Pour cela, Washington exigerait de Pretoria de :



  1.     Protéger les communautés rurales contre la violence.

  2.     Condamner ouvertement des chants jugés "incitant à la haine".

  3.     Prévoir des compensations pour les biens confisqués.

  4.     Cesser de redistribuer des parts d'entreprises étrangères à la population locale.

  5.     Étendre la coopération minière.


Pour Vincent Magwenya, la réponse est claire : quatre de ces cinq points relèvent de la politique intérieure sud-africaine et ne regardent en rien Washington. Il a sèchement conseillé à l'ambassadeur d'"étudier les lois du pays" avant de se mêler de ce qui ne le regarde pas.
Une convocation et des appels à l'expulsion


L'incident a pris une tournure encore plus grave. Leo Brent Bozell a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour s'expliquer sur ce qui est désormais considéré comme des "propos non diplomatiques". Pire encore pour Washington, le parti parlementaire radical des Combattants pour la liberté économique (EFF) a exigé carrément l'expulsion du diplomate, l'accusant d'ingérence caractérisée dans les affaires intérieures du pays.


La version de Pretoria : "Nous n'avons rien reçu officiellement"


Face à la pression, le directeur général du ministère sud-africain des Affaires étrangères, Zane Dangor, a tenté de recadrer le débat, tout en contredisant frontalement l'ambassadeur. Interrogé par l'agence TASS, il a affirmé que le gouvernement sud-africain n'avait jamais reçu de lettre officielle de Washington listant ces cinq exigences. "Nous n'avons eu aucun message de ce genre de la part des États-Unis", a-t-il insisté, tout en reconnaissant que des discussions commerciales avaient bien eu lieu.


Concernant une possible sortie des Brics, une autre rumeur insistante, Zane Dangor a été catégorique : "Aucune exigence n’a été formulée par les États-Unis au sujet de la sortie de l'Afrique du Sud des Brics."


Un vent de souveraineté souffle sur l'Afrique


Cette passe d'armes entre Pretoria et Washington survient dans un contexte où plusieurs nations africaines, dont le Cameroun, affichent une volonté croissante de non-alignement et de défense de leur souveraineté face aux pressions des grandes puissances. La réaction cinglante de l'Afrique du Sud résonne comme un avertissement : le temps des injonctions paternalistes est révolu. Pretoria, poids lourd du continent, vient de rappeler à Washington qu’en Afrique, on ne parle plus aux États comme à des "colonies".




"We don't speak to a colony!" : Pretoria summons US Ambassador after humiliating ultimatum from Washington


Diplomatic tensions are exploding between Pretoria and Washington. What was supposed to be a routine conference has turned into a major diplomatic incident. US Ambassador to South Africa, Leo Brent Bozell, sparked widespread outrage by publicly listing a series of American "demands," an attitude that Pretoria, with rare virulence, described as language meant for a "colony."


Relations are at a boiling point between South Africa and the United States. In statements reported by the local newspaper TimesLive, South African Presidency spokesperson Vincent Magwenya strongly criticized American diplomat Leo Brent Bozell. The issue? Bozell's comments during a conference in Hermanus, where he revealed that Washington had submitted a list of five demands to Pretoria to "improve bilateral relations," implicitly threatening to downgrade them without a response.


"What did he mean by impatience? It looks like he is addressing a colony or a country dependent on the US government," Magwenya retorted, summing up the humiliation felt in the upper echelons of the South African state.


According to Ambassador Bozell, Donald Trump wants South Africa to become a "non-aligned" country. To achieve this, Washington demands that Pretoria: protect rural communities from violence; publicly condemn songs deemed "hate speech"; provide compensation for confiscated property; stop redistributing shares of foreign companies to the local population; and expand mining cooperation.


For Magwenya, the answer is clear: four of these five points fall under South Africa's domestic policy and are none of Washington's business. He sharply advised the ambassador to "study the country's laws" before meddling.


The incident has taken an even more serious turn. Leo Brent Bozell was summoned to the Ministry of Foreign Affairs to explain what is now considered "undiplomatic statements." Worse for Washington, the radical parliamentary party Economic Freedom Fighters (EFF) has demanded the diplomat's expulsion, accusing him of blatant interference in the country's internal affairs.


Facing pressure, the Director-General of the South African Ministry of Foreign Affairs, Zane Dangor, attempted to reframe the debate while flatly contradicting the ambassador. Speaking to TASS, he stated that the South African government had never received an official letter from Washington listing these five demands. "We have had no such communication from the United States," he insisted, while acknowledging that commercial discussions had indeed taken place.


Regarding a possible withdrawal from BRICS, another persistent rumor, Zane Dangor was categorical: "No demand was made by the United States regarding South Africa's exit from BRICS."


This clash between Pretoria and Washington comes at a time when several African nations, are showing a growing desire for non-alignment and defense of their sovereignty against pressure from major powers. South Africa's scathing response serves as a warning: the era of paternalistic injunctions is over. Pretoria, a continental heavyweight, has just reminded Washington that in Africa, one does not speak to states as if they were "colonies."


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Didier Cebas K.

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