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Goma sous les bombes : Une humanitaire française tuée, le M23 accuse Kinshasa alors que le scandale Gertler éclabousse Kinshasa

Nuit de terreur à Goma : une frappe de drone tue une employée de l'UNICEF. Pendant que l'est saigne, la justice néerlandaise inflige une amende record de 25,8 millions d'euros à l'homme d'affaires Dan Gertler pour avoir corrompu des officiels congolais. Décryptage.

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Double frappe contre la RDC : Goma endeuillée par un drone, la justice néerlandaise dévoile l’envers du décor minier


C’est une nuit qui restera gravée dans la mémoire des habitants de Goma. Alors que la métropole du Nord-Kivu, sous contrôle rebelle, tentait de panser les plaies d’une occupation, le ciel s’est embrasé. Dans la nuit de mardi à mercredi, une frappe de drone a visé le cœur de la ville, soufflant un immeuble résidentiel et tuant une employée française du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF). Un drame humanitaire qui se double, à des milliers de kilomètres de là, d’un scandale financier retentissant : l’homme d’affaires israélien Dan Gertler a été contraint de payer une amende historique de 25,8 millions d’euros pour avoir acheté à prix d’or les richesses congolaises.


Nuit de feu à Goma : une humanitaire dans la tourmente


Tout a commencé vers 4 heures du matin, heure locale. Le ronronnement sinistre des drones a déchiré le silence de Goma, bientôt suivi de déflagrations. Selon des témoins cités par l’Agence France-Presse, plusieurs engins non identifiés ont frappé la ville, touchant notamment les abords du lac Kivu et une résidence privée de deux étages, située à seulement 50 mètres de l’ancien domicile du président Joseph Kabila.


Rapidement, l’information glaciale est confirmée par les rebelles du M23, qui contrôlent la ville depuis janvier 2025. Leur porte-parole, Lawrence Kanyuka, dénonce un acte "terroriste" attribué aux forces gouvernementales. Le bilan ? Trois morts selon les rebelles, dont une ressortissante française . La victime est rapidement identifiée : il s’agit de Karine Buisset, une employée de l’UNICEF, dont l’engagement pour les programmes de protection de l’enfance était salué par ses pairs.


À Paris, l’Élysée ne tarde pas à réagir. Le président Emmanuel Macron a exprimé sa consternation sur le réseau social X : "Une humanitaire française de l’Unicef a été tuée à Goma." Dans un message sobre, le chef de l’État a présenté ses condoléances à la famille avant de lancer un appel solennel : "J'appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s’engagent pour sauver des vies".


La directrice exécutive de l’UNICEF, Catherine Russell, s’est dite "dévastée et outrée" par ce meurtre en zone de guerre. Sur les réseaux sociaux, les images de l’immeuble éventré, au toit arraché et aux murs criblés d’éclats, témoignent de la violence de l’impact . Le M23, qui utilise également des drones explosifs sur les lignes de front, a dénoncé une frappe en zone densément peuplée, tandis que Kinshasa gardait le silence, l’armée congolaise refusant dans un premier temps de commenter.


Cette attaque marque un tournant dans le conflit : c’est la première fois que Goma, "capitale" rebelle, est frappée en plein cœur depuis sa chute il y a plus d'un an.


L’autre guerre : 25,8 millions d’euros d’amende pour le pillage du Congo


Pendant que le sang coule à Goma, une autre bataille, judiciaire celle-ci, s’est jouée à La Haye. La justice néerlandaise a infligé une amende de 25,8 millions d’euros à la société Fleurette, une "boîte aux lettres" appartenant au sulfureux magnat israélien Dan Gertler.


Le verdict est sans appel. Entre 2010 et 2017, Fleurette, qui chapeautait plusieurs divisions actives dans l’extraction de cuivre, de cobalt, d’or et de pétrole en RDC, a été reconnue coupable de corruption de responsables congolais. L’objectif ? Obtenir des licences d’exploitation à des conditions avantageuses, brader les richesses du sous-sol congolais.


Le parquet néerlandais a établi que des pots-de-vin ont été versés à des hauts fonctionnaires pour sécuriser ces permis juteux, dans un pays qui détient des réserves stratégiques de cobalt, indispensables à la transition énergétique mondiale. Selon l’enquête, la société était enregistrée aux Pays-Bas pour profiter d’un climat fiscal favorable.


Le nom de Dan Gertler n’est pas nouveau dans les scandales africains. Révélé au grand jour par les "Panama Papers", le milliardaire est un proche de l’ex-président Joseph Kabila. Dès 2017, il avait été placé sous sanctions américaines pour avoir, selon Washington, spolié l’État congolais d’environ 1,4 milliard de dollars. Pire encore, le journal Volkskrant révélait en 2018 que Gertler aurait conclu un accord secret avec Laurent-Désiré Kabila en l’an 2000 : 20 millions de dollars contre le monopole du commerce et de l’exportation de diamants.


Bien que l’enquête néerlandaise ouverte en 2018 soit désormais close par le paiement de cette amende et que Gertler lui-même n’ait pas été poursuivi personnellement, ce jugement éclabousse durablement les élites congolaises. Il confirme ce que les ONG dénoncent depuis des années : un système de prédation où les ressources naturelles financent les réseaux d’influence, pendant que l’Est du pays s’enfonce dans une guerre sans fin.


Un pays à la croisée des douleurs


Coïncidence du calendrier ou symbole d’un mal profond, ces deux événements—la frappe meurtrière à Goma et la condamnation pour corruption à l’étranger—renvoient la RDC à ses deux démons : l’instabilité chronique d’un Est livré aux groupes armés (avec l’accusation récurrente d’un soutien rwandais au M23) et la malédiction des matières premières qui attirent les prédateurs internationaux.


Alors que les drapeaux de l’UNICEF flottaient en berne mercredi en hommage à Karine Buisset, une question demeure : à qui profite vraiment le chaos congolais ?




Double Blow for the DRC: Goma Mourns Drone Strike as Dutch Justice Exposes Mining Scandal


It was a night that will forever mark the memory of Goma's residents. As the North Kivu metropolis, under rebel control, was trying to heal the wounds of occupation, the sky ignited. On Tuesday night, a drone strike targeted the heart of the city, blowing up a residential building and killing a French employee of the United Nations Children's Fund (UNICEF). This humanitarian drama is paralleled, thousands of miles away, by a resounding financial scandal: Israeli businessman Dan Gertler was forced to pay a historic fine of €25.8 million for buying Congolese wealth at a cutthroat price.


Night of Fire in Goma: An Aid Worker Caught in the Turmoil


It all began around 4 a.m. local time. The sinister buzzing of drones tore through the silence of Goma, soon followed by explosions
. According to witnesses cited by Agence France-Presse, several unidentified drones struck the city, hitting the shores of Lake Kivu and a two-story private residence located just 50 meters from the former home of President Joseph Kabila.


The chilling information was quickly confirmed by the M23 rebels, who have controlled the city since January 2025. Their spokesperson, Lawrence Kanyuka, denounced a "terrorist" act attributed to government forces. The toll? Three dead according to the rebels, including a French national . The victim was quickly identified as Karine Buisset, a UNICEF employee whose commitment to child protection programs was praised by her peers.


In Paris, the Élysée Palace was quick to react. President Emmanuel Macron expressed his dismay on social network X: "A French humanitarian worker for UNICEF was killed in Goma." In a sober message, the head of state offered his condolences to the family before issuing a solemn appeal: "I call for respect for humanitarian law and for the personnel who are on the ground and who are committed to saving lives".


UNICEF's Executive Director, Catherine Russell, said she was "devastated and outraged" by the killing in the war zone. On social media, images of the gutted building, with its roof torn off and walls riddled with shrapnel, testify to the violence of the impact . The M23, which also uses explosive drones on the front lines, denounced a strike in a densely populated area, while Kinshasa remained silent, with the Congolese army initially refusing to comment.


This attack marks a turning point in the conflict: it is the first time Goma, the rebel "capital," has been hit in its heart since its fall over a year ago.
The Other War: A €25.8 Million Fine for the Pillage of Congo


While blood was being shed in Goma, another battle, a judicial one, was playing out in The Hague. The Dutch judiciary imposed a fine of €25.8 million on Fleurette, a shell company owned by the controversial Israeli magnate Dan Gertler.


The verdict is final. Between 2010 and 2017, Fleurette, which oversaw several divisions active in copper, cobalt, oil, and gold extraction in the DRC, was found guilty of corrupting Congolese officials. The objective? To obtain operating licenses on advantageous terms, effectively selling off the Congo's subsoil wealth at bargain prices.


The Dutch Public Prosecution Service established that bribes were paid to senior officials to secure these lucrative permits in a country holding strategic cobalt reserves, which are essential for the global energy transition. According to the investigation, the company was registered in the Netherlands to benefit from a favorable tax climate.


The name Dan Gertler is not new to African scandals. Revealed by the "Panama Papers," the billionaire is a close associate of former President Joseph Kabila. As early as 2017, he was placed under US sanctions for allegedly defrauding the Congolese state of approximately $1.4 billion
. Worse still, the Volkskrant newspaper revealed in 2018 that Gertler allegedly made a secret deal with Laurent-Désiré Kabila in the year 2000: $20 million in exchange for the monopoly on diamond trading and export.


Although the Dutch investigation, opened in 2018, is now closed following the payment of this fine and Gertler himself was not personally prosecuted, this judgment permanently tarnishes the Congolese elite. It confirms what NGOs have been denouncing for years: a system of plunder where natural resources finance influence networks while the East of the country sinks into an endless war.


A Country at the Crossroads of Sorrows


Whether a coincidence of the calendar or a symbol of a deep-seated evil, these two events—the deadly strike in Goma and the corruption conviction abroad—reflect the DRC's two demons: the chronic instability of an East region plagued by armed groups (with the recurring accusation of Rwandan support for the M23) and the curse of natural resources that attract international predators.


As UNICEF flags flew at half-mast on Wednesday in tribute to Karine Buisset, one question remains: who truly benefits from the Congolese chaos?


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Didier Cebas K.

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