Le scandale prend une dimension explosive. Une enquête mixte sur le trafic illégal d’or au Cameroun vient d’être officiellement confiée au Secrétariat d’État à la Défense (SED) chargé de la Gendarmerie. L’instruction émane directement de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la Présidence de la République.
Dans une note datée du 23 février, adressée au patron de la Gendarmerie, Galax Etoga, le SGPR ordonne la mise sur pied d’une commission d’« enquête mixte à l’effet d’établir les différentes responsabilités sur le trafic illégal d’or ». Un signal fort envoyé au sommet de l’État dans un dossier aux relents de corruption et de dissimulation massive.
Un écart vertigineux : 22 kg déclarés contre 15 tonnes exportées
L’affaire a éclaté après les révélations du rapport 2023 du Comité ITIE Cameroun sur le secteur extractif. Selon ce document publié le 10 décembre dernier, le Cameroun a officiellement exporté seulement 22,3 kilogrammes d’or.
Un chiffre qui contraste brutalement avec les données communiquées par les Émirats arabes unis. Abu Dhabi affirme avoir importé 15,2 tonnes d’or d’origine camerounaise sur la même période. Un écart sidérant : près de 600 fois plus que les volumes officiellement déclarés.
Ce différentiel colossal soulève de graves interrogations sur les circuits de commercialisation, les mécanismes de traçabilité et les éventuelles complicités administratives ou politiques.
Le ministère des Mines sous pression
Face au tollé suscité par ces révélations, les regards se tournent vers le ministère des Mines, dirigé par Fuh Calistus. Le membre du gouvernement avait tenté de justifier ces incohérences, évoquant des dysfonctionnements structurels et promettant des mesures correctives.
Mais dans les cercles politiques et économiques, beaucoup estiment que ces explications peinent à dissiper les soupçons. À la veille d’un possible remaniement ministériel, certains observateurs considèrent que le ministre pourrait figurer parmi les cibles potentielles de l’enquête.
Un test majeur pour la crédibilité de l’État
La décision de confier le dossier au SED, bras armé stratégique de la Gendarmerie, marque une escalade institutionnelle. Elle traduit la volonté de faire la lumière sur ce qui pourrait constituer l’un des plus importants scandales miniers de ces dernières années au Cameroun.
Au-delà des responsabilités individuelles, c’est la crédibilité du dispositif national de gouvernance extractive qui est en jeu. L’or, ressource stratégique, représente un levier économique crucial pour le pays. Son exploitation opaque alimente les soupçons de corruption, de fraude fiscale et de fuite massive de devises.
L’enquête mixte devra désormais établir les circuits réels d’exportation, identifier les bénéficiaires du système et déterminer les complicités éventuelles au sein de l’administration.
Une affaire à fort potentiel judiciaire et politique, dont les conclusions pourraient provoquer des secousses majeures dans les hautes sphères de l’État.
Massive Gold Trafficking in Cameroon: 15 Tons Secretly Exported, Presidency Orders High-Level Investigation
The scandal is escalating. A joint investigation into illegal gold trafficking in Cameroon has officially been assigned to the Secretariat of State for Defence (SED) in charge of the Gendarmerie. The directive comes directly from Ferdinand Ngoh Ngoh, Secretary General at the Presidency.
In a note dated February 23 and addressed to Gendarmerie chief Galaxe Etoga, the Presidency ordered the creation of a “joint investigative commission to establish responsibilities in the illegal gold trafficking case.” The move signals high-level concern over what could be a major corruption and concealment scheme.
A Shocking Gap: 22 kg Declared vs 15 Tons Exported
The controversy erupted following the 2023 EITI Cameroon report on the extractive sector, published on December 10. According to the report, Cameroon officially exported only 22.3 kilograms of gold.
However, data from the United Arab Emirates indicate imports of 15.2 tons of gold originating from Cameroon during the same period — nearly 600 times more than the officially declared volume.
This staggering discrepancy raises serious questions about export channels, traceability mechanisms, and possible administrative or political complicity.
Ministry of Mines Under Scrutiny
Attention is now turning to the Ministry of Mines, led by Fuh Calistus. The minister previously attempted to justify the inconsistencies, citing structural weaknesses and announcing corrective measures.
Yet many observers believe the explanations have failed to dispel suspicions. With a potential cabinet reshuffle looming, some analysts suggest the minister could be among those targeted by the ongoing investigation.
A Major Test for State Credibility
Entrusting the case to the SED marks a significant institutional escalation. It reflects a determination to shed light on what could become one of Cameroon’s largest mining scandals in recent years.
Beyond individual accountability, the credibility of Cameroon’s extractive governance framework is at stake. Gold is a strategic economic resource, and opaque exploitation fuels concerns of corruption, tax evasion, and massive capital flight.
The joint investigation will now seek to trace actual export circuits, identify beneficiaries, and determine any internal complicity within the administration.
A case with potentially major judicial and political consequences.
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Ange NGO