Le taux moyen s’est établi à 6,87 %, contre 7,11 % en décembre 2025, soit une baisse de 24 points de base en un mois. Cette détente, bien que modeste, intervient après plusieurs années de tensions haussières sur le compartiment des titres de court terme.
Des taux toujours historiquement élevés
Malgré ce léger reflux, le coût des BTA camerounais reste nettement supérieur aux standards observés avant la crise sanitaire. En janvier 2018, le taux moyen ressortait à 2,81 %. Il a ensuite suivi une trajectoire ascendante : 4,3 % en janvier 2023, 6,4 % en janvier 2024, puis 6,62 % en janvier 2025, traduisant une dégradation progressive des conditions de financement.
Ces instruments de court terme, destinés à couvrir les besoins ponctuels de trésorerie de l’État, demeurent donc particulièrement onéreux dans un contexte marqué par une pression accrue sur les finances publiques.
Une concurrence régionale plus forte
La dynamique haussière des taux trouve en grande partie son origine dans l’intensification de la concurrence sur le marché des titres publics de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, RCA).
Longtemps dominé par le Cameroun et le Gabon depuis le lancement du marché en 2011, ce compartiment a vu l’arrivée progressive des quatre autres États à partir de 2015, avec une accélération notable après la crise du Covid-19 en 2020. Résultat : une multiplication des émetteurs, un déséquilibre offre-demande plus marqué et une hausse mécanique des taux servis aux investisseurs.
Le 19 février 2026 à Douala, lors de la présentation du plan de financement de l’État pour l’exercice en cours, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a dressé un constat sans détour :
« Entre 2020 et 2025, le taux d’intérêt moyen pondéré des BTA est passé de 2,67 % à 6,65 %. La durée des titres et les taux de souscription continuent de baisser, tandis que les taux de sortie progressent. »
Un diagnostic qui illustre la tension structurelle sur le marché domestique.
Vers un nouvel emprunt obligataire en 2026 ?
Dans ce contexte, le Trésor public envisage un éventuel retour sur le marché financier domestique via un appel public à l’épargne à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), basée à Douala. L’opération pourrait porter sur un montant compris entre 100 et 150 milliards de FCFA.
Cependant, la décision finale dépendra des conclusions d’un sondage de marché destiné à évaluer l’appétit des investisseurs et les conditions de liquidité. Autrement dit, l’État ne s’engagera que si les arrangeurs sont en mesure de garantir la mobilisation des fonds à des conditions jugées acceptables.
À défaut, d’autres instruments pourraient être mobilisés. En 2024, le gouvernement avait renoncé à un emprunt obligataire classique pour privilégier une opération de 260 milliards de FCFA combinant rachat de titres et nouveaux emprunts sur le marché des titres de la BEAC. Une stratégie permettant à la fois de lever des ressources fraîches et de lisser le profil des échéances.
Le Cameroun, poids lourd de la Bvmac
Si le projet de 2026 se concrétise, il s’agira de la 8? opération obligataire du Cameroun sur le marché financier unifié de la Cemac.
La dernière émission remonte à 2023. Initialement fixée à 200 milliards de FCFA, elle avait été ramenée à 150 milliards en raison de conditions de marché défavorables. Le Trésor avait alors innové avec un emprunt à taux multiples — une première dans la zone Cemac — et finalement mobilisé 176,7 milliards de FCFA, grâce à une surallocation autorisée par le régulateur.
Depuis 2010, le Cameroun a levé 1 206,2 milliards de FCFA à la Bvmac, ce qui en fait le 2? émetteur souverain du marché derrière le Gabon.
En définitive, si la légère détente observée en janvier 2026 constitue un signal positif, elle ne suffit pas encore à inverser la tendance lourde de renchérissement du coût de la dette à court terme. Pour Yaoundé, l’équation reste délicate : financer l’économie, préserver la trésorerie et contenir le poids des intérêts dans un environnement régional de plus en plus compétitif.
Cameroon Sees Slight Easing in Treasury Yields in Early 2026, but Debt Pressure Persists
Cameroon has started 2026 on a slightly more favorable note in the CEMAC Treasury securities market. According to the Bank of Central African States (BEAC), the average interest rate on Treasury bills (BTA) fell to 6.87% in January 2026, down from 7.11% in December 2025, marking a 24-basis-point decline month-on-month.
Despite this marginal easing, borrowing costs remain significantly higher than pre-pandemic levels. The average rate stood at 2.81% in January 2018, before climbing steadily in recent years amid growing regional competition and tighter liquidity conditions.
The rise in yields is largely attributed to increased issuance from CEMAC member states (Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad, and CAR), especially after the Covid-19 crisis. Greater supply has pushed up investor return expectations while subscription and coverage ratios have declined.
On February 19, 2026, Finance Minister Louis Paul Motazé indicated that Cameroon may launch a new bond issuance on the Douala-based Central African Stock Exchange (BVMAC), targeting between CFA 100 and 150 billion, depending on market conditions and investor appetite.
Since 2010, Cameroon has raised CFA 1,206.2 billion on the regional exchange, ranking as the second-largest sovereign issuer after Gabon.
While January’s easing offers a positive signal, structural pressures on short-term debt costs remain significant in an increasingly competitive regional financial market.
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Mouahna Divine