Menée sans annonce publique préalable, cette transaction met fin à plus de deux années de négociations entre Yaoundé et Actis, présent au capital d’Eneo depuis 2014. Elle consacre une renationalisation quasi totale de l’entreprise, l’État détenant désormais 95 % du capital, les 5 % restants étant réservés aux employés.
Une transition sous contrôle
Un comité interministériel a été mis en place pour piloter la transition, tandis que la nouvelle architecture managériale reste attendue. Les autorités assurent vouloir préserver la stabilité sociale et opérationnelle de l’entreprise.
« Cette opération n'entraîne aucune modification du statut ou des droits du personnel d'Eneo », avaient précisé les ministres des Finances, Louis Paul Motazé, et de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, lors de la signature officielle de l’accord le 19 novembre dernier au ministère des Finances.
Cette recomposition actionnariale ouvre une nouvelle phase de gouvernance pour un acteur stratégique, au cœur des enjeux industriels et sociaux du pays.
Un diagnostic économique avant tout
Le 22 janvier à Douala, face à plus de 200 chefs d’entreprise réunis au siège du Gecam à Bonanjo, le ministre Gaston Eloundou Essomba a détaillé les « 100 premiers jours d’action » post-reprise.
Le constat est clair : la crise d’Eneo serait d’abord économique avant d’être technique.
Le plan d’urgence s’articule autour de trois leviers majeurs :
- Renégociation de la dette avec les banques locales afin d’allonger les maturités ;
- Apurement progressif des arriérés dus par les entités publiques ;
- Réduction des coûts d’exploitation pour restaurer les équilibres financiers.
Un chantier financier structurant, destiné à redonner de la marge de manœuvre à l’opérateur historique.
Objectif 3 000 MW d’ici 2030
La stratégie gouvernementale s’inscrit dans le cadre de l’Energy Compact signé en août 2025, qui fixe un cap ambitieux :
- Porter la capacité installée à 3 000 MW d’ici 2030 ;
- Étendre l’accès à l’électricité à 8 millions de Camerounais supplémentaires.
Les industriels, eux, appellent à davantage de transparence et à des outils de suivi mesurables en matière de production et de distribution. Une exigence considérée comme déterminante pour maintenir la confiance des investisseurs dans un secteur vital pour la compétitivité nationale.
Une nouvelle ère énergétique ?
Avec cette opération à 78 milliards FCFA, Yaoundé reprend la main sur un maillon stratégique de l’économie. Reste désormais à transformer cette reprise de contrôle en performance industrielle, amélioration du service et stabilité tarifaire pour les ménages comme pour les entreprises.
La renationalisation d’Eneo ouvre une séquence décisive pour l’avenir énergétique du Cameroun.
Energy: Cameroon Buys Back Eneo from Actis for CFA 78 Billion, Takes 95% Control
Cameroon has taken a decisive step in reshaping its energy sector. On February 10, 2026, the government completed a CFA 78 billion payment to British investment fund Actis to acquire its 51% stake in Eneo, the country’s main electricity distribution company.
The transaction, finalized six days before the contractual deadline, ends more than two years of negotiations. With the deal, the State now holds 95% of Eneo’s capital, while 5% remains allocated to employees — marking a near-total renationalization of the utility.
A ministerial task force has been established to oversee the transition. Authorities have pledged to preserve jobs and ensure continuity of service.
Energy Minister Gaston Eloundou Essomba outlined a 100-day action plan focused on debt restructuring, clearing public arrears, and cutting operating costs. The strategy aligns with Cameroon’s Energy Compact signed in August 2025, targeting 3,000 MW installed capacity by 2030 and expanded electricity access to 8 million additional citizens.
Business leaders are calling for greater transparency and measurable performance indicators to maintain investor confidence in a sector critical to national competitiveness.
The renationalization of Eneo signals a new governance phase — and a major test for Cameroon’s energy future.
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Ange NGO