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RDC - USA : Kinshasa propose aux Américains d'exploiter une mine de coltan... occupée par le M23

Dans une man?uvre diplomatique et économique aussi audacieuse que risqu?e, la R?publique d?mocratique du Congo a officiellement propos? aux états-Unis un partenariat pour exploiter l?un des joyaux miniers du Nord-Kivu. Problâme : le site en question, source de 15 % du coltan mondial, est actuellement sous la botte des rebelles du M23, soutenus par Kigali.

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C’est un dossier brûlant que viennent de déposer les autorités congolaises sur le bureau du département d’État américain. Selon des informations rapportées par l’agence Reuters, Kinshasa a inclus dans une liste d’actifs stratégiques destinés à une exploitation conjointe avec Washington un gisement de coltan (colombo-tantalite) situé dans la région de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu.


Le hic, et de taille : cette mine, considérée comme l’une des plus riches en coltan de la planète, est actuellement contrôlée par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Une situation ubuesque qui met en lumière les défis sécuritaires auxquels fait face le président Félix Tshisekedi, alors que son gouvernement tente de monnayer ses ressources auprès des géants occidentaux.


Une épine dans le pied du partenariat stratégique


Le coltan de Rubaya n’est pas un actif minier comme les autres. La région produit à elle seule près de la moitié des 2 000 tonnes extraites annuellement par la RDC, leader mondial incontesté de cette ressource. Un minerai devenu incontournable pour la transition énergétique, puisqu’il entre dans la composition des batteries de véhicules électriques et de nos téléphones portables.


Relancer l’exploitation de ce site nécessiterait un investissement colossal, estimé entre 100 et 150 millions de dollars. Mais avant d’investir, la question sécuritaire est un préalable non-négociable. Comment Washington pourrait-il s’associer à un projet dans une zone contrôlée par un groupe armé que ses propres services qualifient de "terroriste" ?


Washington pointe Kigali du doigt


Car de l’autre côté de l’Atlantique, la position américaine semble se durcir contre le Rwanda. Interrogé sur France 24, Massad Boulos, le conseiller de Donald Trump pour les affaires africaines, a été d’une franchise chirurgicale : "De toute évidence, c'est le Rwanda et le M23 soutenu par le Rwanda" qui sont responsables de l'escalade des violences dans l’Est.


Une déclaration qui tombe comme un couperet, alors que Kinshasa et Kigali avaient signé un accord de paix à Washington début décembre. Un accord déjà caduc, dénoncé par Félix Tshisekedi, qui accuse Paul Kagame de ne pas respecter ses engagements. Malgré la pression américaine et le retrait ponctuel des rebelles de certaines zones comme Uvira, l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23 continuent de grignoter du terrain, contrôlant désormais les deux capitales provinciales, Goma et Bukavu.


Un poker diplomatique à hauts risques


En incluant Rubaya dans le "deal" américain, Kinshasa joue un double jeu. Officiellement, il s’agit de proposer des actifs de premier plan (or, cobalt, lithium, manganèse, cuivre) pour attirer les investisseurs. Officieusement, c’est un moyen de forcer Washington à s’impliquer militairement ou diplomatiquement pour chasser le M23 de cette zone névralgique.


La question reste entière : les États-Unis accepteront-ils de mettre les mains dans le cambouis congolais pour sécuriser l’approvisionnement en minerais stratégiques, ou exigeront-ils de Kinshasa de reprendre le contrôle de ses territoires par ses propres moyens avant toute signature de chèque ?


Pendant ce temps, le M23 continue d’engranger les revenus de ce coltan, alimentant un conflit qui dure depuis des décennies. Une chose est sûre : la communauté internationale, et particulièrement Washington, ne pourra plus longtemps ignorer ce paradoxe qui consiste à vouloir financer la transition énergétique verte avec des minerais dont l’extraction est teintée de sang.




DRC-USA: Kinshasa Offers Washington a Coltan Mine... Currently Occupied by M23 Rebels


In a bold diplomatic and economic move, the Democratic Republic of Congo has officially proposed a joint venture with the United States to exploit one of North Kivu's prime mining assets. The catch: the site, which supplies 15% of the world's coltan, is currently under the control of Rwanda-backed M23 rebels.


According to Reuters, the Congolese authorities have submitted a list of strategic assets to the U.S. State Department for potential joint exploitation. This list notably includes a coltan (columbite-tantalite) deposit near the town of Rubaya in North Kivu.


Rubaya is home to one of the richest coltan deposits globally, producing nearly half of the DRC's annual output of 2,000 tons. Coltan is a critical mineral used in the batteries of electric vehicles and smartphones. Reviving mining operations there would require an investment estimated between $100 and $150 million.


The proposal presents a significant dilemma for Washington. The site is occupied by the M23, a group the U.S. has previously linked to Rwanda. This complicates any potential investment, as security in the region remains volatile.


The timing is also tense. Massad Boulos, advisor to the U.S. President for African affairs, explicitly blamed Rwanda and the M23 for the escalating violence in Eastern DRC, stating it was a "serious violation" of a peace agreement signed in Washington just last December. Despite the accord and temporary rebel withdrawals from areas like Uvira, the M23 maintains control over the key cities of Goma and Bukavu.


By including the Rubaya mine in the proposal, Kinshasa may be attempting to force Washington's hand—either to secure the investment or to help oust the rebels from this strategic area. The U.S. now faces a complex choice: engage in the volatile region to secure critical mineral supplies, or demand that the DRC restore control before any deal is signed.


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Didier Cebas K.

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