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Port de Douala : La fin des "pratiques anormales" La dématérialisation totale promise pour 2026

C?est un ?lectrochoc attendu sur le poumon économique du Cameroun. Le Port autonome de Douala (PAD), par lequel transite plus de 80 % du commerce international du pays, a fix? une ?ch?ance claire : septembre 2026 pour une d?mat?rialisation ? totale et effective ? de ses opérations. L'annonce, faite en marge de la restitution d'une enquête r?gionale, sonne comme un aveu et une promesse : celle de tuer dans l??uf les ? pratiques anormales ? qui gangr?nent la plateforme.

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Menée entre 2021 et 2024 par l’Observatoire régional des pratiques anormales (OPA), l’étude dresse un bilan sans complaisance. Malgré l’existence d’outils numériques comme le Guce ou Camcis, la dématérialisation reste « partielle ». Résultat : l’obtention de documents clés comme le Titre de transit ou la Lettre de voiture internationale (LVI) exige encore des passages physiques, créant un terreau fertile pour la corruption.


De l’argent liquide et du temps perdu


Le constat est chiffré et accablant. Entre 20 et 30 % des Commissionnaires agréés en douane (CAD) dénoncent des paiements illicites récurrents. Les coûts annexes explosent : entre les cautions, la pose de balises GPS et les formalités diverses, la facture peut grimper jusqu’à 180 000 FCFA par camion. Côté temps, le cauchemar logistique persiste. Si la moyenne de dédouanement est officiellement de huit jours, certains dossiers s’enlisent jusqu’à 39 jours entre la validation du manifeste et le début des opérations.


Face à ce qui ressemble à une ponction sur l’économie nationale et régionale, le PAD promet une révolution numérique. « Le PAD est en train de finaliser son système d’informations portuaires », a expliqué Jean Yves Massouka, chef de la cellule de facilitation des échanges. L’objectif : un guichet unique où les données des armateurs, consignataires et acconiers seront centralisées et accessibles à tous en temps réel. Fini la paperasse et les allers-retours entre guichets. « Ce système sera totalement opérationnel d’ici le mois de septembre 2026 », a-t-il martelé.


Une annonce saluée par les professionnels du secteur. Pour Albert Etoundi, président du Syndicat national des transitaires, acconiers et consignataires (Syntac), la solution est mathématique : « Si tout est dématérialisé, on aura trouvé les solutions à tous les problèmes. »


Un enjeu régional vital


L’enjeu dépasse largement les frontières du Cameroun. Porte d’entrée de la Cemac, Douala dessert aussi le Tchad et la République centrafricaine (RCA). Sa lourdeur administrative freine l’intégration régionale et nuit à la compétitivité de toute la zone. C’est dans ce cadre que le port de Kribi a également été audité via le Programme d’appui à la gouvernance des infrastructures régionales et nationales (PAGIRN), financé par l’Union européenne.


L’OPA, loin d’être un simple exercice académique, se veut un levier stratégique. « L’ambition finale est de renforcer le commerce et la compétitivité de nos économies », a insisté Pierre-Guillaume Boum Bissai, représentant résident de la Commission de la Cemac. Des premières mesures, comme la création d’une brigade mixte Cemac, sont déjà en cours.


Reste à savoir si le cap de septembre 2026 sera tenu et si la promesse du « tout numérique » parviendra à exorciser les démons de la bureaucratie manuelle. Un prochain atelier à Yaoundé, en mars, permettra de confronter ces ambitions aux institutions du Cameroun, du Tchad et de la RCA, qui attendent avec impatience que les corridors deviennent des autoroutes du commerce, et non des parkings à formalités.




Douala Port: The End of "Abnormal Practices"? Total Dematerialization Promised by 2026


An electric shock is expected for the economic heart of Cameroon. The Autonomous Port of Douala (PAD), through which over 80% of the country's international trade transits, has set a clear deadline: September 2026 for a "total and effective" dematerialization of its operations. The announcement, made on the sidelines of a regional survey report, sounds like both an admission and a promise: to nip the "abnormal practices" plaguing the platform in the bud.


Conducted between 2021 and 2024 by the Regional Observatory for Abnormal Practices (OPA), the study paints a blunt picture. Despite the existence of digital tools like Guce and Camcis, dematerialization remains "partial." The result: obtaining key documents like the Transit Title or the International Waybill (LVI) still requires physical steps, creating fertile ground for corruption.


Cash and Lost Time


The findings are both quantified and damning. Between 20% and 30% of Authorized Customs Brokers (CAD) report recurring illicit payments. Ancillary costs are skyrocketing: between guarantees, GPS beacon installation, and various formalities, the bill can climb to as high as 180,000 FCFA per truck. On the time front, the logistical nightmare persists. While the average customs clearance time is officially eight days, some files get bogged down for up to 39 days between manifest validation and the start of operations.


Faced with what amounts to a drain on the national and regional economy, the PAD is promising a digital revolution. "The PAD is finalizing its port information system," explained Jean Yves Massouka, head of the trade facilitation unit at PAD. The goal: a single window where data from shipowners, agents, and stevedores will be centralized and accessible to everyone in real-time. No more paperwork and back-and-forth between counters. "This system will be fully operational by September 2026," he stressed.


The announcement was welcomed by industry professionals. For Albert Etoundi, president of the National Union of Customs Brokers, Stevedores, and Agents (Syntac), the solution is simple math: "If everything is dematerialized, we will have found the solutions to all the problems."


A Vital Regional Stake


The stakes extend far beyond Cameroon's borders. As the gateway to the CEMAC region, Douala also serves Chad and the Central African Republic (CAR). Its administrative burdens hinder regional integration and harm the competitiveness of the entire zone. It is within this framework that the port of Kribi was also audited under the Regional and National Infrastructure Governance Support Program (PAGIRN), funded by the European Union.


The OPA, far from being a mere academic exercise, aims to be a strategic lever. "The ultimate ambition is to strengthen trade and the competitiveness of our economies," insisted Pierre-Guillaume Boum Bissai, Resident Representative of the CEMAC Commission. Initial measures, such as the creation of a joint CEMAC task force, are already underway.


The question remains whether the September 2026 deadline will be met and whether the promise of "all-digital" can exorcise the demons of manual bureaucracy. A upcoming workshop in Yaoundé in March will allow these ambitions to be discussed with institutions from Cameroon, Chad, and the CAR, which are eagerly waiting for corridors to become trade highways, rather than parking lots for formalities.


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Didier Cebas K.

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