Un trio bancaire européen pour un défi hydrique
Les fonds proviennent d’ING Banque (Belgique) et de Belfius Bank (Belgique) à hauteur de 39,36 milliards de FCFA chacune, tandis que Deutsche Bank (Italie) complète l’enveloppe avec 25,27 milliards de FCFA. Ces ressources sont destinées à un projet présenté comme le prolongement logistique du Projet d’approvisionnement en eau potable de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga (Paepys), une infrastructure flambant neuve inaugurée en 2024.
Si le Paepys a considérablement augmenté la production d’eau en captant la Sanaga à Batschenga (300 000 m³/jour, extensible à 400 000 m³), les autorités admettent aujourd’hui un paradoxe technique : produire plus ne sert à rien si l’eau ne peut pas circuler. La station vieillissante d’Akomnyada ne fournit que 100 000 m³/jour pour une demande estimée à 315 000 m³. Le nouveau défi est donc celui de la distribution.
Objectifs chiffrés et ambitions sociales
Porté par le ministère de l’Eau et de l’Énergie, ce nouveau projet vise à "intégrer harmonieusement" dans le maillage urbain un flux supplémentaire de 285 000 m³/jour.
Concrètement, l’ambition est de faire passer le taux d’accès à l’eau potable de 40 % à 61 % dans la métropole (incluant Soa et Mbankomo), notamment via la création de 30 000 nouveaux branchements particuliers.
Sur le plan technique, Gaston Eloundou Essomba, le ministre du secteur, promet des gains d’efficacité majeurs :
Amélioration du rendement du réseau, qui passerait de 50 % à 71 % (limitant ainsi les pertes).
Augmentation de la capacité de stockage, de 100 310 m³ à 122 810 m³.
Extension du réseau avec la pose de 525 kilomètres de canalisations.
Un timing stratégique entre congrès et Objectifs de l’ONU
Cette signature est intervenue en marge de la clôture du 23? congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA) à Yaoundé. Une rencontre qui a mis en lumière un constat alarmant : l’Afrique est en retard sur l’Objectif de développement durable n°6 (ODD 6), qui vise un accès universel à l’eau potable d’ici 2030.
Alamine Ousmane Mey a d’ailleurs justifié cet emprunt par la nécessité d’"accroître la contribution du Cameroun" à cet objectif onusien. Pourtant, le chemin est encore long : à quatre ans de l’échéance, les officiels estiment que plus de 30 % de la population camerounaise n’a toujours pas accès à une eau de qualité. Ce projet de reconfiguration veut inverser la tendance, transformant l’effort de production du Paepys en un véritable service rendu aux foyers.
Cameroon secures €170 million from European banks to overhaul Yaoundé’s water network
Cameroon is stepping up its efforts to achieve universal access to clean water. On February 13, 2026, the Minister of the Economy, Alamine Ousmane Mey, signed three financing agreements totaling 111.6 billion FCFA (approx. €170 million) with three European financial institutions. The funds are earmarked for the reconfiguration of the drinking water supply system in the political capital, Yaoundé.
The funding comes from ING Bank (Belgium) and Belfius Bank (Belgium), each contributing 39.36 billion FCFA, while Deutsche Bank (Italy) provided 25.27 billion FCFA. The project is an extension of the Yaoundé Water Supply Project from the Sanaga River (PAEPYS), a major infrastructure commissioned in 2024.
While the PAEPYS plant significantly boosted production capacity by drawing from the Sanaga River, authorities acknowledge that increased output is ineffective without a modernized distribution network. The current configuration struggles to deliver water to several districts.
The goals are ambitious: to seamlessly integrate an additional flow of 285,000 m³/day into the city's network. This should increase the potable water access rate from 40% to 61% across Yaoundé, Soa, and Mbankomo, supported by 30,000 new private connections. The project also promises to boost network efficiency from 50% to 71% and add 525 km of pipelines.
This financial signing comes as experts gathered in Yaoundé for the 23rd African Water and Sanitation Association Congress warned that Africa is lagging behind on UN Sustainable Development Goal 6 (universal access to water by 2030). With over 30% of Cameroon's population still lacking access, this project is seen as a critical step to bridge the gap between production and consumption.
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Christ Ndiffong (Stagiaire)