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Cacao Cameroun : prix FOB en hausse à 2109 FCFA/kg, producteurs exclus de la manne - Café : triomphe du Robusta à Addis-Abeba

La fi?vre des matières premières ne retombe pas sur le port de Douala, mais elle dessine désormais une carte ? deux vitesses pour l'économie camerounaise. D?un c?t?, le cacao, premier pourvoyeur de devises de l'état, voit ses prix ? l?export repartir ? la hausse, sans que la manne ne ruisselle jusqu?aux planteurs. De l?autre, le caf? robusta brille sur la scène internationale, port? par un savoir-faire local de plus en plus r?compens?. Retour sur une semaine ? deux chiffres pour les filières r?gnes du pays. Cacao : Le baril de la discorde

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Alors que les cours mondiaux restent volatils, le prix de la fève camerounaise a repris des couleurs sur le marché international. Selon les dernières données du Système d’information des filières (SIF), publiées par l’Office national du cacao et du café (ONCC), le prix FOB (Free on Board) du kilogramme de cacao s’est établi à 2 109 FCFA le 10 février 2026 au port de Douala.


Un rebond spectaculaire, puisqu’il marque une progression de 300 FCFA en seulement cinq jours, après être descendu à 1 800 FCFA/kg en début de mois.


Une embellie technique qui confirme la place stratégique de la filière : au premier trimestre 2025, la fève a généré 500,3 milliards de FCFA, représentant à elle seule 44,8 % des recettes totales d’exportation du pays, détrônant même les hydrocarbures.


Pourtant, derrière ce tableau macroéconomique flatteur, la grogne couve dans les bassins de production. Malgré la flambée des cours à l’export, la rémunération des producteurs reste bloquée sous la barre symbolique des 2 000 FCFA/kg. D’après le SIF, les prix au planteur oscillent actuellement entre 1 800 et 1 900 FCFA/kg.


Un niveau dramatiquement bas au regard des projections gouvernementales, qui tablaient pour cette campagne sur des prix moyens compris entre 3 200 et 5 400 FCFA/kg


. "Nous assistons à une déconnexion inquiétante entre le marché international et le revenu du paysan", analyse Aminou Bassirou un opérateur économique . Pourtant, les souvenirs des saisons passées (6 000 FCFA/kg en 2022-2023) prouvent que des marges de manœuvre existent, laissant planer le risque d’une tension sociale dans les zones rurales.


Café : Le triomphe du "made in Cameroun"


Heureusement, l’autre pilier de l’ONCC vient redorer le blason du savoir-faire national. Alors que la filière café peine à retrouver ses volumes de production des années 1990, la qualité, elle, est bel et bien au rendez-vous.


Le Cameroun est revenu auréolé de deux distinctions majeures de l’"African Taste of Harvest 2026", qui s’est tenu du 4 au 6 février à Addis-Abeba (Éthiopie).


 Organisé en marge de la conférence annuelle de l’Association africaine des cafés fins (AFCA), ce concours a sacré le Cameroun avec une première place pour son Robusta naturel. Le pays a également décroché la troisième place dans la catégorie "Robusta naturel produit par des femmes", une distinction qui, selon l’ONCC, met en lumière "la montée en puissance des femmes dans le secteur".


Ces récompenses internationales, principalement obtenues sur la variété Robusta, contrastent avec la filière cacao sur un point essentiel : la transformation locale. "À l’opposé du cacao, dont la transformation locale est majoritairement contrôlée par des entreprises étrangères, la torréfaction du café au Cameroun reste largement portée par des acteurs nationaux". Des acteurs qui trustent régulièrement les podiums, comme en témoigne la razzia de cinq prix sur neuf lors des Awards de l’AVPA en France.


Un paradoxe qui persiste


Si la qualité du café est un motif de fierté nationale, la quantité, elle, reste un défi. La production de Robusta stagne à 10 377 tonnes sur la saison 2024-2025, principalement concentrée dans le Littoral et l’Ouest. Un chiffre loin des objectifs gouvernementaux, qui illustre les difficultés structurelles d’une filière en quête de renaissance.


Alors que le cacao finance l’économie sans toujours récompenser ses producteurs, le café prouve que l’excellence camerounaise a de beaux jours devant elle... pourvu qu’on lui donne les moyens de pousser.




Cocoa and Coffee in Cameroon: The Age of Contrasts


The commodity fever continues at the port of Douala, but it now paints a two-speed picture for the Cameroonian economy. On one hand, cocoa, the country's primary source of foreign currency, is seeing its export prices rise again, without the windfall trickling down to the farmers. On the other hand, Robusta coffee is shining on the international stage, driven by local expertise that is increasingly being rewarded. A look back at a two-faceted week for the nation's key sectors.


Cocoa: A Barrel of Discord


Amidst ongoing global volatility, the price of Cameroonian beans has recovered on the international market. According to the latest data from the Sector Information System (SIF), published by the National Cocoa and Coffee Board (ONCC), the FOB (Free on Board) price per kilogram of cocoa stood at 2,109 FCFA on February 10, 2026, at the port of Douala.


This represents a spectacular rebound, marking an increase of 300 FCFA in just five days, after dropping to 1,800 FCFA/kg earlier in the month
. This uptick confirms the sector's strategic importance: in the first quarter of 2025, cocoa beans generated 500.3 billion FCFA, accounting for a staggering 44.8% of the country's total export revenue, even outstripping hydrocarbons.


However, behind this favorable macroeconomic picture, discontent is brewing in the production basins. Despite the surge in export prices, farmer remuneration remains stuck below the symbolic threshold of 2,000 FCFA/kg. According to the SIF, farmgate prices are currently hovering between 1,800 and 1,900 FCFA/kg.


This level is dramatically low compared to government projections, which had forecast average producer prices between 3,200 and 5,400 FCFA/kg for this season. "We are witnessing a worrying disconnect between the international market and the farmer's income," a economic operator commented anonymously. Memories of past seasons (6,000 FCFA/kg in 2022-2023) prove that margins do exist, raising the risk of social tension in rural areas.


Coffee: The Triumph of "Made in Cameroon"


Fortunately, the other pillar of the ONCC is restoring the nation's reputation for expertise. While the coffee sector continues to struggle to regain its production volumes from the 1990s, quality is most certainly present.


Cameroon has returned with two major distinctions from the "African Taste of Harvest 2026," held from February 4 to 6 in Addis Ababa, Ethiopia. Held on the sidelines of the African Fine Coffees Association (AFCA) annual conference, the competition crowned Cameroon with a first-place win for its natural Robusta. The country also secured third place in the "Natural Robusta produced by women" category, an award that, according to the ONCC, highlights "the growing role of women in the sector".


These international accolades, obtained mainly for the Robusta variety, contrast with the cocoa sector on a crucial point: local processing. "Unlike cocoa, whose local processing is largely controlled by foreign companies, coffee roasting in Cameroon remains predominantly driven by national players". These players regularly dominate podiums, as evidenced by their sweep of five out of nine awards at the AVPA Awards in France.


A Persistent Paradox


While coffee quality is a source of national pride, quantity remains a challenge. Robusta production stagnated at 10,377 tons in the 2024-2025 season, mainly concentrated in the Littoral and West regions


. This figure falls far short of government targets, illustrating the structural difficulties of a sector seeking a renaissance.


As cocoa funds the economy without always rewarding its producers, coffee proves that Cameroonian excellence has a bright future... provided it is given the means to thrive.


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Christ Ndiffong (Stagiaire)

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