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Fonds routier : les tensions de trésorerie freinent l'entretien du réseau camerounais

Le financement de l?entretien du r?seau routier camerounais traverse une zone de turbulences. Le Fonds routier, pilier du dispositif national de maintenance des infrastructures, voit ses capacit?s d?intervention durablement contraintes par des tensions de trèsorerie r?currentes. En cause : des encaissements bien en de?? des dotations prévues par les lois de finances successives.

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Selon le ministère des Travaux publics (Mintp), tutelle technique du Fonds, les ressources effectivement perçues se sont élevées à 35 milliards de FCFA en 2023, 30 milliards en 2024 et 35 milliards en 2025, alors que 60 milliards de FCFA étaient inscrits chaque année au budget. Cet écart structurel réduit la marge de manœuvre de l’institution, chargée d’assurer la continuité des travaux d’entretien sur l’ensemble du territoire.


Un mécanisme théoriquement protecteur, mais fragilisé


Le Mintp souligne que cette situation contrevient à l’esprit de la convention ayant instauré le mécanisme de débit d’office. Ce dispositif devait garantir au Fonds routier un versement mensuel équivalent au douzième de son budget annuel, afin de sécuriser le financement des chantiers et d’éviter les ruptures de trésorerie.


Dans la pratique, les contraintes budgétaires de l’État ont mis à mal ce mécanisme. En novembre 2025, les crédits destinés au Fonds routier ont été suspendus, illustrant des arbitrages financiers particulièrement serrés.


Arbitrages budgétaires : priorité aux charges régaliennes


Par une correspondance datée du 11 novembre 2025, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a notifié à l’administrateur du Fonds routier la suspension des débits d’office pour novembre et décembre. Cette décision visait à permettre au Trésor public de faire face à des dépenses jugées prioritaires : paiement des salaires, règlement des pensions et couverture partielle du service de la dette extérieure.


À cette période, les arriérés liés à la dette extérieure atteignaient 145 milliards de FCFA. L’arbitrage opéré au détriment de l’entretien routier met en lumière la hiérarchisation des urgences budgétaires dans un contexte de pression sur les finances publiques.


Impact direct sur les chantiers


Pour l’exercice 2025, le Fonds routier annonçait un budget prévisionnel de 61,4 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, 25,8 milliards de FCFA ont été injectés dans l’économie nationale via le paiement des prestations aux entreprises de travaux publics.


Cependant, le décalage persistant entre les dotations théoriques et les ressources effectivement encaissées — oscillant entre 30 et 35 milliards de FCFA — fragilise la programmation des interventions, retarde certains chantiers et complique la régularité des paiements aux prestataires.


Dans un pays où la qualité du réseau routier conditionne la mobilité, les échanges économiques et le développement territorial, la soutenabilité du financement de l’entretien apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique.




Cameroon Road Fund Under Pressure as Cash Constraints Disrupt Maintenance Financing


Cameroon’s road maintenance financing system is facing mounting pressure as recurring cash flow constraints limit the operational capacity of the Road Fund, a key institution responsible for sustaining the national road network.


According to the Ministry of Public Works, the Fund received only CFA 35 billion in 2023, CFA 30 billion in 2024, and CFA 35 billion in 2025, far below the CFA 60 billion allocated annually in finance laws. This persistent gap weakens the Fund’s ability to ensure continuous maintenance works across the country.


A dedicated automatic debit mechanism was designed to guarantee monthly transfers equal to one-twelfth of the annual budget, securing project continuity. However, fiscal pressures disrupted this framework. In November 2025, credits earmarked for the Road Fund were suspended as part of broader budgetary arbitrations.


In a letter dated November 11, 2025, Finance Minister Louis Paul Motaze informed the Fund’s administrator that automatic debits for November and December would be halted. The Treasury prioritized essential expenditures, including salaries, pensions, and part of the external debt service, which had accumulated arrears of CFA 145 billion.


For 2025, the Road Fund projected a CFA 61.4 billion budget, with CFA 25.8 billion already injected into the domestic economy through payments to public works companies. Yet the mismatch between planned allocations and actual receipts continues to disrupt project scheduling and contractor payments.


Given the strategic importance of road infrastructure for mobility and economic development, the sustainability of maintenance financing remains a critical policy challenge for Cameroon.


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Mouahna Divine

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