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Bois transformé et café: le Cameroun accélère sa monté en valeur malgré une filière encore à la peine

Le Cameroun poursuit discr?tement mais r?solument sa mutation économique dans deux filières stratégiques : le bois et le caf?. Les dernières donn?es officielles révèlent une dynamique contrast?e ? d?un c?t?, une montée en gamme dans l?exportation du bois, de l?autre, une filière caf? qui montre des signes de reprise sans encore retrouver son niveau historique.

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Selon le rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), publié par le ministère de l’Économie, la part des exportations de grumes — le bois brut — a été divisée par deux entre 2019 et 2023, passant de 8 % à 4 % des ventes extérieures. Ce recul s’accompagne d’une progression des produits transformés, notamment le bois scié, qui représente désormais jusqu’à 16 % des exportations hors hydrocarbures.


Cette évolution traduit la volonté des pouvoirs publics de capter davantage de valeur localement. À l’horizon 2028, l’espace Cemac prévoit l’arrêt progressif des exportations de bois brut. Pour anticiper cette échéance, le Cameroun a durci la fiscalité sur les grumes : le droit de sortie a été multiplié sur la période 2017-2024 pour atteindre 75 % de la valeur FOB. Parallèlement, la taxation des sciages issus de la première transformation a aussi progressé, mais de façon plus mesurée.


À l’inverse, des incitations ciblées soutiennent l’industrialisation du secteur. Depuis 2023, les équipements destinés à la transformation du bois bénéficient d’exonérations fiscales. Le gouvernement prévoit également deux zones industrielles spécialisées dans la région de l’Est, sur plus de 200 hectares. Les premiers effets se dessinent déjà : les exportations de placages — produits à transformation plus poussée — ont progressé de 15 % en 2022, signe d’un début de montée en gamme.


Sur le front agricole, la campagne caféière 2024-2025 confirme la prédominance du robusta, pilier de la filière nationale. Selon l’Office national du cacao et du café (ONCC), l’Italie, l’Algérie et la Belgique ont absorbé plus de 60 % des exportations de robusta camerounais. La production atteint un peu plus de 10 000 tonnes, portée principalement par les bassins du Littoral et de l’Ouest, tandis que l’Est et l’Adamaoua affichent une progression notable.


L’arabica, plus sensible aux contraintes climatiques, reste marginal avec un peu plus de 1 200 tonnes produites, concentrées dans le Nord-Ouest et l’Ouest. Malgré cette embellie relative, la filière café demeure loin de ses ambitions. Les objectifs nationaux — 125 000 tonnes de robusta et 35 000 tonnes d’arabica — restent hors de portée. Les professionnels pointent les effets du climat, mais aussi une rentabilité jugée insuffisante, qui freine l’engagement des producteurs.


Résultat : la production nationale actuelle ne représente qu’une fraction des volumes atteints dans les années 1990. Le défi pour le Cameroun consiste désormais à consolider la transformation locale du bois tout en relançant durablement une filière café stratégique pour les exportations agricoles.




Cameroon boosts value-added timber exports while coffee sector struggles to recover


Cameroon is steadily reshaping two key economic sectors — timber and coffee — revealing a mixed but strategic trajectory aimed at increasing local value creation.


A mid-term evaluation of the country’s 2020-2030 National Development Strategy shows that raw log exports were cut in half between 2019 and 2023, dropping from 8% to 4% of total exports. This decline has been offset by stronger growth in processed wood products, particularly sawn timber, which now accounts for up to 16% of non-oil exports.


The shift reflects government policy to promote domestic processing ahead of a planned regional ban on raw log exports within the CEMAC bloc by 2028. To prepare the sector, authorities sharply increased export duties on raw timber while introducing tax incentives for industrial equipment. Dedicated wood-processing industrial zones are also being developed in the eastern region. Early signs are visible: veneer exports — representing higher-value processing — rose significantly in 2022.


Meanwhile, the 2024-2025 coffee season confirms the dominance of Robusta, Cameroon’s main coffee variety. Italy, Algeria, and Belgium together absorbed over 60% of exports. Production exceeded 10,000 tons, driven by coastal and western growing regions, with emerging growth in the East and Adamawa.


Arabica output remains limited due to climate constraints, despite a modest increase this season. Overall, the sector remains far below national recovery targets. Industry players cite climate pressures and weak farmgate prices as key obstacles.


Today’s production represents only a fraction of the volumes recorded in the 1990s. Cameroon’s challenge is therefore twofold: consolidating gains in timber industrialization while rebuilding competitiveness in its coffee value chain.


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Mouahna Divine

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