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Crise en Afrique de l'Ouest et dans la Corne : L'opposition bissau-guinéenne résiste, l'armée soudanaise avance, et la tension éthio-érythréenne explose

Les soubresauts politiques et militaires secouent plusieurs r?gions du continent cette semaine, r?v?lant des crises aux enjeux profonds et aux r?percussions humaines dramatiques. De la Guinée-Bissau au Soudan, en passant par la Corne de l'Afrique, les développements r?cents dessinent une carte des tensions.

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En Guinée-Bissau, la transition politique pilotée par les militaires depuis le coup d’État du 1er décembre 2023 connaît un nouveau blocage. Les deux principaux leaders de l’opposition, Domingos Simoes Pereira (PAIGC) et Fernando Dias, ont catégoriquement refusé une proposition émanant des autorités militaires, transmise via la CEDEAO. Cette dernière leur offrait trois postes ministériels et dix sièges au Conseil national de transition (CNT), l'organe faisant office de parlement. « Nous ne salirons pas nos noms », a lancé Fernando Dias à Radio France Internationale (RFI), ajoutant qu'une telle participation serait politiquement insignifiante. Cette fin de non-recevoir fragilise la feuille de route de la CEDEAO et isole un peu plus la junte, alors que Pereira est en résidence surveillée et que Dias opère sous strictes restrictions.


À près de 5 000 km de là, au Soudan, l’armée régulière revendique une victoire stratégique. Après plus de deux ans de siège, ses troupes affirment avoir repris la ville de Kadugli, capitale de l’État du Kordofan du Sud, aux Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ». Dans un communiqué, l’armée soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Bourhan a parlé d’une « bataille héroïque » ayant permis de rouvrir la route vitale reliant Kadugli à Dilling, une artère d’approvisionnement pour une population au bord de la famine. Ce conflit, qui a éclaté en avril 2023 entre les deux généraux, a déjà fait au moins 40 000 morts et déplacé 14 millions de personnes, plongeant le pays dans l’une des pires crises humanitaires au monde.


Dans la Corne de l’Afrique, une violente passe d’armes verbale a éclaté entre l’Éthiopie et l’Érythrée, menaçant la fragile paix dans la région du Tigré. Devant le parlement éthiopien, le Premier ministre Abiy Ahmed a lancé des accusations extrêmement graves contre son ancien allié, le président érythréen Isaias Afwerki. Il a publiquement accusé les forces érythréennes d’avoir perpétré des « massacres de jeunes » et des pillages systématiques pendant la guerre du Tigré (2020-2022), notamment dans les villes saintes d’Aksoum et d’Adoua. Des accusations qualifiées de « mensonges éhontés et méprisables » par le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel. Cette diatribe publique, qui nie que le différend actuel soit lié aux revendications maritimes d'Addis-Abeba, fait craindre une résurgence des hostilités dans le nord de l'Éthiopie.


Signe tangible de ces tensions persistantes, Ethiopian Airlines avait suspendu pendant cinq jours tous ses vols vers la région du Tigré, avant de les reprendre ce jeudi 1er février. Cette décision, liée selon les observateurs à une montée des frictions entre le gouvernement fédéral et les autorités régionales tigréennes, illustre la volatilité de la situation malgré l’accord de paix de novembre 2022.


Alors que la communauté internationale, à travers l’Union africaine et la CEDEAO, tente de promouvoir le dialogue, la résistance des opposants bissau-guinéens, les avancées militaires au Soudan et l’explosion verbale entre l’Éthiopie et l’Érythrée rappellent avec force la complexité et l’urgence des crises qui traversent le continent.


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West Africa and the Horn in Turmoil: Bissau-Guinean Opposition Stands Firm, Sudanese Army Advances, and Ethiopia-Eritrea Tensions Boil Over


Political and military upheavals are shaking several regions of the continent this week, revealing crises with deep stakes and dramatic human repercussions. From Guinea-Bissau to Sudan, and through the Horn of Africa, recent developments paint a map of heightened tensions.


In Guinea-Bissau, the political transition steered by the military since the December 1st, 2023 coup faces a new deadlock. The two main opposition leaders, Domingos Simoes Pereira (PAIGC) and Fernando Dias, have categorically refused a proposal from the military authorities, transmitted via ECOWAS. It offered them three ministerial posts and ten seats in the National Transition Council (CNT), the body acting as parliament. "We will not tarnish our names," Fernando Dias told Radio France Internationale (RFI), adding that such participation would be politically insignificant. This rebuff weakens ECOWAS's roadmap and further isolates the junta, while Pereira is under house arrest and Dias operates under strict restrictions.


Nearly 5,000 km away, in Sudan, the regular army is claiming a strategic victory. After more than two years of siege, its troops claim to have retaken the city of Kadugli, capital of South Kordofan State, from the Rapid Support Forces (RSF) of Mohamed Hamdan Dagalo, known as 'Hemedti'. In a statement, the Sudanese army led by General Abdel Fattah al-Burhan spoke of a "heroic battle" that allowed the reopening of the vital road linking Kadugli to Dilling, a supply lifeline for a population on the brink of famine. This conflict, which erupted in April 2023 between the two generals, has already killed at least 40,000 people and displaced 14 million, plunging the country into one of the world's worst humanitarian crises.


In the Horn of Africa, a fierce war of words has erupted between Ethiopia and Eritrea, threatening the fragile peace in the Tigray region. Before the Ethiopian parliament, Prime Minister Abiy Ahmed leveled extremely grave accusations against his former ally, Eritrean President Isaias Afwerki. He publicly accused Eritrean forces of committing "massacres of young people" and systematic looting during the Tigray war (2020-2022), notably in the holy cities of Aksum and Adwa. Accusations dismissed as "outrageous and despicable lies" by Eritrean Information Minister Yemane Gebremeskel. This public diatribe, which denies the current dispute is linked to Addis Ababa's maritime claims, fuels fears of a resurgence of hostilities in northern Ethiopia.


A tangible sign of these persistent tensions, Ethiopian Airlines suspended all its flights to the Tigray region for five days, before resuming them this Thursday, February 1st. This decision, linked by observers to rising friction between the federal government and Tigrayan regional authorities, illustrates the volatility of the situation despite the November 2022 peace agreement.


As the international community, through the African Union and ECOWAS, tries to promote dialogue, the resistance of Bissau-Guinean opponents, military advances in Sudan, and the verbal explosion between Ethiopia and Eritrea starkly remind us of the complexity and urgency of the crises sweeping across the continent.


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Moussa Nassourou

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