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Blé : la facture s'alourdit au Cameroun, l'urgence d'une production locale relancée

Au deuxiâme trimestre 2025, le Cameroun a importé 278 408 tonnes de bl? pour une valeur d?passant 45 milliards de FCFA, selon les donn?es du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC). Compar?es ? la même p?riode en 2024, ces importations enregistrent une progression notable : +8,4 % en valeur et +2,9 % en volume, contre 270 645 tonnes pour 41,5 milliards de FCFA un an plus t?t.

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Cette dynamique confirme le poids stratégique du blé dans la dépendance alimentaire du pays et son rôle croissant dans l’aggravation du déficit commercial camerounais. Denrée de base pour les ménages urbains et pilier de l’industrie meunière, le blé demeure largement tributaire des marchés extérieurs, dans un contexte international marqué par la volatilité des prix agricoles.


La Pologne reste un fournisseur clé, malgré un léger recul


Les statistiques officielles ne détaillent pas l’ensemble des pays d’origine des importations. Toutefois, les données sectorielles indiquent que la Pologne demeure l’un des principaux fournisseurs du Cameroun. Au deuxième trimestre 2025, les importations de blé en provenance de ce pays se sont élevées à 18,2 milliards de FCFA, contre 20 milliards de FCFA à la même période en 2024. Ce léger repli est interprété par les analystes comme un ajustement des sources d’approvisionnement, plutôt qu’un désengagement.


Un produit stratégique dans la structure des importations


Dans la structure globale des importations camerounaises, le blé représente 4 % de la valeur totale, au même niveau que le riz, et derrière le poisson congelé (7 %). Cette composition met en lumière une dépendance persistante aux importations de produits alimentaires stratégiques, aussi bien pour la consommation que pour la transformation industrielle.


Relancer la filière locale pour desserrer l’étau des importations


Face à cette facture jugée structurellement lourde, la question de la substitution aux importations revient avec insistance dans le débat public. C’est dans ce contexte que l’Institut de recherches agronomiques pour le développement (IRAD) a lancé, le 23 janvier 2026, la campagne de récolte de semences de base de blé à Wassandé, dans la région de l’Adamaoua. Le site concerné abritait autrefois la Société de développement du blé (Sodéblé), aujourd’hui disparue après une faillite survenue il y a plusieurs décennies.


Les autorités annoncent une production attendue de 600 tonnes de semences de base pour cette campagne. Ces semences sont destinées aux multiplicateurs, chargés de produire des volumes plus importants de semences certifiées, qui seront ensuite mises à la disposition des agriculteurs par le ministère de l’Agriculture.


Selon l’IRAD, la production cumulée de semences de base à Wassandé, engagée depuis un peu plus de trois ans, devrait atteindre 1 600 tonnes dans les prochains jours.


Un soutien financier de l’État pour une filière stratégique


Cette initiative s’inscrit dans la volonté affichée du gouvernement de relancer durablement la production locale de blé. En juillet 2022, le président de la République avait autorisé le déblocage progressif d’une enveloppe de 10 milliards de FCFA sur cinq ans, mise à la disposition de l’IRAD selon les disponibilités budgétaires.


Ces financements ont permis de réhabiliter plusieurs sites de production, de relancer la multiplication de semences de base et certifiées, et d’en assurer la distribution aux producteurs. À terme, l’objectif affiché est clair : réduire la dépendance aux importations, renforcer la sécurité alimentaire et atténuer la pression du blé sur la balance commerciale du Cameroun.




Wheat imports rise in Cameroon as authorities push for local production


In the second quarter of 2025, Cameroon imported 278,408 tonnes of wheat worth more than CFA 45 billion, according to figures released by the National Shippers’ Council of Cameroon (CNCC). Compared to the same period in 2024, imports increased by 8.4% in value and 2.9% in volume, up from 270,645 tonnes valued at CFA 41.5 billion a year earlier.


This trend highlights the strategic weight of wheat in Cameroon’s food dependency and its growing contribution to the country’s trade deficit. As a staple for urban households and a key input for the milling industry, wheat remains heavily dependent on international markets, at a time of global price volatility.


Despite limited official data on countries of origin, sectoral statistics show that Poland remains a major supplier. Wheat imports from Poland amounted to CFA 18.2 billion in Q2 2025, down slightly from CFA 20 billion a year earlier, reflecting an adjustment in sourcing rather than a structural shift.


Wheat accounts for 4% of Cameroon’s total import value, alongside other strategic food products such as frozen fish (7%) and rice (4%). This structure underlines the country’s continued reliance on foreign markets to meet cereal demand.


To curb this dependency, authorities are reviving local production. On January 23, 2026, the Institute of Agricultural Research for Development (IRAD) launched a wheat seed harvesting campaign in Wassandé, Adamawa region, on a site once operated by the now-defunct Société de développement du blé (Sodéblé). The campaign is expected to yield 600 tonnes of basic wheat seeds, which will be supplied to seed multipliers before distribution to farmers through the Ministry of Agriculture.


Since the programme began over three years ago, total basic seed production at Wassandé is expected to reach 1,600 tonnes in the coming days. The initiative is backed by a CFA 10 billion government funding package, approved in July 2022 and disbursed over five years, aimed at reducing import bills, strengthening food security and easing pressure on Cameroon’s trade balance.


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Mouahna Divine

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