Crash du Boeing de la Camair en 1995: Les clarifications du gouvernement
Le propos liminaire du ministre de la Communication, porte parole du gouvernement lors de la conférence de presse de mardi.
«Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie d\'avoir accepté une fois de plus de répondre 8 cette invitation qui sera principalement consacrée à une communication relative à un sujet pathétique, par rapport auquel la réalité des faits s\'est vue substituer par des allégations mensongères et conflictogènes, alimentées ces derniers temps par certaines personnes aux intentions manifestement orientées vers la volonté de déstabiliser les institutions de la République et de démobiliser les efforts d\'un peuple résolument déterminé à bâtir une nation démocratique, solidaire, tolérante et unie en vue de son développement progressif et certain.
Il s\'agit, vous vous en êtes certainement doutés, de l\'affaire de l\'indemnisation des victimes du sinistre, du Boeing 737-200 TJ-CBE de la Cameroon Airlines survenu le 3 décembre 1995 à Douala, qui fait couler tant d encre et de salive depuis un certain temps, sous l\'impulsion de remueurs d\'opinions aux intentions cachées derrière un pseudo patriotisme aux relents macabres, qui se servent malheureusement d\'une certaine presse, ayant, au mépris des valeurs cardinales de votre profession, sacrifié la promotion de la vérité à l\'autel des affirmations mal fondées.
Mesdames et Messieurs,
Comme je vous l\'ai toujours fait savoir, le temps des médias n\'est pas le temps des pouvoirs publics, car face à la précipitation des premiers justifiée par leur recherche de la primeur de l\'information à tout prix ou plutôt du sensationnel, le gouvernement, pour sa part, se doit de procéder à chaque fois, dans une approche critique et responsable, aux recoupements et aux investigations nécessaires, avant de mettre à la disposition de l\'opinion une information frappée du sceau de l\'incontestabilité.
Dans cet esprit, après les vérifications appropriées à la suite des allégations sus-évoquées qui étaient de nature à porter un sérieux discrédit à l\'image de notre pays aux plans interne et international, il y a lieu d\'affirmer que la situation du sinistre du Boeing 737-200 TJ-CBE de la Cameroon Airlines survenu le 3 décembre 1995 à Douala révèle les données suivantes, sur la base des informations vérifiables sur pièces, qui nous ont été transmises de manière officielle par la compagnie d\'assurance dénommée Chams Assurance SA.
L\'appareil sinistré dont il est sorti trois rescapés, à savoir un Camerounais, un Libérien et un Béninois, comptait en tout 71 passagers de plusieurs nationalités : 43 Camerounais ; huit Béninois ; six Nigériens ; trois Sénégalais ; deux Libériens ; deux Togolais ; un Nigérian ; un Français ; un Congolais ; un Malien ; un Suisse-canadien ; un Néerlandais; un Allemand.
De l\'appréciation des documents qui ont été mis à la disposition du gouvernement par les responsables de Chattes assurance SA, il ressort les observations suivantes:
- Premièrement, trois cas parmi les 71 sinistrés n\'ont guère fait l\'objet de réclamations jusqu\'au délai légal de prescription prévu par la convention de Varsovie, qui est de deux ans à compter de la date de décollage de l\'avion sinistré. n s\'agit d\'un Libérien, d\'un Sénégalais et d\'un Camerounais;
- Deuxièmement, un cas se trouve encore en cours de procédure judiciaire, concernant un sinistré de nationalité béninoise.
En dehors de ces cas de non réclamation et de procédure judiciaire pendante, tous les autres sinistrés ont été indemnisés pour les montants globaux ci-dessous :
- Indemnités principales réglées en FCFA et payées aux ayants droit des victimes ou aux rescapés: deux milliards 47 millions 483 mille 351 flancs.
- Autres frais réglés tels que les frais de bagages, les honoraires d\'avocats, les frais funéraires, les frais de rapatriement, les frais de sauvetage ou les frais d\'évacuation sanitaire : 172 millions 760 mille 042 FCFA.
Vous aurez bien noté dans mon propos que l\'identité des bénéficiaires n\'est pas révélée, ni les montants individuels perçus.
Cette précaution est conforme aux ententes convenues entre les bénéficiaires et l\'assureur, et aux engagements pris de ce fait par ce dernier vis-à-vis des ayants droit et des victimes rescapées.
Toutefois, pour votre gouverne, l\'administration détient la liste complète des personnes concernées et les montants qui leur ont été payés sous décharge. Toute revendication subséquente pourra donc faire l\'objet d\'une vérification appropriée. Parlant des critères d\'indemnisation, il est à préciser que outre les sommes allouées au titre des frais de bagages, des honoraires d\'avocats, des frais funéraires, des frais de rapatriement, des frais de sauvetage ou des frais d\'évacuation sanitaire, les critères ayant senti à fixer les montants des indemnités principales ont reposé sur quatre principaux éléments :
- la législation ou la réglementation applicable;
- l’âge de la victime
- la situation de famille ;
- la situation économique du passager,
Sur un tout autre plan, il est à rappeler en ce qui concerne le Boeing de la Cameroon Airlines, que la compagnie camerounaise a reçu pour l\'appareil qui a été détruit la somme de sept millions de dol, lare américains.
Mesdames et Messieurs,
Le gouvernement de la République a bien voulu porter à votre connaissance la somme de ces informations qui sont à votre convenance vérifiables sur pièces, en vue de contredire par la vérité des faits toutes les allégations -et autres tentatives de désinformation qui ont été alimentées à travers une certaine presse pour semer l\'amalgame, le doute et certainement le mécontentement de nos populations au sujet de la gestion d\'un évènement douloureux pour lequel on se souvient pourtant que le peuple camerounais tout entier, à travers les actes de compassion et de solidarité qui se sont notamment traduits par des offices religieux à caractère œcuménique, s\'était uni autour de son chef, le président de la République, S.E.M. Paul Biya, pour porter dignement le deuil de nos frères et saurs décédés à cette triste occasion.
Mesdames et Messieurs,
J\'ai fait remarquer au début de mon propos que cette information constituait le sujet principal de notre rencontre.
Toutefois, le diktat de l\'actualité et la pression de l\'attente que trahit votre impatience à peine dissimulée m\'amènent par, une anticipation mesurée, à vous rappeler que le samedi 22 septembre 2012 aux aurores, le tribunal de Grande Instance du Mfoundi, en audience criminelle, a dit son verdict au terme d\'une longue séance\' débutée la veille dans l\'après-midi sur l\'affaire du Boeing Business Jet, en abrégé BBJ, relative au détournement de 29 millions de dollars débloqués par l\'Etat du Cameroun pour l\'acquisition d\'un avion devant servir aux déplacements du président de la République.
Ce verdict est tombé après le jugement par défaut d\'un certain nombre de mis en cause se trouvant en fuite et le jugement de contradictoire à l\'égard de ceux qui étaient présents aux assises.
Ledit verdict a fait suite au réquisitoire du Ministère public sollicitant l\'application de l\'article 184 du code pénal qui prévoit l\'emprisonnement à vie en cas de détournement d\'un montant excédant 500000 FCFA.
Toutefois, le tribunal a reconnu à l\'ensemble des personnes concernées des circonstances atténuantes, mais les a respectivement déclarées coupables en coaction et complices de détournement de la somme de 29 millions de dollars, toute chose qui a correspondu pour les uns et les autres à une condamnation de 25, de 1.5 et de 10 ans d\'emprisonnement ferme, et pour tous, à une sanction pécuniaire se rapportant au payement solidaire à titre de dommages-intérêts à l\'Etat du Cameroun de la somme de 21 milliards de FCFA, puis d\'une amende de un milliard de FCFA.
Vous l\'aurez bien compris, il n\'est guère question pour nous de procéder à un quelconque commentaire de la décision ainsi prononcée par la justice, loin s\'en faut.
Toutefois, en prenant acte, le gouvernement de la République se réjouit de ce que l\'assainissement et la moralisation de la vie publique prescrit par le chef de l\'Etat SE.M. Paul Biya se mettent continuellement en œuvre à travers l\'action des instances compétentes, qu\'il s\'agisse des tribunaux, du ministère en charge du contrôle supérieur de l\'Etat, de la CONAC ou de l\'ANJP;
Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,
A présent que vous êtes en possession de toutes ces informations officielles, permettez-moi d\'au-peler votre attention sur une exigence fondamentale de votre profession, qui se situe dans l\'impératif d\'un juste équilibre entre la liberté et la responsabilité.
En effet, toute expression de la liberté se doit, dans une société de droit, d\'obéir à une loi implicite de la juste mesure des choses et à une exigence d\'autolimitation, prescrite par le devoir moral et l\'obligation patriotique de la priorisation de la paix et de la cohésion nationale au détriment des pulsions et des intérêts individuels.
C\'est à ce titre que j\'invite une fois de plus individuellement chacun d\'entre vous à l\'acceptation d\'un contrat d\'honneur, basé sur le respect des canons professionnels, des exigences déontologiques et de l\'amour de la patrie, pour démontrer aux yeux du monde notre attachement aux valeurs essentielles qui justifie notre singularité, à savoir le respect des libertés fondamentales et la protection de la cohésion sociale, de l\'unité nationale et de l\'intégrité de notre territoire.
Sur cet appel à une refondation des relations qui lient la presse et les pouvoirs institutionnels en vue d\'une information plurielle de qualité, je vous réitère l\'imminence certaine de la tenue des états généraux de la communication, dont les derniers préparatifs au niveau de mon département ministériel sont à pied d\'œuvre.
Cette rencontre capitale qui est envisagée dans le sens d\'une implication de tous les acteurs publics et privés à l\'élaboration et à la mise en ouvre de la politique gouvernementale en matière de communication sociale aura pour but de réunir l\'ensemble des acteurs de ce secteur d\'activités, ainsi qu\'un certain nombre de partenaires institutionnels, pour réfléchir, débattre et élaborer de manière participative les nouvelles règles opération nettes qui devront à l\'avenir régir la communication sociale dans notre pays, afin notamment de confirmer la presse dans son rôle de vecteur de la cohésion sociale et du développement.
Je vous remercie.»
Crash du Boeing de la Camair en 1995: Les clarifications du gouvernement - Le propos liminaire du ministre de la Communication, porte parole du gouvernement lors de la conférence de presse d
\"...Je vous remercie d\'avoir accepté une fois de plus de répondre 8 cette invitation qui sera principalement consacrée à une communication relative à un sujet pathétique, par rapport auquel la réalité des faits s\'est vue substituer par des allégations mensongères et conflictogènes, alimentées ces derniers temps par certaines personnes aux intentions manifestement orientées vers la volonté de déstabiliser les institutions de la République...\"