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Engrais : le Cameroun alourdit sa facture extérieure et accélère vers une production locale à 500 milliards FCFA

L'addition continue de grimper. Selon la dernière note de conjoncture économique, les importations d?engrais du Cameroun ont atteint 44,4 milliards de FCFA au premier semestre 2025, contre 40,2 milliards de FCFA ? la même p?riode en 2024. Une hausse de 10,4 % qui met en lumière la d?pendance persistante du pays aux march?s internationaux pour un intrant stratégique de son agriculture.

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Pilier central de la productivité agricole, l’engrais conditionne directement les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus des producteurs. Mais en s’appuyant massivement sur l’importation pour satisfaire la demande nationale, le Cameroun expose sa filière agricole aux fluctuations des prix mondiaux, aux tensions logistiques et aux ruptures d’approvisionnement, dans un contexte international marqué par l’instabilité.


Face à cette vulnérabilité structurelle, les autorités camerounaises entendent changer de paradigme. La stratégie gouvernementale s’oriente vers le développement d’une industrie nationale de production d’engrais, combinant subventions ciblées, partenariats public-privé (PPP) et promotion d’unités industrielles locales. L’objectif est clair : réduire la facture extérieure, sécuriser les intrants agricoles et stabiliser les coûts pour les producteurs.


Dans cette dynamique, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) a lancé un appel à manifestation d’intérêt en vue du recrutement de cabinets spécialisés pour conduire une étude Front-End Engineering Design (FEED). Cette étape technique cruciale devra évaluer la faisabilité technique, économique et financière d’une future unité de production d’engrais chimiques au Cameroun.


Le projet est déjà inscrit dans le Document de programmation budgétaire et économique à moyen terme (DPBEMT) 2026-2028. Son coût est estimé à 500 milliards de FCFA, avec une réalisation envisagée sous forme de partenariat public-privé, le Minmidt assurant le rôle de maître d’ouvrage.


Si cette unité industrielle venait à se concrétiser, elle marquerait un tournant stratégique pour l’économie agricole camerounaise. Au-delà de la réduction de la dépendance extérieure, le projet pourrait contribuer à sécuriser durablement les intrants agricoles, améliorer la compétitivité du secteur et renforcer la résilience de l’agriculture nationale face aux chocs internationaux.




Fertilizers: Cameroon’s import bill rises as the country moves toward a 500 billion CFA francs local production project


Cameroon’s fertilizer import bill continues to rise. According to the latest economic outlook report, fertilizer imports reached 44.4 billion CFA francs in the first half of 2025, up from 40.2 billion CFA francs over the same period in 2024. This represents a 10.4% increase, highlighting the country’s continued dependence on international markets for a key agricultural input.


Fertilizers are a major driver of agricultural productivity, directly influencing crop yields, farm competitiveness and farmers’ incomes. However, Cameroon’s heavy reliance on imports exposes the sector to global price volatility, supply disruptions and logistical constraints, especially in an uncertain international environment.


To address this vulnerability, the government is accelerating efforts to develop domestic fertilizer production. The strategy includes targeted subsidies, public-private partnerships (PPPs) and the promotion of local industrial plants, with the aim of reducing the external bill and stabilizing costs for farmers in the medium term.


As part of this process, the Ministry of Mines, Industry and Technological Development (Minmidt) has launched a call for expressions of interest to recruit consulting firms to carry out a Front-End Engineering Design (FEED) study. The study will assess the technical, economic and financial feasibility of a future chemical fertilizer production unit.


The project is already included in the 2026–2028 Medium-Term Budget and Economic Programming Document, with an estimated cost of 500 billion CFA francs. It is expected to be implemented through a public-private partnership, with Minmidt acting as the contracting authority.


If completed, the project would represent a major milestone in securing agricultural inputs, reducing external dependence and strengthening the resilience of Cameroon’s agricultural sector.


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Christ Ndiffong (Stagiaire)

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