La France prête à manœuvrer au Groenland
Selon l’agence Reuters, la France a proposé d’organiser et de participer à des exercices militaires de l’Otan au Groenland. Une initiative confirmée par l’Élysée, alors que Paris affirme sa volonté de soutenir le Danemark, dont le Groenland est un territoire autonome.
S’exprimant au Forum économique mondial (FEM) de Davos, le président français Emmanuel Macron a tenu à clarifier la portée de cette démarche. Il ne s’agit « ni d’une provocation ni d’une menace », mais d’un acte de solidarité envers un allié. La France, a-t-il insisté, demeure attachée à la souveraineté nationale, à la Charte des Nations unies et à la stabilité internationale.
Des contingents français figurent d’ailleurs parmi les premières troupes européennes arrivées au Groenland le 15 janvier, aux côtés de forces danoises, dans un contexte de crispation extrême.
Donald Trump accentue la pression
Depuis son premier mandat, Donald Trump n’a jamais caché son intérêt pour le Groenland. Après avoir proposé de l’acheter, il affirme désormais que l’île pourrait être annexée par les États-Unis. À ses yeux, le Danemark n’est pas en mesure d’assurer la protection du territoire, pourtant couvert par un accord de défense signé en 1951 entre Washington et Copenhague dans le cadre de l’Otan.
Le président américain a menacé d’imposer de lourds droits de douane à plusieurs pays européens — dont le Danemark, la France et l’Allemagne — tant qu’un accord sur « l’acquisition complète et définitive » du Groenland ne sera pas trouvé. Ces mesures, prévues dès le 1er février, pourraient passer de 10 % à 25 % à partir du mois de juin.
Donald Trump affirme disposer « d’autres leviers » si la Cour suprême venait à bloquer l’usage des tarifs douaniers, tout en assurant que sa stratégie permettrait de préserver l’Otan et de servir les intérêts américains.
L’Europe redoute un précédent historique
Selon Bloomberg, un risque grandissant inquiète les chancelleries européennes : celui de voir certains dirigeants accepter un transfert du Groenland aux États-Unis dans une tentative d’apaisement vis-à-vis de Washington. Un haut responsable européen présent à Davos confie que beaucoup reconnaissent désormais que « l’ordre international hérité de l’après-Seconde Guerre mondiale est révolu ».
L’Union européenne, déjà fragilisée par le conflit en Ukraine, des difficultés économiques persistantes et l’incertitude sur la fiabilité du parapluie sécuritaire américain, peine à définir une réponse unifiée face à ce qu’elle perçoit comme une avalanche de menaces imprévisibles.
Réactions fermes mais prudentes de l’UE
Le Parlement européen a décidé de geler la ratification de l’accord commercial UE–États-Unis en réaction directe aux pressions américaines sur le Groenland. Pour la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, l’Union ne cherche pas l’escalade mais « défendra ses positions ».
« Les menaces ne contraindront pas le Danemark à céder le Groenland, mais rendront plus pauvres aussi bien l’Europe que les États-Unis », a-t-elle averti, tout en appelant au calme, à l’unité et au dialogue entre alliés.
La Commission européenne, par la voix d’Ursula von der Leyen, prépare de son côté un vaste paquet d’investissements destiné au Groenland, visant à renforcer l’économie locale, les infrastructures et la sécurité de l’Arctique, en coordination avec le Danemark et les partenaires internationaux.
Le Canada et l’Otan sur le qui-vive
Les ambitions américaines suscitent également des inquiétudes au Canada. Des responsables canadiens estiment qu’une remise en cause de la souveraineté du Groenland pourrait créer un précédent dangereux pour l’Arctique nord-américain. Ottawa a annoncé un renforcement de sa présence militaire dans la région.
Pour l’Otan, le message reste mesuré. Le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Alexus Grynkewich, a rappelé que le Groenland constitue avant tout « un problème politique, non militaire », et que la mission de l’Alliance demeure inchangée.
Une crise aux répercussions mondiales
Au-delà de l’Arctique, le dossier du Groenland révèle une transformation profonde des relations transatlantiques. L’usage assumé de la coercition économique, la remise en cause de la souveraineté territoriale et la centralité de la force dans le discours américain interrogent l’équilibre du système international.
Pour les pays africains, et notamment le Cameroun, cette crise illustre un monde en recomposition, où les alliances historiques vacillent et où les rapports de puissance dictent de plus en plus les règles du jeu géopolitique mondial.
Greenland at the Center of Global Tensions as Europe Pushes Back Against Trump’s Ambitions
Greenland has emerged as a major geopolitical flashpoint as President Donald Trump renews pressure for the territory to join the United States. France has proposed NATO military exercises on the island in support of Denmark, while the European Union scrambles to preserve sovereignty and transatlantic stability.
Trump’s repeated threats of annexation, combined with tariff pressure on European allies, have shaken diplomatic norms and raised fears of a new era of territorial coercion. As the EU debates its response and prepares investment packages for Greenland, Canada and NATO remain on alert, wary of broader implications for Arctic security and the global order.
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Ange NGO