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Or camerounais : le scandale des 15 tonnes fantômes, un trou noir fiscal de 165 milliards FCFA

Le Cameroun est-il assis sur une manne aurifère qu?il ne contr?le pas ? La question s?impose avec brutalit? ? la lecture du rapport ITIE 2023. Officiellement, le pays n?a d?clar? que 22,3 kilogrammes d?or export?s en 2023, selon les donn?es de la Direction g?n?rale des Douanes. Pourtant, les statistiques internationales, notamment celles des ?mirats arabes unis, évoquent 15,2 tonnes d?or importées depuis le Cameroun. Un ?cart vertigineux, r?v?lateur d?un systême minier sous perfusion? et hors de contr?le.

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Un gouffre de traçabilité aux lourdes conséquences fiscales


Selon les estimations relayées par la presse nationale,  ce différentiel représenterait un manque à gagner fiscal d’environ 165 milliards FCFA, voire près de 1 000 milliards FCFA par an si l’on intègre l’ensemble des flux non déclarés. Un chiffre qui fait du secteur aurifère l’un des plus opaques de l’économie camerounaise.


La réaction du gouvernement


Dans un communiqué radio-presse, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Pr Fuh Calistus Gentry, rappelle la répartition des rôles :



  • le MINMIDT définit et met en œuvre la politique minière ;

  • la SONAMINES assure le contrôle de la production et détient l’exclusivité de la commercialisation de l’or.


Le ministre souligne que l’or camerounais provient majoritairement de l’artisanat minier et semi-mécanisé, un secteur caractérisé par l’absence d’études de faisabilité, des déclarations souvent incomplètes, et des capacités financières limitées de la SONAMINES pour racheter et tracer toute la production nationale.


Frontières poreuses et exportations détournées


Autre facteur majeur pointé par le gouvernement : la porosité des frontières terrestres. Des exploitants étrangers achemineraient l’or extrait dans la sous-région vers Dubaï, en l’enregistrant comme étant d’origine camerounaise, profitant ainsi des failles administratives et sécuritaires.


Durcissement annoncé dès 2026


Face à l’ampleur du scandale, l’État annonce une série de mesures fortes :



  • fermeture dès janvier prochain des sites artisanaux ne disposant pas de systèmes de traitement en vase clos ;

  • renforcement des capacités financières et technologiques de la SONAMINES ;

  • contrôle à distance de la production par des moyens modernes ;

  • développement accéléré de la mine industrielle, seule capable de garantir des prévisions fiables.


Les autorités se félicitent par ailleurs d’avoir fait passer les réserves d’or nationales de 37 kg à environ 1 500 kg ces dernières années.


Une polémique politique et médiatique


Mais ces explications ne convainquent pas tout le monde. Le journaliste Alex Gustave Azebaze a publiquement appelé à la démission du ministre des Mines, dénonçant une réaction jugée insuffisante face à ce qu’il qualifie de scandale international. Il estime que l’État camerounais disposait des leviers diplomatiques et techniques pour identifier précisément les exportateurs enregistrés à Dubaï, d’autant plus que le cabinet chargé de l’audit ITIE y est parvenu.


Pour de nombreux observateurs, cette affaire met en lumière les failles structurelles de la gouvernance minière, entre responsabilités diluées, contrôles déficients et soupçons de complicités.


Un enjeu stratégique pour l’économie camerounaise


Sous Très Hautes Instructions du Chef de l’État, le gouvernement affirme vouloir transformer l’or en « niche exceptionnelle de ressources financières », capable d’élargir l’assiette fiscale et de renforcer les réserves nationales.


Reste une question centrale : le Cameroun saura-t-il enfin reprendre le contrôle de son or, ou continuera-t-il d’enrichir d’autres économies au détriment de la sienne ?




Cameroon’s Gold: The 15-Ton Phantom Exports and a 165 Billion FCFA Fiscal Black Hole


Cameroon may be sitting on a vast gold reserve it fails to control. According to the EITI 2023 Report, the country officially declared only 22.3 kilograms of gold exports in 2023. Yet international trade statistics show that 15.2 tons of gold were imported into the United Arab Emirates from Cameroon.


This staggering discrepancy points to a major governance failure in the mining sector, with an estimated fiscal loss of about 165 billion FCFA, and potentially close to 1 trillion FCFA annually, according to media analyses.


In response, the Interim Minister of Mines, Industry and Technological Development, Prof. Fuh Calistus Gentry, explained that most gold production comes from artisanal and semi-mechanized mining, a sector marked by weak declarations, porous borders, and limited monitoring capacity.


The government has announced stricter controls starting in 2026, including the closure of non-compliant artisanal sites, stronger financial and technological support for SONAMINES, and the promotion of industrial mining to ensure traceability.


However, criticism has mounted. Journalist Alex Gustave Azebaze has openly called for the minister’s resignation, arguing that the authorities failed to assume responsibility for what he describes as a global mining scandal.


The gold sector now stands as a critical test of Cameroon’s ability to convert natural resources into transparent and sustainable public revenue.


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Mouahna Divine

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