Selon le quotidien nigérian This Day, Abuja a déployé un contingent militaire au Bénin à la demande expresse du gouvernement béninois, quelques heures après l’annonce du putsch. Le chef d’état-major des forces armées nigérianes, le général Olufemi Oluyede, a confirmé que le Nigeria considérait cet acte comme une atteinte directe à la démocratie et à l’ordre constitutionnel, dans un pays reconnu pour sa stabilité politique.
Appui aérien et mobilisation régionale
Cotonou a requis en urgence l’appui d’avions de combat nigérians pour sécuriser son espace aérien, surveiller les mouvements des putschistes et soutenir les opérations visant à reprendre les installations stratégiques occupées. Abuja a également reçu une demande de déploiement de forces terrestres. Ni le nombre d’aéronefs ni celui des troupes engagées n’ont été communiqué.
Le journal Vanguard rapporte qu’un chasseur nigérian patrouille déjà l’espace aérien béninois. Une source sécuritaire présentée comme haut placée insiste: l’opération n’a pas de vocation offensive mais répond à un impératif stratégique de prévention et de stabilisation régionale.
La réaction n’a pas été uniquement nigériane. La Sierra Leone, le Ghana et la Côte d’Ivoire ont également dépêché des contingents, renforçant ainsi la solidarité sécuritaire au sein de la Cédéao, dont douze États sont membres.
Une mutinerie express étouffée par la Garde nationale
Le coup d’État a débuté dans la matinée lorsque les mutins se sont emparés du siège de la Société nationale de radiodiffusion du Bénin, à Cotonou. Le lieutenant-colonel Pascal Tigri est apparu brièvement à l’antenne pour annoncer la création d’un Comité militaire de réorganisation, la destitution du président Patrice Talon et la suspension des institutions.
En parallèle, un assaut a été tenté contre la résidence présidentielle. Selon Kokouvi Eklou, rédacteur en chef du quotidien public La Nation, cette attaque a échoué grâce à la réaction rapide des unités loyalistes. L’armée régulière a ensuite investi la télévision nationale, délogeant les insurgés et mettant fin à leur occupation.
Treize mutins ont été interpellés. Tigri, lui, demeure introuvable. Les forces spéciales béninoises ont lancé une vaste opération de ratissage à Cotonou et dans ses environs pour capturer le militaire en fuite.
Talon rassure la nation et salue la loyauté des forces de sécurité
En soirée, le président Patrice Talon s’est adressé à la nation. Il a confirmé la fin de la tentative de prise de pouvoir, dénonçant une « mutinerie fondée sur des revendications fallacieuses » et destinée à plonger le pays « dans une aventure sans lendemains ».
Talon a insisté sur son devoir constitutionnel de garantir la stabilité du pays, expliquant avoir coordonné avec l’état-major les mesures nécessaires pour neutraliser les mutins. Il a salué « le sens du devoir et de la loyauté » des forces armées, ainsi que le soutien de la population, mobilisée selon lui en faveur de la préservation de la République.
Le chef de l’État a assuré que la situation était totalement sous contrôle et que l’ordre public serait garanti sur toute l’étendue du territoire.
Un avertissement pour la région
Ce putsch avorté, dans un pays souvent présenté comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, intervient dans un contexte où la Cédéao peine à endiguer la vague de coups d’État qui a déjà touché le Mali, le Niger, le Burkina Faso ou encore la Guinée. La réaction rapide et coordonnée des États membres, notamment du Nigeria, constitue un signal politique fort destiné à dissuader toute velléité déstabilisatrice dans la région.
Benin: Failed Coup Attempt Quickly Quelled as Nigeria Leads Regional Military Support
Benin faced a major security scare on Sunday after a group of soldiers led by Lieutenant-Colonel Pascal Tigri briefly took control of the national broadcaster and announced the overthrow of President Patrice Talon. Loyalist forces swiftly retook all strategic sites, while Nigeria and other ECOWAS members intervened at the request of the Beninese government.
Nigeria deployed a military contingent and sent a fighter jet to patrol Benin’s airspace, described by security officials as a preventive and strategic move rather than an offensive mission. Sierra Leone, Ghana, and Côte d’Ivoire also sent troops, underscoring ECOWAS solidarity.
President Talon later addressed the nation, confirming the failure of the coup and praising the army’s loyalty. Several mutineers were arrested, but Tigri remains on the run as security forces continue manhunts in Cotonou.
The incident raises concerns in a region already destabilized by multiple military takeovers, making the swift ECOWAS response a strong signal against further attempts.
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Moussa Nassourou