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Cameroun : 9 milliards FCFA sacrifi?s pour l'eau et le solaire, une stratégie payante ?

Dans un contexte de pression sur les finances publiques, l'état camerounais a fait un choix audacieux : renoncer volontairement ? des recettes colossales pour accélèrer sa transition énergétique et hydrique. R?ponse du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, aux d?put?s lors de la session budg?taire de novembre ? l?Assembl?e nationale : en seulement deux ans, le gouvernement a accord? plus de 9 milliards de Francs CFA d?exon?rations fiscales sur les mat?riels destin?s aux ?nergies renouvelables et ? la production d?eau potable.

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Un effort fiscal ciblé et en croissance


Les chiffres officiels, communiqués sous le feu des questions parlementaires, sont éloquents. Ces « dépenses fiscales » – ce que le Trésor public n’a pas perçu – se sont élevées à 3,7 milliards FCFA en 2024 et devraient atteindre 5,3 milliards en 2025. Cette enveloppe substantielle illustre la priorité donnée par Yaoundé à la lutte contre le déficit énergétique et le manque d’accès à l’eau potable.


« Ces exonérations représentent un soutien indirect sous forme de subventions de l'État », a précisé Louis Paul Motaze. Le mécanisme, inscrit à l’article 5 de la loi de finances 2024, couvre une trentaine de produits stratégiques. Il vise explicitement à encourager les investissements dans les secteurs de l’eau, du solaire, mais aussi de la santé, de l’élevage et de la pêche. Une mesure temporaire, prévue pour une durée initiale de deux ans, dont l’impact est déjà scruté.


L’effet « prix bas » : une obligation pour les importateurs


La philosophie de cette réforme fiscale verte va au-delà du simple allègement pour les entreprises. Le ministre a tenu à souligner une contrepartie essentielle : « On observe une baisse générale des prix de vente des équipements et matériels importés ». Cette baisse n’est pas laissée au bon vouloir du marché. Elle est le résultat d’une obligation contractuelle imposée aux importateurs.


Ces derniers doivent signer un acte conventionnel par lequel ils s’engagent à répercuter intégralement l’avantage fiscal sur le consommateur final. Une clause qui transforme l’exonération en un levier direct de pouvoir d’achat et de compétitivité pour les projets verts.


Une politique à l’efficacité à évaluer


Si l’intention est claire – « juguler le déficit énergétique et en eau potable » –, l’efficacité réelle de ce sacrifice fiscal de 9 milliards reste à quantifier. Les parlementaires et les observateurs économiques attendent désormais des indicateurs concrets : le nombre de nouvelles installations solaires, l’augmentation des capacités de production d’eau, la création d’emplois dans la filière verte.


Le gouvernement camerounais mise sur un effet d’entraînement : un accès facilité aux équipements doit stimuler l’investissement privé, les projets communautaires et in fine, réduire la dépendance aux énergies traditionnelles. Un pari coûteux à court terme, dont le pays espère bien récolter les dividendes sociaux et économiques à moyen terme. La session budgétaire 2026 sera sans doute l’occasion d’un premier bilan pour cette « fiscalité verte » made in Cameroon.




Cameroon's Green Tax Gamble: 9 Billion CFA Francs in Waivers to Boost Water and Solar Energy


Amidst pressure on public finances, the Cameroonian state has made a bold choice: voluntarily foregoing colossal revenues to accelerate its energy and water transition. Finance Minister Louis Paul Motaze's response to MPs during the November budget session at the National Assembly was clear: in just two years, the government has granted over 9 billion CFA Francs in tax exemptions on equipment for renewable energies and drinking water production.


A Targeted and Growing Fiscal Effort


The official figures, communicated under parliamentary scrutiny, are telling. These "tax expenditures" – revenue not collected by the Treasury – amounted to 3.7 billion CFAF in 2024 and are projected to reach 5.3 billion in 2025. This substantial envelope illustrates the priority Yaoundé places on tackling the energy deficit and lack of access to drinking water.


"These exemptions represent indirect state support in the form of subsidies," clarified Louis Paul Motaze. The mechanism, enshrined in Article 5 of the 2024 finance law, covers around thirty strategic products. It explicitly aims to encourage investment in water, solar, as well as health, livestock, and fishing sectors. A temporary measure, initially planned for two years, whose impact is already being closely watched.


The "Low Price" Effect: An Obligation for Importers


The philosophy of this green tax reform goes beyond simple relief for companies. The Minister emphasized a crucial counterpart: "We are observing a general decrease in the sale prices of imported equipment and materials." This decrease is not left to market forces. It results from a contractual obligation imposed on importers.


They must sign a conventional agreement committing to fully pass on the tax benefit to the end consumer. A clause that transforms the exemption into a direct lever for purchasing power and competitiveness for green projects.


A Policy Awaiting Effectiveness Assessment


While the intention is clear – "to curb the energy and drinking water deficit" – the actual effectiveness of this 9 billion fiscal sacrifice remains to be quantified. Parliamentarians and economic observers now await concrete indicators: the number of new solar installations, increased water production capacity, job creation in the green sector.


The Cameroonian government is betting on a ripple effect: easier access to equipment should stimulate private investment, community projects, and ultimately reduce dependence on traditional energies. A costly gamble in the short term, from which the country hopes to reap social and economic dividends in the medium term. The 2026 budget session will likely provide an opportunity for a first assessment of this "green taxation" made in Cameroon.


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Mouahna Divine

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