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Cameroun : 1,8 million de tonnes de pétrole importées, la facture qui relance l'urgence de sauver la Sonara

L'ardoise est lourde, l?urgence criante. Entre janvier et octobre 2025, le Cameroun a d? importer la bagatelle de 1,8 million de tonnes m?triques de produits pétroliers finis. Un chiffre colossal, d?voil? par le ministre de l?Eau et de l??nergie, Gaston Eloundou Essomba, devant les d?put?s de la Commission des finances. Cette d?pendance extrâme aux march?s internationaux, co?teuse en milliards de FCFA et corrosive pour les r?serves de change, jette une lumière crue sur une vuln?rabilit? stratégique : l?indisponibilit? totale de sa raffinerie nationale.

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Le gouffre financier de l'importation


Le détail des achats est éloquent : près de 1,6 million de tonnes de super, de gasoil et de pétrole lampant, complétées par 208 210 tonnes de gaz domestique. Chaque litre consommé dans le pays sort désormais des coffres de l’État, alourdissant structurellement la facture commerciale. Cette situation de crise perpétuelle trouve sa source dans le tragique incendie de mai 2019 qui a ravagé la Société nationale de raffinage (Sonara), à Limbé. Six ans après, le géant industriel reste à l’arrêt, forçant le pays à importer 100% de sa consommation.


Un projet de réhabilitation qui tangue… mais suscite des convoitises
Pendant que le pays paie cash sa dépendance, le projet de résurrection de la Sonara peine à décoller. Les estimations budgétaires, elles, ont, elles, bien pris l’ascenseur. Initialement fixé à 250 milliards de FCFA, le coût des travaux a été réévalué à 300 milliards FCFA selon une étude de faisabilité détaillée, comme l'a confirmé le Premier ministre Joseph Dion Nguté fin novembre 2025.


Malgré ce surcoût, l’appétit des investisseurs semble se réveiller. Une délégation de banques internationales (UBAF, ING, MCB) s’est rendue sur le site en juin 2025 pour évaluer les possibilités de « propulser la raffinerie vers un avenir prometteur ». Signe plus fort encore, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a formellement proposé son aide.


La BEAC sort son arme lourde : le "guichet B"


Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a révélé fin septembre 2025 que l’institution était prête à activer son guichet B, un instrument de refinancement dédié aux investissements productifs. Ambition affichée : financer jusqu’à 60% des besoins du projet. « Nous avons nous-mêmes pris l’initiative de nous rapprocher des autorités pour leur présenter cet instrument », a-t-il insisté, marquant un engagement rare de la banque centrale dans un projet industriel national.


Le compte à rebours est lancé.


La pression est désormais maximale sur le gouvernement camerounais. D’un côté, une saignée financière constante due aux importations. De l’autre, une fenêtre de financement et d’intérêt stratégique qui s’ouvre avec la BEAC et des partenaires internationaux. Relancer la Sonara n’est plus seulement une question d’orgueil industriel, mais une impérieuse nécessité économique pour freiner l’hémorragie des devises et reconquérir une souverainé énergétique perdue. Le temps des tergiversations est-il enfin révolu ?


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Cameroon: 1.8 Million Tons of Imported Oil, The Bill That Reignites the Urgency to Save Sonara


The bill is staggering, the urgency critical. Between January and October 2025, Cameroon had to import a whopping 1.8 million metric tons of finished petroleum products. This colossal figure was revealed by the Minister of Water and Energy, Gaston Eloundou Essomba, before the National Assembly's Finance Committee. This extreme dependence on international markets, costly in billions of CFA francs and corrosive for foreign exchange reserves, highlights a strategic vulnerability: the total unavailability of its national refinery.


The Financial Drain of Imports
The breakdown of purchases is telling: nearly 1.6 million tons of super, diesel, and kerosene, supplemented by 208,210 tons of domestic gas. Every liter consumed in the country now drains state coffers, structurally worsening the trade deficit. This perpetual crisis stems from the tragic fire in May 2019 that devastated the National Refining Company (Sonara) in Limbe. Six years later, the industrial giant remains idle, forcing the country to import 100% of its consumption.


A Rehabilitation Project Stalling... But Sparking Interest
While the country pays cash for its dependence, the Sonara revival project struggles to take off. Budget estimates, however, have soared. Initially set at 250 billion CFA francs, the cost of the work has been revised to 300 billion CFA francs according to a detailed feasibility study, as confirmed by Prime Minister Joseph Dion Ngute in late November 2025.


Despite this overrun, investor appetite seems to be awakening. A delegation of international banks (UBAF, ING, MCB) visited the site in June 2025 to assess possibilities for "propelling the refinery towards a promising future." An even stronger signal: the Bank of Central African States (BEAC) has formally offered its assistance.


BEAC Deploys Its Heavy Weapon: The "Window B"
The Governor of BEAC, Yvon Sana Bangui, revealed in late September 2025 that the institution was ready to activate its Window B, a refinancing instrument dedicated to productive investments. Stated ambition: finance up to 60% of the project's needs. "We ourselves took the initiative to approach the authorities to present this instrument," he insisted, marking a rare engagement of the central bank in a national industrial project.


The countdown is on.
Pressure is now at its peak on the Cameroonian government. On one side, constant financial bleeding due to imports. On the other, a window of strategic financing and interest opening with BEAC and international partners. Restarting Sonara is no longer just a matter of industrial pride, but an imperative economic necessity to stem the hemorrhage of foreign currency and reclaim lost energy sovereignty. Is the time for hesitation finally over?


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Mouahna Divine 

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