Un scrutin interrompu par les armes
Le 23 novembre, les Bissau-Guinéens se rendaient aux urnes pour élire leur président et leurs députés. Mais trois jours plus tard, avant même l’annonce des résultats, les militaires prenaient le pouvoir, renversant le président Sissoco Embalo. Le Haut commandement militaire décrétait immédiatement la suspension de toutes les institutions étatiques et stoppait le dépouillement des votes.
Le général de division Horta N’Tam, figure majeure du putsch, a été investi président de la transition le 27 novembre, pour une durée annoncée d’un an.
Dias da Costa dans le viseur, Domingos Pereira libéré
Le 29 novembre, Fernando Dias da Costa ravivait les tensions en évoquant, face aux militaires, la possibilité d’une réponse armée au coup d’État. Il réclamait également la libération de Domingos Pereira, chef du PAIGC et figure politique centrale du pays, arrêté le 26 novembre avec plusieurs cadres de l’opposition.
Sous la pression conjointe du Front populaire, de la rue bissau-guinéenne, de la Cédéao et de l’Union africaine, Domingos Pereira a finalement été libéré le 1er décembre. Mais l’étau reste serré autour des opposants.
La junte interdit les manifestations avant la médiation de la Cédéao
À la veille de l’arrivée d’une délégation de haut niveau de la Cédéao, composée des présidents du Cap-Vert, du Sénégal et du Togo, les autorités militaires ont interdit toute manifestation et toute grève à compter du 1er décembre. Objectif affiché : préserver la "paix et la stabilité".
Pourtant, le week-end dernier, plusieurs centaines de jeunes ont battu le pavé à Bissau pour exiger la libération des leaders de l’opposition.
Initialement prévue le 28 novembre, la mission de la Cédéao a été reportée sans explication. Elle est finalement arrivée lundi, conduite par Julius Maada Bio, président sierra-léonais et dirigeant en exercice de l’organisation régionale.
La Cédéao suspend la Guinée-Bissau et tente de recoller les morceaux
Le 27 novembre, à peine 24 heures après le coup d’État, la Cédéao suspendait l’adhésion de la Guinée-Bissau. La délégation arrivée à Bissau doit désormais négocier un cadre de transition clair, avec un calendrier précis pour le retour à l’ordre constitutionnel.
L’opposition, elle, voit dans la Cédéao son dernier espoir. Fernando Dias da Costa, désormais réfugié au Nigeria, compte sur l’organisation ouest-africaine pour forcer la reprise du décompte des voix du 23 novembre et proclamer le véritable vainqueur.
Dans un pays habitué aux turbulences politiques mais où la population aspire à la stabilité, les prochaines semaines seront décisives.
Nigeria Grants Asylum to Fernando Dias da Costa as Guinea-Bissau Junta Tightens Grip
Nigeria has granted political asylum to Fernando Dias da Costa, the main challenger of Umaro Sissoco Embalo in Guinea-Bissau’s November 23 presidential election. The decision, reported by Reuters, comes amid deep political turmoil following a military coup that halted both the presidential and legislative vote count.
On November 26, soldiers seized power, suspended all state institutions and stopped the tallying of ballots. General Horta N’Tam assumed leadership of the transition on November 27, announcing a one-year interim period.
Dias da Costa raised tensions on November 29 by suggesting a possible military response and demanding the release of Domingos Pereira, leader of the PAIGC. Pereira was freed on December 1 after pressure from opposition groups, ECOWAS, and the African Union.
Ahead of the arrival of an ECOWAS delegation, the junta banned all protests and strikes starting December 1, citing the need to preserve “peace and stability”. Still, hundreds of young people took to the streets in Bissau over the weekend.
The ECOWAS mission, led by Sierra Leone’s President Julius Maada Bio, finally arrived after an unexplained delay. Meanwhile, ECOWAS has suspended Guinea-Bissau's membership and is negotiating the terms of a return to civilian rule.
The opposition considers ECOWAS its last hope. From Nigeria, Dias da Costa is counting on the regional bloc to resume vote counting and declare the legitimate winner of the November 23 election.
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Moussa Nassourou