Au total, plus de 8 000 dossiers disciplinaires ont été instruits. Le bilan est sévère : 5 936 agents publics ont déjà été radiés des effectifs de l’État. Dans le détail, l’administration a procédé à la révocation de 2 965 fonctionnaires et au licenciement de 2 971 agents contractuels régis par le Code du travail.
Cette vague massive de sanctions, présentée comme une étape cruciale du « nettoyage du fichier solde », fait suite à une première salve de 232 révocations annoncée en mars dernier. Elle s’inscrit dans la logique de l’opération COPPE, lancée en 2018 pour mettre fin à un scandale silencieux qui pèse lourd sur les finances nationales : des milliers d’agents, absents de leur poste, parfois depuis des années, continuent indûment de percevoir leur traitement.
« Soit ils sont décédés, soit ils sont partis ailleurs. Nous avons l’obligation, soit de licencier (...), soit de révoquer », avait justifié le ministre Joseph Le dès juin 2022. À l’époque, 8 766 agents étaient dans le collimateur pour des absences non justifiées. Les demandes d’explications étant restées lettres mortes, la machine disciplinaire s’est mise en marche.
L’enjeu dépasse la simple sanction. Il est d’abord budgétaire. Cette hémorragie de salaires versés à des agents fantômes alourdit artificiellement la masse salariale de l’État, obérant ainsi les capacités de recrutement dans des secteurs prioritaires comme la santé ou l’éducation. Il est ensuite question de crédibilité et de modernisation. La réussite du COPPE sera jugée à l’aune de sa capacité à générer des économies réelles, à fiabiliser durablement la gestion des effectifs et à ouvrir la voie à une fonction publique plus performante et mieux gérée.
Si près de 6 000 radiations ont déjà été actées, le processus n’est pas clos. Avec des milliers d’autres dossiers en instruction, cette opération d’assainissement, l’une des plus ambitieuses de la dernière décennie, pourrait encore connaître de nouveaux épisodes. Le gouvernement envoie un message sans ambiguïté : l’ère de la tolérance zéro pour les détournements de salaire au sein de l’administration a sonné.
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Cameroon Cracks Down: Over 5,900 "Ghost Workers" Purged in Major Public Sector Clean-Up
Cameroon is intensifying its crackdown on "ghost workers" and absent civil servants. Joseph Le, Minister of Public Service and Administrative Reform, revealed the stark results of the Physical Census of State Personnel Operation (Opération de comptage physique du personnel de l’État - COPPE) before the National Assembly on November 27th. The figures underscore a clear political will to sanitize the public service and restore credibility to public spending.
In total, over 8,000 disciplinary cases have been processed. The outcome is severe: 5,936 public agents have been removed from the state's payroll. Specifically, the administration has dismissed 2,965 civil servants and terminated the contracts of 2,971 state employees governed by the Labor Code.
This massive wave of sanctions, described as a crucial step in "cleaning up the payroll register," follows an initial round of 232 dismissals announced last March. It is part of the ongoing COPPE operation launched in 2018 to address a silent scandal weighing heavily on national finances: thousands of employees, absent from their posts—sometimes for years—continue to unduly receive their salaries.
"Either they are deceased, or they have gone elsewhere. We are obligated to either terminate contracts (...) or dismiss," Minister Joseph Le justified back in June 2022. At that time, 8,766 agents were under scrutiny for unexplained absences. With requests for explanations remaining unanswered, the disciplinary machinery was set in motion.
The stakes are higher than mere punishment. They are primarily financial. This hemorrhage of salaries paid to ghost workers artificially inflates the state's wage bill, hampering recruitment capacities in priority sectors like health and education. They are also about credibility and modernization. The success of COPPE will be measured by its ability to generate real savings, reliably manage personnel data in the long term, and pave the way for a more efficient and better-run public service.
While nearly 6,000 removals have already been enacted, the process is not over. With thousands of other cases still under review, this cleanup operation—one of the most ambitious of the past decade—could see further developments. The government is sending an unambiguous message: the era of zero tolerance for salary diversion within the administration has begun.
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Mouahna Divine