Le précédent record macabre remontait à 1996, lorsque le Garley Building avait été ravagé par les flammes, faisant 41 morts et 81 blessés, à la suite de travaux de soudure effectués en violation des règles élémentaires de sécurité.
Cette fois, le feu aurait pris naissance dans un bar karaoké, avant de se propager à une vitesse incontrôlable via les échafaudages en bambou installés autour des huit tours du complexe pour des travaux de rénovation. Sur les huit bâtiments, sept ont été gravement touchés, tandis qu’un seul a été presque épargné par les flammes.
Le bilan humain reste préoccupant : près de 100 blessés, dont 45 dans un état grave, et 279 personnes sont toujours portées disparues, parmi lesquelles au moins deux jeunes enfants. Le niveau d’alerte 5, le plus élevé, a été déclenché par les autorités locales. Les pompiers, épaulés par des canons à eau, luttent sans relâche pour contenir le sinistre.
Le complexe Wang Fuk Court abrite environ 4 000 personnes réparties dans près de 2 000 appartements, dont la majorité des résidents a été évacuée dans l’urgence.
Pendant ce temps, Pékin renforce sa présence en Afrique
Alors que la Chine pleure les victimes de Hong Kong, elle renforce simultanément sa stratégie d’influence économique en Afrique. En marge du sommet du G20 à Johannesburg (22-23 novembre), l’Afrique du Sud et la Chine ont lancé un nouveau plan de coopération à 10 axes, visant la modernisation de secteurs clés du continent.
Ce projet fait suite au partenariat en huit points adopté lors du Forum sur la coopération sino-africaine en septembre 2024 à Pékin. Bien que le budget exact ne soit pas encore connu, l’initiative met l’accent sur :
- les énergies vertes
- les infrastructures modernes
- le secteur minier
- les nouvelles technologies
Selon Zhao Wenfei, conseiller-ministre de l'ambassade de Chine en Afrique du Sud, ce plan repose sur une approche axée sur la prospérité commune, la modernisation, l’harmonie écologique et le développement pacifique. L’Afrique du Sud se positionne ainsi comme hub stratégique des investissements chinois sur le continent, une dynamique qui interpelle aussi les pays d’Afrique centrale, notamment le Cameroun.
La délégation chinoise était conduite par Li Qiang, Premier ministre du Conseil des affaires d’État.
Taïwan : lignes rouges et démonstration de force
Dans le même temps, la question taïwanaise revient sur le devant de la scène internationale. Le chef de l’administration taïwanaise, Lai Ching-te, a annoncé un budget militaire supplémentaire de 40 milliards de dollars, principalement destiné à l’achat d’armement américain.
Une décision qui a immédiatement suscité une réaction ferme de Pékin. Lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump, le président chinois Xi Jinping a réaffirmé que Taïwan fait partie intégrante de la Chine, rappelant que cette position est soutenue par la majorité de la communauté internationale.
Pour le porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises, Peng Qing’en, cet échange marque une volonté claire de barrer la route aux forces séparatistes, tout en maintenant un discours d’apaisement :
« Nous unirons nos compatriotes des deux côtés du détroit, préserverons la paix et construirons un avenir commun ».
Depuis 1949, Taïwan fonctionne comme une entité autonome après la défaite des forces de Tchang Kaï-chek face aux communistes, mais Pékin continue de revendiquer sa souveraineté totale sur l’île.
Lecture camerounaise : entre avertissement et opportunité
De Hong Kong à Johannesburg, la Chine montre deux visages : une vulnérabilité humaine face aux risques urbains et une puissance stratégique déterminée à redessiner les équilibres économiques mondiaux. Pour le Cameroun et l’Afrique, cet élan chinois représente autant une opportunité de développement qu’un appel à la vigilance sur la sécurité, la souveraineté et la gestion urbaine.
La tragédie de Tai Po rappelle brutalement la nécessité de normes strictes dans la construction et la rénovation, alors que les mégalopoles africaines poursuivent une urbanisation rapide, souvent anarchique.
Hong Kong in Flames, Beijing on the Move: Between Historic Tragedy, African Diplomacy and a Showdown Over Taiwan
Hong Kong has just recorded one of the deadliest residential fires in its modern history. A massive blaze at the Wang Fuk Court complex in Tai Po district has claimed at least 44 lives, making it the most fatal residential building fire ever recorded in the city, according to the South China Morning Post.
The fire reportedly broke out in a karaoke bar and quickly spread through bamboo scaffolding used in ongoing renovation works. Out of eight towers, seven were heavily damaged. Close to 100 people were injured, 45 critically, and 279 remain missing, including young children.
Authorities declared Level 5 emergency alert, the highest possible, as firefighters battled to contain the flames using high-powered water cannons. Nearly 4,000 people, living in 2,000 apartments, were affected.
At the same time, China reinforced its footprint in Africa through a new 10-point cooperation plan with South Africa during the G20 summit in Johannesburg. The initiative targets green energy, infrastructure, mining and technology, reinforcing Pretoria’s position as a gateway for Chinese investments on the continent.
Meanwhile, tensions escalated over Taiwan as its leader Lai Ching-te announced an additional $40 billion defense budget, much of it aimed at purchasing US weapons. In response, President Xi Jinping reaffirmed China’s sovereignty over the island during a call with Donald Trump, insisting on national unity and opposing separatist forces in Taipei.
This geopolitical dynamic highlights China’s dual reality: a nation facing internal challenges and disasters, while aggressively expanding its global and regional influence.
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Didier Cebas K.