Le procès lié à l’assassinat du journaliste de regrettée mémoire Martinez Zogo, en audience au Tribunal Militaire de Yaoundé ce 24 novembre 2025, continue de susciter une vive attention nationale et internationale. Mais au-delà de la salle d’audience, c’est désormais sur le terrain de l’information que la bataille semble se jouer.
Dans une déclaration conjointe particulièrement ferme, Maîtres Ananga Clément, Nyimedok Mireille et Nanga Ewome, avocats constitués pour la défense de Martin Savom, ont exprimé leur « profonde indignation » face aux informations relayées sur les réseaux sociaux, qu’ils qualifient de « déformation grave des faits ».
Au cœur de la polémique : le témoignage de Monsieur Ekassi Jean, cité lors de l’audience comme témoin de l’accusation par le Commissaire du Gouvernement. Selon les conseils de la défense, ce témoin, dont la profession aurait varié entre agent de renseignement et agriculteur, s’est lui-même présenté comme un « bandit de grand chemin », affirmant avoir participé à divers actes criminels sans toutefois produire la moindre preuve matérielle.
Mais surtout, les avocats de Martin Savom sont formels : à aucun moment Ekassi Jean n’a désigné leur client comme l’assassin de Martinez Zogo.
« Il a été catégorique. Il n’a jamais déclaré que Savom Martin était l’auteur de l’assassinat de Martinez Zogo, et il ne saurait le faire en l’absence de la moindre preuve », précise la défense.
Toujours selon le communiqué, le témoin aurait simplement rapporté des propos tenus par deux individus nommés Alinga et Emini, qui auraient, selon lui, évoqué l’implication supposée de Martin Savom dans la mort de Martinez Zogo ainsi que de feu Monseigneur Bala. Un témoignage jugé indirect, fragile et juridiquement inopérant.
Face à cette situation et au caractère indirect des déclarations, le Commissaire du Gouvernement a d’ailleurs sollicité la comparution des nommés Alinga et Emini, afin d’éclairer le tribunal.
Malgré cela, alors même que l’audience se poursuivait encore, des publications ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, affirmant que Savom Martin aurait été formellement désigné comme l’assassin par Ekassi Jean — une version que la défense qualifie de « campagne de désinformation soigneusement orchestrée ».
« Des officines tapies dans l’ombre, visiblement recrutées pour les besoins de la cause, se sont livrées à une entreprise de manipulation de l’opinion », dénoncent les avocats.
Dans une affaire aussi sensible, mêlant justice, émotion nationale et mémoire d’un journaliste emblématique, cette sortie médiatique de la défense relance le débat sur la responsabilité des plateformes numériques, la rigueur de l’information judiciaire et la nécessité de respecter la présomption d’innocence.
Alors que le Tribunal Militaire poursuit l’examen de ce dossier explosif, une chose est désormais claire : Martin Savom n’a pas été désigné comme l’assassin de Martinez Zogo par le témoin Ekassi Jean, contrairement à ce qu’ont laissé entendre certaines publications.
Le procès, lui, continue. Et avec lui, la quête de vérité que tout un pays attend.
Martinez Zogo Case: Martin Savom’s Lawyers Denounce “Manipulation” and Reject Any Formal Accusation
The trial related to the brutal murder of journalist Martinez Zogo, held on November 24, 2025, at the Yaoundé Military Court, continues to draw both national and international attention. However, beyond the courtroom, another battle is unfolding — that of information.
In a strongly worded statement, Lawyers Ananga Clément, Nyimedok Mireille, and Nanga Ewome, representing Martin Savom, expressed their deep outrage over what they describe as a serious distortion of facts circulating on social media.
At the center of the controversy is the testimony of Mr. Ekassi Jean, presented as a prosecution witness by the Government Commissioner. According to Savom’s legal team, Ekassi — who alternatively claimed to be an intelligence agent and a farmer — even described himself as a “highway bandit,” admitting to criminal acts without offering any concrete evidence.
Most importantly, the lawyers insist on one crucial fact: Ekassi Jean never accused Martin Savom of killing Martinez Zogo.
“He was clear. He never stated that Savom Martin was responsible for Martinez Zogo’s murder, and he could not make such a statement without any proof,” the lawyers stressed.
According to the defense, Ekassi simply repeated what he allegedly heard from two individuals, Alinga and Emini, who reportedly claimed that Savom Martin was involved in the deaths of both Martinez Zogo and the late Bishop Bala. A testimony deemed indirect, weak, and legally ineffective.
In response, the Government Commissioner requested the court to summon Alinga and Emini in order to clarify their alleged statements.
Despite this, several social media posts began spreading — even before the end of the hearing — claiming that Ekassi had formally identified Savom Martin as the murderer. The defense denounced this as a premeditated misinformation campaign orchestrated by unseen networks.
In a case that deeply affects the nation and the memory of a prominent journalist, Savom’s lawyers have made it clear: their client was not named as the killer by the witness.
The trial continues — and so does Cameroon’s search for truth and justice.
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Ange NGO