« Il ressort de l’analyse du positionnement commercial que le pays figure dans le top 20 des pays exportateurs africains, où il occupe la 19? place en 2024, perdant une place par rapport à 2023 – en raison d’une baisse des recettes d’exportation d’environ 400 millions de dollars US », souligne le Comité de compétitivité.
Le haut du classement reste dominé par un trio de poids lourds : l’Afrique du Sud (18,8 %), le Nigéria (9,7 %) et le Maroc (8,1 %). Cette dynamique confirme une forte concentration des performances à l’exportation autour de quelques grandes économies africaines, loin devant la majorité des pays dont les parts restent inférieures à 2 %.
Le Cameroun distancé dans la Cemac
Au sein de la Cemac, le Cameroun est même devancé par le Congo (16?, 1,4 %) et le Gabon (17?, 1,3 %). Ce recul derrière Brazzaville et Libreville illustre un différentiel de compétitivité préoccupant, alors même que ces trois pays reposent essentiellement sur les exportations de matières premières.
Dans le top 20 africain, les neuf derniers pays affichent tous des parts de marché inférieures à 2 %, seul l’Afrique du Sud atteignant un score à deux chiffres. Une réalité qui traduit la faible contribution d’une grande partie du continent au commerce mondial, comparée au poids de quelques puissances économiques.
Une Afrique à plusieurs vitesses
Le Maghreb domine largement, avec le Maroc, l’Algérie et l’Égypte présents dans le top 5, aux côtés de l’Afrique du Sud et du Nigéria. En Afrique de l’Ouest, seuls le Nigéria et la Côte d’Ivoire figurent dans le top 10. L’Afrique centrale est représentée par l’Angola (6?) et la RDC (8?). L’Afrique du Sud, elle, reste la locomotive du continent, ses exportations dépassant à elles seules le cumul de plusieurs pays classés en fin de tableau.
Le cacao, pilier de l’excédent commercial camerounais
Malgré une balance commerciale globalement déficitaire sur la dernière décennie, le Cameroun enregistre des excédents avec certains pays, notamment l’Italie, les Pays-Bas, la Malaisie, l’Indonésie ou encore le Bangladesh.
Le point commun ? Le cacao camerounais.
Ce produit représente 84 % des importations indonésiennes depuis le Cameroun, 72 % pour les Pays-Bas et 68 % pour la Malaisie. Même l’Italie, pays avec lequel le Cameroun affiche son plus fort excédent (267,4 millions de dollars en 2024), importe du cacao camerounais, bien que dans une moindre proportion.
Face à cette dépendance brute à la fève, le Comité de compétitivité recommande une industrialisation accélérée du secteur, avec un développement des industries de première et deuxième transformation :
« Une telle dynamique permettrait de capter davantage de valeur ajoutée, d’élargir le panier des exportations et de renforcer l’industrialisation nationale ».
L’ananas camerounais en chute libre
Autre signal d’alerte : l’effondrement des exportations d’ananas.
Entre 2020 et 2025, elles ont chuté de 18,1 % en moyenne, et de 19,5 % vers l’Union européenne, principal marché d’exportation.
« Ceci suggère des problèmes de compétitivité ou de conformité aux normes que le seul accès au marché ne peut résoudre », déplore le rapport.
Depuis 2019, le Cameroun stagne à 0,1 % de parts de marché mondial, très loin de la Côte d’Ivoire (0,9 %) ou du Costa Rica, premier exportateur mondial avec près de 50 % des parts de marché. Les rendements à l’hectare du Cameroun sont deux fois inférieurs à ceux du Costa Rica, illustrant un retard de productivité criant.
Pendant que la demande mondiale d’ananas a progressé de 7,3 % en 2023, le Cameroun est resté en marge de cette dynamique, confirmant une marginalisation inquiétante sur ce segment à fort potentiel.
Un choix stratégique s’impose
Le message du rapport est clair : le Cameroun doit mieux exploiter ses avantages comparatifs, investir dans la transformation locale, moderniser ses filières agricoles et relever le défi de la compétitivité internationale. Sans cela, le 19? rang africain d’aujourd’hui pourrait devenir le témoin d’un décrochage encore plus profond demain.
Cameroon slips in Africa’s export ranking, clings to cocoa while pineapple exports collapse
In 2024, Cameroon’s export revenues stood at $6.7 billion, according to the Competitiveness Committee of the Ministry of the Economy. This places the country 19th among Africa’s top exporters, with a 1.1% market share of total African exports, down one place compared to 2023.
South Africa (18.8%), Nigeria (9.7%) and Morocco (8.1%) dominate the ranking, highlighting a high concentration of export power in the hands of a few African economies.
Within the CEMAC region, Cameroon is overtaken by Congo (16th, 1.4%) and Gabon (17th, 1.3%), exposing a growing competitiveness gap despite similar economic profiles based on raw materials.
Cocoa: Cameroon’s trade lifeline
Cocoa remains Cameroon’s main source of trade surplus. It represents 84% of exports to Indonesia, 72% to the Netherlands, and 68% to Malaysia. Even Italy, Cameroon’s biggest trade surplus partner ($267.4 million), imports Cameroonian cocoa.
The report recommends boosting local cocoa processing to increase added value and strengthen national industrialization.
Pineapple exports in steep decline
Between 2020 and 2025, Cameroon’s pineapple exports fell by 18.1%, and by 19.5% to the EU. Yields are twice lower than Costa Rica’s, the world leader with nearly 50% of the global market, while Cameroon remains stuck at 0.1%.
Despite rising global demand, Cameroon is failing to capitalize, revealing major issues in productivity and competitiveness.
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Ange NGO