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COP 30 : La r?volte des pays du Sud, le Br?sil sous pression et la ruée de l'UE vers les terres rares

Alors qu'une coalition de pays menace de bloquer l'accord final de la confèrence climat pour exiger une sortie des ?nergies fossiles, l'Union europ?enne d?ploie une stratégie agressive pour s?curiser l'accès aux minerais critiques, loin des projecteurs de Bel?m.

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La 30e Conférence des Nations Unies sur le climat (COP 30) à Belém, au Brésil, se transforme en bras de fer. Une coalition inédite de 29 pays, emmenée par des nations européennes, latino-américaines et océaniennes, a menacé de faire imploser les négociations. Leur ultimatum est clair : pas d'accord final sans une feuille de route contraignante pour l'abandon des combustibles fossiles.



La tension est à son comble. Une lettre adressée à la présidence brésilienne, révélée par The Guardian, ne laisse aucune place au doute : « Nous ne pouvons soutenir une décision qui n'inclurait pas une feuille de route pour la réalisation d'un abandon juste, ordonné et équitable des combustibles fossiles. » Un message qui reflète la position de plus de 80 pays et qui sonne comme un désaveu cinglant pour le Brésil.


Le Brésil, médiateur ou saboteur ?


Selon les sources du Guardian, le gouvernement brésilien aurait soumis un projet de résolution qualifié d'« ultimatum », vidé de toute ambition concernant la sortie du pétrole, du gaz et du charbon. La ministre colombienne de l'Environnement, Irene Vélez Torres, a fustigé un texte qui « ne correspondait pas aux aspirations et aux objectifs des participants ». Les observateurs pointent du doigt l'influence présumée de grands pays exportateurs de pétrole, comme l'Arabie saoudite, qui exerceraient une pression intense sur le pays hôte. Le Brésil de Lula, qui se présente en champion de l'Amazonie et du climat, est désormais sur la sellette, accusé de sacrifier l'urgence climatique sur l'autel des réalpolitiques.


Pendant ce temps, l'UE se prépare à la guerre des minerais


Alors que les débats font rage à Belém, une autre bataille, tout aussi cruciale pour la transition énergétique, se joue à des milliers de kilomètres. L'Union européenne, dans l'ombre des négociations, active tous les leviers pour sécuriser son approvisionnement en terres rares, ces métaux stratégiques indispensables aux énergies vertes, à la défense et aux technologies de pointe.



Maroš Šef?ovi?, le commissaire européen au Commerce, a annoncé lors d'une visite en Australie un plan d'investissement massif dans le secteur minier australien. L'objectif est sans équivoque : réduire la dépendance écrasante vis-à-vis de la Chine, qui domine le marché. « Je parle de tout, de l'extraction au raffinage, en passant par la transformation », a-t-il déclaré à Bloomberg.



Cette stratégie, qui pourrait inclure des prises de participation directes dans des entreprises et un financement via la Banque européenne d'investissement (BEI), s'inscrit dans une course mondiale effrénée. Les États-Unis ont déjà signé un accord similaire avec l'Australie en octobre. L'UE envisagerait même la création d'un organisme centralisé pour coordonner les achats et le stockage, une preuve que la sécurité d'approvisionnement est désormais une question de souveraineté et de survie industrielle.


Deux fronts, une même guerre


Ces deux événements, a priori distincts, sont les deux faces d'une même médaille. D'un côté, à la COP 30, on exige la fin de l'ère des énergies fossiles. De l'autre, dans les capitales, on se bat pour le contrôle des minerais qui doivent permettre de tourner cette page. Le paradoxe est saisissant : la transition vers un monde décarboné déclenche une nouvelle ruée vers les ressources, avec son lot de tensions géopolitiques. L'issue de cette double bataille, à Belém et dans les mines australiennes, déterminera si la révolution verte sera juste, équitable… ou simplement le théâtre d'une nouvelle guerre froide économique.

 




COP30: Southern Nations Revolt, Brazil Under Pressure, and EU's Rush for Rare Earths


As a coalition of countries threatens to block the final climate deal to demand a fossil fuel phase-out, the European Union deploys an aggressive strategy to secure access to critical minerals, far from the Belém spotlight.

 


The 30th UN Climate Change Conference (COP 30) in Belém, Brazil, has turned into a standoff. An unprecedented coalition of 29 countries, led by European, Latin American, and Oceanian nations, has threatened to derail the negotiations. Their ultimatum is clear: no final agreement without a binding roadmap for phasing out fossil fuels.



Tension is at its peak. A letter addressed to the Brazilian presidency, revealed by The Guardian, leaves no room for doubt: "We cannot support a decision that does not include a roadmap for achieving a just, orderly, and equitable phase-out of fossil fuels." This message reflects the position of more than 80 countries and is a stinging rebuke for Brazil.



Brazil: Mediator or Saboteur?



According to The Guardian sources, the Brazilian government submitted a draft resolution described as an "ultimatum," stripped of any ambition regarding the phase-out of oil, gas, and coal. The Colombian Minister of Environment, Irene Vélez Torres, criticized a text that "did not meet the aspirations and goals of the participants." Observers point to the alleged influence of major oil-exporting countries, such as Saudi Arabia, exerting intense pressure on the host nation. Lula's Brazil, which presents itself as a champion of the Amazon and the climate, is now under fire, accused of sacrificing climate urgency on the altar of realpolitik.



Meanwhile, the EU Prepares for the Minerals War



While debates rage in Belém, another battle, just as crucial for the energy transition, is taking place thousands of kilometers away. In the shadow of the negotiations, the European Union is pulling all the levers to secure its supply of rare earths, these strategic metals essential for green energy, defense, and cutting-edge technologies.



Maroš Šef?ovi?, the European Commissioner for Trade, announced during a visit to Australia a massive investment plan in the Australian mining sector. The goal is unequivocal: to reduce the overwhelming dependence on China, which dominates the market. "I'm talking about everything, from extraction to refining, to processing," he told Bloomberg.



This strategy, which could include direct stakes in companies and funding via the European Investment Bank (EIB), is part of a frantic global race. The United States already signed a similar deal with Australia in October. The EU is even considering creating a central body to coordinate purchases and storage, proof that supply security is now a matter of sovereignty and industrial survival.



Two Fronts, One War



These two seemingly distinct events are two sides of the same coin. On one front, at COP 30, there is a demand to end the fossil fuel era. On the other, in world capitals, there is a fight for control of the minerals needed to turn that page. The paradox is striking: the transition to a decarbonized world is triggering a new rush for resources, with its share of geopolitical tensions. The outcome of this double battle, in Belém and in Australian mines, will determine whether the green revolution will be just, equitable... or simply the stage for a new economic cold war.

 


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Ekanga Ekanga Fernand 

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