Le robinet de liquidités de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) commence-t-il à se refermer ? Le mardi 18 novembre, l’institut d’émission a procédé à une opération de refinancement des banques pour un montant de 700 milliards de FCFA. Un chiffre qui, pour la première fois depuis plusieurs semaines, marque un net repli par rapport aux 800 milliards de FCFA injectés régulièrement.
Cette décision de la banque centrale n'est pas un coup de sonde, mais une réponse à un signal faible, mais significatif, envoyé par le marché. En effet, les résultats de l'appel d'offres révèlent une information de poids : la demande des établissements de crédit s'est effondrée à 591 milliards de FCFA. Il s’agit tout simplement du niveau de sollicitation le plus bas enregistré depuis la seconde moitié du mois de septembre 2025.
Cette tendance à la baisse, observée depuis le début du mois de novembre, contraste vivement avec la frénésie des semaines précédentes. Durant le mois d'octobre, l'appétit des banques commerciales avait grimpé en flèche, frôlant successivement les 700 puis les 800 milliards de FCFA, contraignant la BEAC à suivre le mouvement et à alourdir ses offres pour satisfaire la soif de liquidités.
Un frémissement qui interroge
Que cache ce reflux soudain de la demande ? Pour les analystes, cette baisse d'intérêt pour le cash de la banque centrale n'est pas anodine. Elle pourrait être le premier signe d'un ralentissement de l'activité de crédit dans l'ensemble de la zone Cemac, qui comprend le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine.
La période est cruciale : à l'approche de la clôture des exercices comptables, les stratégies bancaires évoluent. Les institutions de crédit semblent privilégier les crédits à la consommation, généralement plus courts et moins risqués, au détriment des financements d'investissement, plus lourds et structurants pour l'économie. Cette frilosité des banques à financer les projets des entreprises pourrait présager un coup de frein pour l'investissement privé et la croissance économique en 2026.
La BEAC, en pilotant au plus près la liquidité du système, tente de naviguer entre soutien à l'économie et maîtrise de l'inflation. Le prochain appel d'offres sera scruté à la loupe pour confirmer – ou infirmer – ce qui pourrait n'être qu'une pause technique ou l'amorce d'un véritable virage.
Credit Slowdown in CEMAC: BEAC Cuts Injection to 700 Billion CFA Franks as Demand Dips
Banks in the region show their lowest appetite for cash since September, signaling a possible year-end economic slowdown.
Is the liquidity tap from the Bank of Central African States (BEAC) starting to tighten? On Tuesday, November 18, the central bank conducted a refinancing operation for banks amounting to 700 billion CFA francs. This figure, for the first time in several weeks, marks a significant drop from the regular injections of 800 billion CFA francs.
This decision by the central bank is not a shot in the dark but a response to a subtle yet significant market signal. The auction results reveal crucial information: demand from credit institutions plummeted to 591 billion CFA francs. This is simply the lowest level of demand recorded since the second half of September 2025.
This downward trend, observed since the beginning of November, starkly contrasts with the frenzy of previous weeks. In October, the appetite of commercial banks had skyrocketed, reaching 700 and then 800 billion CFA francs, forcing the BEAC to follow suit and increase its offers to satisfy the thirst for liquidity.
A Trend That Raises Questions
What does this sudden drop in demand hide? For analysts, this decreased interest in the central bank's cash is not trivial. It could be the first sign of a slowdown in credit activity across the entire CEMAC zone, which includes Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad, and the Central African Republic.
The timing is critical: as the end of the financial year approaches, banking strategies are shifting. Credit institutions seem to be favoring consumer credit, which is generally shorter-term and less risky, at the expense of investment financing, which is heavier and more structural for the economy. This reluctance by banks to finance business projects could foreshadow a brake on private investment and economic growth in 2026.
By closely managing the system's liquidity, the BEAC is trying to navigate between supporting the economy and controlling inflation. The next auction will be closely watched to confirm – or deny – whether this is just a technical pause or the beginning of a real shift.
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Mouahna Divine