« Le Cameroun est un pays très important pour la Guinée équatoriale. C’est le pays le plus industrialisé de la sous-région. J’invite les Camerounais à venir investir en Guinée équatoriale », a-t-il déclaré lors de son passage à la Société nationale des hydrocarbures (SNH), véritable bras séculier de l’État camerounais dans le secteur pétrolier et gazier.
Quelques heures plus tôt, reçu en audience par le président Paul Biya au palais de l’Unité, le vice-président équato-guinéen avait déjà lancé un appel direct aux opérateurs économiques camerounais. Il souhaite l’organisation imminente d’une mission économique de grande envergure en direction de Malabo afin « d’améliorer les conditions d’investissement » et de faciliter l’implantation d’entreprises camerounaises en Guinée équatoriale.
Le projet gazier Yoyo-Yolanda au cœur de la coopération
Au centre des échanges : le projet gazier Yoyo-Yolanda, un chantier stratégique estimé à 2 500 milliards de m³ de gaz naturel, situé de part et d’autre de la frontière maritime entre le Cameroun et la Guinée équatoriale. Un projet conjoint aux retombées majeures pour les deux économies.
« Je formule l’espoir que votre séjour donne un coup d’accélérateur à la matérialisation de ce projet, dont les retombées seront plus qu’appréciables », a souligné Nathalie Moudiki, représentante de l’administrateur directeur général de la SNH.
Autre projet majeur présenté à l’hôte équato-guinéen : la construction d’une raffinerie de pétrole et d’un dépôt stratégique à Kribi, porté par la SNH et sa filiale Tradex, spécialisée dans la distribution des produits pétroliers.
Tradex en quête de soutien après une suspension
En Guinée équatoriale, la filiale de Tradex a récemment traversé une zone de turbulence. Du 23 octobre au 9 novembre 2025, ses activités ont été suspendues suite à une inspection ayant relevé des non-conformités administratives, fiscales et environnementales. Après un recours gracieux et l’engagement de se mettre en règle, la société a obtenu l’autorisation de reprendre ses activités.
« Nous avons besoin de votre soutien pour le développement de nos activités », a plaidé Emmanuel Patrick Mvondo, PCA de Tradex Guinée équatoriale, devant le vice-président.
Le précédent Afriland et l’importance d’un nouveau cadre
Contrairement à Tradex, Afriland First Bank, via sa filiale CCEI Bank, n’a pas pu maintenir ses activités en Guinée équatoriale. Présente depuis près de 20 ans, la banque camerounaise a dû céder ses actifs à l’État équato-guinéen en 2020, sur fond de tensions avec les autorités locales. Un précédent qui souligne l’importance d’un cadre juridique plus attractif et sécurisé pour les investisseurs étrangers.
Une nouvelle loi pour stimuler l’investissement privé au Cameroun
Dans cette dynamique, le gouvernement camerounais prépare une nouvelle loi sur la promotion des investissements privés, destinée à remplacer le dispositif de 2013. La principale innovation réside dans le passage des réductions d’impôts vers un système de crédits d’impôt.
Selon le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, ce mécanisme permettra de réduire l’impôt dû avec un plafond de 50 % du taux global, tout en offrant la possibilité de reporter le reliquat sur l’exercice suivant. Un système plus flexible et plus adapté aux réalités économiques modernes.
Les crédits d’impôt pourront atteindre :
- 75 % du montant investi dans le régime général
- 80 % dans les zones de développement prioritaire
Ces avantages seront reportables sur cinq exercices fiscaux, renforçant ainsi l’attractivité du Cameroun pour les investisseurs, tout en soutenant les projets industriels à forte intensité capitalistique.
Pour le gouvernement, ce nouveau mécanisme constitue un outil stratégique de compétitivité, capable d’attirer davantage de capitaux, de créer des emplois et de stimuler la transformation industrielle du pays.
Equatorial Guinea calls on Cameroonian investors as strategic energy partnerships deepen
During his official visit to Cameroon on November 18–19, 2025, Equatorial Guinea’s Vice President, Teodoro Nguema Obiang Mangue, urged Cameroonian businesses to invest massively in his country, praising Cameroon as the most industrialized nation in Central Africa.
His meetings with President Paul Biya and officials of the National Hydrocarbons Corporation (SNH) focused on strengthening economic cooperation, especially around the Yoyo-Yolanda joint gas project, estimated at 2,500 billion cubic meters of natural gas.
Major projects, including a new refinery and strategic oil depot in Kribi, led by SNH and its subsidiary Tradex, were also presented. Meanwhile, Cameroon is reforming its private investment law by replacing tax reductions with tax credits up to 80% in priority development zones, boosting investor confidence.
This double dynamic — openness from Equatorial Guinea and fiscal reform in Cameroon — could mark a new era of regional economic integration.
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Ange NGO