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Finances publiques : 171 milliards de FCFA de factures impay?es, l'état du Cameroun sous pression

Les chiffres donnent le vertige. Au 30 septembre 2025, les fournisseurs de biens et services ? l'état cumulent 171,3 milliards de FCFA de restes ? payer (RAP), selon la note de conjoncture sur la dette publique publi?e par la Caisse autonome d?amortissement (CAA).

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 Les RAP correspondent aux factures en instance au Trésor public depuis au moins trois mois — un signal clair de tensions de trésorerie au sommet de l’administration.



Ces arriérés ne concernent pas uniquement la fourniture de biens et services. Ils touchent également les fonds de contrepartie, les dépenses de personnel, les subventions, ainsi que la dette intérieure liée au réseau budgétaire. En clair : tous les maillons de la machine étatique sont concernés.



Dans le détail, l’enveloppe se décompose ainsi :



  • 99 milliards de FCFA sont des factures bloquées depuis plus de trois mois ;

  • 72,3 milliards de FCFA concernent des factures âgées de moins de trois mois.




Le secteur des biens et services n’est pas le seul à souffrir. Les « autres transferts », c’est-à-dire les engagements financiers de l’État auprès de diverses entités, atteignent 176,7 milliards de FCFA, dont plus de 132 milliards de FCFA restent impayés depuis plus de trois mois.



Au total, tous secteurs confondus, le Trésor public affiche à fin septembre 2025 un cumul de 485,4 milliards de FCFA de factures impayées. Un chiffre jugé « stable », mais qui reste sous réserve des consolidations comptables en fin de période.



En clair : près d’un demi-billion de FCFA attend toujours d’être réglé.


Un recours coûteux aux marchés financiers


Pour tenter d’apurer ces arriérés, le gouvernement continue de faire appel :



  • aux émissions de titres publics sur le marché monétaire sous-régional (BEAC),

  • aux placements privés sur les marchés internationaux.




Une stratégie qui a un coût. Les taux d'intérêt flambent dans un contexte où de nombreux États recherchent simultanément des capitaux.



La Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds monétaire international (FMI) ont d’ailleurs déjà classé le Cameroun parmi les pays au risque de surendettement élevé.



Payer les anciennes dettes en contractant de nouvelles : une fuite en avant qui inquiète les analystes financiers.


Impact direct sur les entreprises locales


Pour les entreprises camerounaises, ce retard de paiement est synonyme :

 



  • de trésoreries asphyxiées,

  • de blocage de nouveaux investissements,

  • d’emplois menacés,

  • de faillites potentielles.




Plus l'État retarde les paiements, plus l'économie réelle étouffe.



 




Cameroon’s Public Finances Under Pressure: XAF 171 Billion in Unpaid Bills to Suppliers


As of September 30, 2025, suppliers of goods and services to the Cameroonian government are owed XAF 171.3 billion in unpaid invoices, according to the latest public debt report from the Autonomous Amortization Fund (CAA). These unpaid bills, known as “Restes-à-payer (RAP)”, refer to invoices that remain pending at the Treasury for more than three months.



Of this amount:



  • XAF 99 billion represent invoices pending for over three months,

  • XAF 72.3 billion for less than three months.




Total unpaid bills across all public expenditure categories reached XAF 485.4 billion at the end of September 2025.



To clear these arrears, the government increasingly resorts to domestic bond issuance or private placements on international financial markets, despite warnings from the African Development Bank (AfDB) and the IMF that Cameroon is now at high risk of debt distress.



The State keeps borrowing to pay old debts — a financial spiral with potential long-term consequences.



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Ange NGO

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