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Soudan : La CPI s'empare du dossier d'El-Fasher, un ? enfer ? au Darfour

L'ombre de la justice internationale plane sur les Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises.

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La Cour pénale internationale (CPI) a rompu le silence pour exprimer sa « préoccupation » face aux atrocités qui auraient été commises lors de la prise de la ville d'El-Fasher, au nord du Darfour. Dans un communiqué percutant, le bureau du procureur n'a pas mâché ses mots : les actes rapportés – meurtres, viols et autres exactions – « pourraient être qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité ».


Un mandat qui sort de l'oubli


La Cour rappelle qu'elle dispose d'un mandat, issu de la résolution 1593 du Conseil de sécurité de l'ONU datant de 2005, pour enquêter sur la situation au Darfour. Après des années de relative inaction, la machine judiciaire se remet en marche. La CPI affirme avoir déjà entamé des démarches pour recueillir des preuves et coopérer avec les structures sur le terrain. Une annonce qui tombe alors que la communauté internationale est vivement critiquée pour son immobilisme.



En effet, lors d'une récente réunion du Conseil de sécurité, Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU, a fustigé l'apathie de l'organisation. Il a appelé à une action décisive pour mettre fin aux atrocités à El-Fasher, une ville qu'il a décrite sans détour comme un « véritable enfer ».


El-Fasher, dernier bastion tombé dans le sang


La prise d'El-Fasher, chef-lieu de l'État du Nord-Darfour, le 26 octobre dernier, a marqué un tournant sanglant dans le conflit soudanais. Cette ville, assiégée pendant environ dix-huit mois, était le dernier bastion de l'armée régulière dans la région. Sa chute a été d'une violence inouïe. Les organisations humanitaires et de défense des droits de l'homme dénoncent des massacres de civils, parfois sur une base ethnique.



L'Union des médecins soudanais avance un bilan effroyable : au moins 2 000 personnes tuées, certaines brûlées vives. Un exode massif a suivi, avec au moins 36 000 habitants forcés de fuir en l'espace de cinq jours seulement, laissant tout derrière eux.


Les promesses des FSR face à la justice internationale


Face à la pression montante, le chef des FSR, Mohammed Hamdan Dagalo, avait promis fin octobre d'enquêter sur les crimes de ses troupes et de traduire les coupables en justice. Ses forces ont ensuite annoncé plusieurs interpellations. Des gestes perçus par beaucoup comme une tentative de préemption face à l'ouverture d'une enquête de la CPI, dont la crédibilité est autrement plus redoutable.



Le conflit, qui a éclaté en avril 2023 entre le général Abdel Fattah al-Burhan et le général Mohamed Hamdan Dagalo, a plongé le Soudan dans le chaos. Le bilan est cataclysmique : au moins 40 000 morts et quelque 12 millions de déplacés, beaucoup se trouvant au bord de la famine. Alors que les promesses de justice interne peinent à convaincre, les yeux se tournent désormais vers La Haye, dernier espoir pour des milliers de victimes.

 




Sudan: ICC Investigates "Hell on Earth" in El-Fasher, Atrocities Mount


The spectre of international justice looms over Sudan's Rapid Support Forces (RSF). The International Criminal Court (ICC) has broken its silence to express "concern" over the atrocities allegedly committed during the capture of El-Fasher city in North Darfur. In a striking statement, the Prosecutor's office minced no words: the reported acts – murders, rapes, and other abuses – "could qualify as war crimes and crimes against humanity."



A Mandate Reawakened



The Court reminded that it holds a mandate, under UN Security Council Resolution 1593 from 2005, to investigate the situation in Darfur. After years of relative inaction, the judicial machinery is grinding back to life. The ICC states it has already begun steps to collect evidence and cooperate with entities on the ground. This announcement comes as the international community faces sharp criticism for its inaction.



Indeed, during a recent Security Council meeting, Tom Fletcher, the UN's Assistant Secretary-General for Humanitarian Affairs, lambasted the organization's apathy. He called for decisive action to end the atrocities in El-Fasher, a city he bluntly described as "hell on earth."



El-Fasher, a Fallen Bastion Drenched in Blood



The capture of El-Fasher, the capital of North Darfur state, on October 26, marked a bloody turning point in the Sudanese conflict. This city, besieged for about eighteen months, was the army's last stronghold in the region. Its fall was marked by unspeakable violence. Humanitarian and human rights organizations report massacres of civilians, sometimes on an ethnic basis.



The Sudanese Doctors' Union gives a horrifying toll: at least 2,000 people killed, some burned alive. A massive exodus followed, with at least 36,000 residents forced to flee within just five days, leaving everything behind.



RSF Promises vs. International Justice



Facing mounting pressure, RSF leader Mohammed Hamdan Dagalo promised in late October to investigate his troops' crimes and bring the guilty to justice. His forces subsequently announced several arrests. Gestures perceived by many as an attempt to pre-empt the opening of an ICC investigation, whose credibility is far more formidable.



The conflict, which erupted in April 2023 between General Abdel Fattah al-Burhan and General Mohamed Hamdan Dagalo, has plunged Sudan into chaos. The toll is catastrophic: at least 40,000 dead and some 12 million displaced, many on the brink of famine. As promises of internal justice struggle to convince, eyes are now turning to The Hague, the last hope for thousands of victims.

 


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Moussa Nassourou

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