La cérémonie, retransmise en direct sur la chaîne nationale TVM, s’est déroulée sous les yeux des représentants des partis politiques et des diplomates des États-Unis, de la France, de l’Allemagne et de l’Union européenne.
Cette prestation de serment consacre l’ascension d’un homme fort issu de l’armée, à la tête d’un pays encore secoué par des semaines de tension.
Tout a commencé le 25 septembre, lorsque des manifestations ont éclaté à Antananarivo et dans plusieurs grandes villes, réclamant la démission du président Andry Rajoelina. Sous pression, ce dernier affirma avoir reçu des menaces de mort avant de s’enfuir « vers un lieu sûr ».
Son absence prolongée a conduit la Haute Cour constitutionnelle à approuver sa destitution le 14 octobre, à la suite d’une décision de l’Assemblée nationale. La Cour a alors proposé que le colonel Randrianirina, chef du groupe militaire ayant occupé le palais présidentiel, prenne les rênes du pays.
Une transition sous surveillance régionale et internationale
Face à ce changement jugé inconstitutionnel, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a annoncé l’envoi d’une mission technique avant le 22 octobre, chargée d’évaluer la situation politique et d’en faire rapport avant la fin du mois.
La SADC, en coordination avec la Commission de l’océan Indien (COI), l’Union africaine (UA) et les Nations unies, dit vouloir soutenir les efforts visant à rétablir la stabilité et la gouvernance démocratique à Madagascar.
De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné le changement de gouvernement inconstitutionnel, appelant à un retour à l’ordre constitutionnel et à un dialogue inclusif pour résoudre les causes de l’instabilité.
Randrianirina prône une refondation pacifique
Dans son premier discours, le colonel Randrianirina a assuré que le changement de régime s’était fait sans violence et dans le respect des lois. Il a annoncé la création d’un gouvernement d’union nationale ainsi qu’un Conseil de défense national de transition réunissant civils et militaires.
Aucune élection anticipée n’est prévue pour l’instant : « Il faut d’abord réformer la commission électorale et mettre à jour les listes pour garantir un scrutin transparent », a-t-il déclaré.
L’objectif prioritaire du nouveau pouvoir : répondre aux attentes sociales de la population, notamment celles exprimées lors des protestations liées aux coupures d’eau et d’électricité.
Conséquences économiques et sociales
Sur le plan économique, la situation se stabilise progressivement. La société Ravinala Airports a annoncé la reprise des vols d’Air France dès le 18 octobre, tandis que les vols Emirates demeurent suspendus.
En revanche, Madagascar Airlines traverse une zone de turbulence : son directeur général, Thierry de Bailleul, a démissionné sous la pression du syndicat des travailleurs.
Le secteur touristique, notamment sur l’île de Nosy Be, semble résister à la tempête politique, selon le quotidien L’Express de Madagascar.
L’ancien président Andry Rajoelina, désormais réfugié à l’étranger, qualifie ces événements d’illégaux. Mais sur le terrain, le colonel Randrianirina et son équipe semblent désormais bien décidés à tourner la page d’un régime contesté pour écrire un nouveau chapitre de la République malgache.
Madagascar: Colonel Michaël Randrianirina sworn in as transitional president, Rajoelina flees the country
Colonel Michaël Randrianirina of the Malagasy Armed Forces was sworn in as President of the Refoundation of the Republic of Madagascar before the High Constitutional Court in Antananarivo. The ceremony, broadcast live on national TVM, was attended by diplomats from the United States, France, Germany, and the European Union.
His swearing-in follows weeks of unrest that began on September 25, when protesters demanded the resignation of President Andry Rajoelina. The president later fled the country, citing death threats. On October 14, the High Constitutional Court endorsed his impeachment, paving the way for Randrianirina, leader of the military faction that occupied the presidential palace, to assume power.
Regional and international bodies, including the SADC, African Union, and United Nations, have expressed concern, calling for a return to constitutional order.
In his first speech, Randrianirina denied leading a coup, insisting the transition was peaceful and lawful. He announced plans for a national unity government and no immediate elections, prioritizing reforms to the electoral system and social stability.
Meanwhile, Air France has announced the resumption of flights to Madagascar, signaling a tentative normalization after weeks of turmoil.
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Didier Cebas K.