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Côte d'Ivoire : Le pouvoir interdit toute contestation de la présidentielle, 44 000 militaires en alerte

Le Conseil national de s?curit? brandit la Constitution pour ?touffer dans l'?uf les manifestations de l'opposition. Les leaders Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo exclus du scrutin, Alassane Ouattara seul candidat majeur en lice.

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La tension est à son comble en Côte d'Ivoire. Quelques semaines avant l'élection présidentielle du 25 octobre, le gouvernement a décidé de jouer la carte de la fermeté. Le Conseil national de sécurité (CNS) a officiellement interdit toute manifestation publique contestant les décisions du Conseil constitutionnel, qui a validé la candidature du président sortant Alassane Ouattara et rejeté celles de plusieurs poids lourds de l'opposition.



Dans un communiqué relayé par le site 7info, le CNS a rappelé l'article 138 de la Constitution, martelant que les décisions de la plus haute juridiction électorale "ne sont susceptibles d'aucun recours". Le message est on ne peut plus clair : "Toute contestation (…) est illégale et expose ses auteurs aux sanctions prévues par la loi".


Une opposition muselée et des rues sous haute surveillance


Cette annonce tombe comme un couperet pour l'opposition ivoirienne, qui prévoyait un mouvement de protestation national ce 4 octobre. Son objectif : exiger l'annulation des décisions du Conseil constitutionnel, perçues comme une verrouillage du jeu démocratique.



Pour s'assurer que l'interdiction soit respectée, les autorités déploient un impressionnant dispositif sécuritaire. Pas moins de 44 000 militaires sont mobilisés pour "sécuriser l'élection présidentielle" et "maintenir l'ordre public". Le CNS a ordonné aux ministères en charge de la sécurité de "prendre toutes les mesures nécessaires (…) pour prévenir toute tentative de déstabilisation".


Une présidentielle controversée : Ouattara face à lui-même ?


La source de la colère opposante ne fait aucun doute. En septembre, le Conseil constitutionnel a publié une liste de seulement cinq candidats autorisés à se présenter. On y trouve Alassane Ouattara, 83 ans, au pouvoir depuis 2011 et candidat pour un troisième mandat controversé.



En revanche, deux figures emblématiques en ont été exclues :



  •     Tidjane Thiam, leader du PDCI-RDA, écarté en raison de sa double nationalité française.

  •     Laurent Gbagbo, ancien président (2000-2011), invalidé à cause d'une condamnation non effacée.




Ces exclusions, jugées arbitraires par leurs soutiens, privent le scrutin d'une partie essentielle de son pluralisme et transforment la présidentielle en une course où le sortant apparaît en position de force incontestable.



Alors que les militaires se déploient dans le pays, la Côte d'Ivoire s'achemine vers une élection sous haute tension, où la contestation devra se taire ou risquer l'affrontement. Le spectre des crises électorales passées plane une fois de plus sur le pays.



 




Ivory Coast: Government Bans All Election Protests, 44,000 Soldiers on Alert


The National Security Council wields the Constitution to nip opposition protests in the bud. Leaders Tidjane Thiam and Laurent Gbagbo excluded from the race, leaving Alassane Ouattara as the main candidate.



Tension is at its peak in Ivory Coast. Just weeks before the October 25th presidential election, the government has decided to take a firm stance. The National Security Council (NSC) has officially banned all public demonstrations contesting the decisions of the Constitutional Council, which validated the candidacy of incumbent President Alassane Ouattara and rejected those of several opposition heavyweights.



In a statement relayed by the website 7info, the NSC cited Article 138 of the Constitution, hammering home that the decisions of the highest electoral court "are not subject to any appeal." The message could not be clearer: "Any challenge (...) is illegal and exposes its authors to the sanctions provided for by law."


A Muzzled Opposition and Streets Under High Surveillance


This announcement is a severe blow to the Ivorian opposition, which had planned a nationwide protest for October 4th. Their goal was to demand the cancellation of the Constitutional Council's decisions, perceived as a locking down of the democratic process.



To ensure the ban is respected, the authorities are deploying an impressive security apparatus. No fewer than 44,000 soldiers are mobilized to "secure the presidential election" and "maintain public order." The NSC has ordered the security ministries to "take all necessary measures (...) to prevent any attempt at destabilization."


A Controversial Presidential Election: Ouattara Against Himself?


The source of the opposition's anger is clear. In September, the Constitutional Council published a list of only five candidates authorized to run. It includes Alassane Ouattara, 83 years old, in power since 2011 and running for a controversial third term.



However, two emblematic figures were excluded:



  •     Tidjane Thiam, leader of the PDCI-RDA, disqualified due to his French dual citizenship.

  •     Laurent Gbagbo, former president (2000-2011), invalidated due to an unexpunged conviction.




These exclusions, deemed arbitrary by their supporters, deprive the election of a essential part of its pluralism and transform the presidential race into one where the incumbent appears to be in an uncontested position of strength.



As soldiers deploy across the country, Ivory Coast is heading towards a high-stakes election where dissent must remain silent or risk confrontation. The specter of past electoral crises once again looms over the nation.



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Kouadio Fred 

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