Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a en effet sorti sa plume le 3 septembre dernier pour donner le coup d’envoi très attendu de ce projet structurant. Et c’est la station notoirement congestionnée de Nkankazock, sur l’axe stratégique d’Édea, qui a été choisie pour ouvrir le bal.
La fin des files de 2 km en vue ?
L’objectif est clair : mettre un terme aux interminables embouteillages qui paralysent régulièrement cet axe vital, où les files de camions peuvent s’étirer sur près de deux kilomètres. Selon le communiqué du MINTP, les travaux de génie civil pour accueillir les nouveaux équipements high-tech « commenceront sous peu ». Le système promet une petite révolution : un tri préalable qui permettra de ne soumettre à la pesée que les véhicules suspectés de être en surcharge. Les autres pourront filer directement, fluidifiant ainsi le trafic. Aux côtés de Nkankazock, la station de Mbankomo, près de Yaoundé, servira également de site pilote.
Mesures d'urgence et rappel à la loi
En attendant que la magie du numérique opère, le Ministère a ordonné une mesure transitoire radicale : le Préfet de la Sanaga-Maritime est instruit d’autoriser le passage direct de tous les camions, sans pesée préalable, pour désengorger immédiatement la zone. Une décision qui en dit long sur l’urgence de la situation.
M. Nganou Djoumessi en a profité pour botter le train des transporteurs peu scrupuleux. Il a rappelé le cadre légal : une charge autorisée comprise entre 13 et 50 tonnes, cruciale pour « préserver les routes de dégradations précoces », especially en cette période de fortes pluies qui accélère leur détérioration.
2 milliards de FCFA de recettes… et après ?
Le système actuel, archaïque, est miné par les pannes, les coupures de courant, les contestations et, le grand secret de Polichinelle : la corruption. Le contact humain entre contrôleurs et chauffeurs est souvent le terreau de pratiques illicites qui privent l’État de recettes colossales. Preuve que l’enjeu est aussi financier : en 2020, les amendes pour surcharge ont tout de même rapporté 2 milliards de FCFA au Trésor public. Un chiffre que les syndicats routiers estiment être très en-deçà de la réalité, fustigeant un système poreux.
La digitalisation est donc présentée comme la panacée : moins d’intervention humaine, plus de transparence, des opérations accélérées et, in fine, des recettes bien plus importantes pour l’État. Reste à voir si cette fois, les paroles seront suivies des actes. Tout le monde a les yeux braqués sur Nkankazock.
Heavy Traffic, Heavy Fines: Cameroon Finally Digitalizes Its Road Weighbridges to Fight Corruption
It's a long-standing issue that has plagued the transport sector for over a decade. First announced in 2011, promised, postponed, and then forgotten, the digitalization of Cameroonian road weighbridges has made a thunderous comeback. The Minister of Public Works, Emmanuel Nganou Djoumessi, signed a communiqué on September 3, giving the long-awaited green light to this strategic project. The notoriously congested Nkankazock station on the strategic Edea axis has been chosen to be the first.
An End to the 2km Traffic Jams?
The goal is clear: to put an end to the endless traffic jams that regularly paralyze this vital route, where lines of trucks can stretch for nearly two kilometers. According to the MINTP's release, civil engineering work to host the new high-tech equipment will "begin shortly." The system promises a mini-revolution: a pre-sorting process that will only subject vehicles suspected of being overloaded to weighing. Others will be able to drive straight through, smoothing traffic flow. Alongside Nkankazock, the Mbankomo station near Yaoundé will also serve as a pilot site.
Emergency Measures and a Law Reminder
While waiting for the digital magic to happen, the Ministry has ordered a radical interim measure: the Prefect of Sanaga-Maritime is instructed to authorize the direct passage of all trucks, without prior weighing, to immediately decongest the area. A decision that speaks volumes about the urgency of the situation.
Mr. Nganou Djoumessi used the opportunity to crack down on unscrupulous transporters. He recalled the legal framework: an authorized load between 13 and 50 tons, crucial to "preserve roads from premature degradation," especially during this rainy season which accelerates their deterioration.
2 Billion FCFA in Revenue... and Then What?
The current, archaic system is plagued by breakdowns, power cuts, disputes, and, the open secret: corruption. Human contact between controllers and drivers is often the breeding ground for illicit practices that deprive the state of colossal revenue. Proof that the stakes are also financial: in 2020, overload fines still brought in 2 billion FCFA to the public treasury. A figure that road unions believe is far from reality, criticizing a porous system.
Digitalization is therefore presented as the solution: less human intervention, more transparency, faster operations, and, ultimately, much higher revenue for the state. It remains to be seen if this time, words will be followed by actions. All eyes are on Nkankazock.
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Mouahna Divine