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Camtel : l?internet fixe sauve la maison bleue, mais la sous-utilisation des c?bles sous-marins inquiète

La Business Unit fixe de Camtel reste le poumon financier de l?opérateur historique des t?l?coms au Cameroun. Selon un rapport d?audit de la Chambre des comptes de la Cour suprême couvrant la p?riode 2015-2020, les services fixes reprèsentent 67 % du chiffre d?affaires, contre 18 % pour les services de transport et seulement 15 % pour le mobile, malgré l?obtention d'une licence en mars 2020.

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Mais derrière cette façade rassurante, les chiffres révèlent des contrastes saisissants. Le téléphone filaire, jadis produit phare, s’est effondré : de 20,9 milliards FCFA en 2015, ses revenus ont fondu à 1,8 milliard en 2020, soit une chute vertigineuse de plus de 90 %. En contrepartie, l’internet fixe a pris le relais, passant de 29,9 milliards FCFA en 2015 à 44,2 milliards en 2020, porté notamment par l’explosion du télétravail lors de la pandémie de Covid-19.



Sur le segment mobile, Camtel reste loin derrière MTN et Orange. Ses revenus plafonnent à 15,3 milliards FCFA en 2020, freinés par un déficit d’investissements et une couverture encore limitée (454 sites contre plus de 2 500 pour chacun des concurrents).


La grande équation des câbles sous-marins


Au-delà des revenus, l’audit soulève un problème stratégique : la sous-utilisation chronique des câbles sous-marins. Camtel, concessionnaire exclusif de la fibre optique nationale, n’exploite que 16 % de ses capacités totales. Dans le détail : 6 % pour le SAIL, 57 % pour le WACS, 29 % pour le SAT-3 et 92 % pour le NCSCS.



Cette sous-exploitation, alors que le pays souffre encore de services internet jugés trop chers et peu performants, interpelle. Camtel évoque la faible pénétration d’internet dans la sous-région, l’orientation du trafic africain vers l’Europe (83 %), mais aussi des coûts de transit et de terminaison au Cameroun, supérieurs aux standards internationaux.



Pour la Chambre des comptes, l’enjeu est clair : optimiser la facturation annuelle et transformer ces infrastructures, financées à hauteur de 100 milliards FCFA dans le cadre du projet NBN I, en véritables leviers de compétitivité numérique.



Dix ans après l’arrivée de ces câbles, la question reste entière : le Cameroun saura-t-il convertir son potentiel technologique en croissance économique réelle ?



 




Camtel: Fixed Internet Keeps Revenues Afloat, but Underused Submarine Cables Raise Concerns


Camtel’s Fixed Services Business Unit remains the backbone of the company’s revenues, contributing 67% of turnover between 2015 and 2020, according to an audit report by the Supreme Court’s Chamber of Accounts. Internet services are driving this growth, while traditional landline telephony has collapsed.



Revenues from fixed-line phones plummeted by over 90%, from 20.9 billion CFA francs in 2015 to just 1.8 billion in 2020. In contrast, fixed internet services surged from 29.9 billion in 2015 to 44.2 billion in 2020, boosted by the Covid-19 pandemic and remote work.



Meanwhile, Camtel’s mobile operations, launched in March 2020, generated only 15.3 billion CFA francs in 2020, highlighting the company’s struggle to compete with MTN and Orange, who dominate with far larger infrastructure investments.


The submarine cable paradox


Camtel also faces a paradox: while being the sole concessionaire of Cameroon’s fiber-optic backbone, it only utilizes 16% of its submarine cable capacity. Usage rates are as low as 6% for SAIL, while others like WACS and SAT-3 are also underexploited.



The underutilization, combined with high data costs and poor service quality, has sparked criticism. Camtel blames low internet penetration in the region and the dominance of Europe-bound traffic (83%), but regulators and consumers expect more.



The Chamber of Accounts recommends better billing practices and optimized capacity usage. Ten years after Cameroon invested nearly 100 billion CFA francs in its National Broadband Network (NBN I) project, the pressing question remains: Can the country turn its digital infrastructure into real economic competitiveness?



 


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Ange NGO

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