Mais derrière les cris de joie attendus, ce sont les sanglots qui dominent. En effet, l’aîné des cinq enfants enlevés dans un bus de Touristique Express a été exécuté par les ravisseurs, comme ils l’avaient eux-mêmes annoncé. « Ils ont tué mon fils, il ne reviendra plus… », confie la mère, submergée de douleur à Yaoundé.
Une mobilisation nationale brisée par l’horreur
L’affaire avait soulevé une vague d’indignation et de solidarité sur les réseaux sociaux. À l’appel du lanceur d’alerte N’zui Manto, plus de 6 millions de FCFA avaient été collectés par des internautes afin d’aider à la libération des enfants. Mais les fonds n’ont finalement jamais été remis aux ravisseurs, qui avaient cessé tout contact depuis mercredi dernier.
Pire encore, de nombreux malfrats camerounais, se faisant passer pour les kidnappeurs, ont harcelé la pauvre mère par téléphone, exigeant d’elle le versement de la rançon. Une double douleur pour Nga Annie, piégée entre la cruauté des terroristes et l’opportunisme des escrocs.
Un lourd traumatisme
Si l’armée, notamment le BIR, a réussi à arracher ces otages des griffes de Boko Haram, les stigmates psychologiques sont profonds. Sur les visages des enfants libérés, les larmes remplacent le sourire, marqués à jamais par la perte de leur frère. « Un suivi psychologique sera nécessaire pour aider ces innocentes victimes à se reconstruire », a confié une source humanitaire à Maroua.
Cet épisode rappelle, une fois encore, l’extrême vulnérabilité des populations de l’Extrême-Nord, constamment exposées aux attaques et enlèvements de Boko Haram. Une lutte sécuritaire certes victorieuse sur le terrain, mais dont les cicatrices restent béantes au sein des familles camerounaises.
Cameroon’s Far North: Boko Haram hostages freed, but one child executed in cold blood
Cameroon’s defense forces have announced the release of ten hostages, including four children of Mrs. Nga Annie, kidnapped by suspected Boko Haram militants near the Nigerian border. While this military success was hailed as a breakthrough, the nation was struck by grief: the eldest child of the family was executed by the captors.
The tragedy has shaken the entire country, as Cameroonians had mobilized online, raising over 6 million FCFA to help secure the children’s release. However, the ransom was never paid, with the terrorists cutting off contact, while scammers posing as kidnappers harassed the grieving mother.
The rescued children, though now safe, carry the heavy trauma of witnessing their brother’s death. Their liberation, though a victory against insecurity in the Far North, remains overshadowed by immense sorrow.
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Moussa Nassourou