La justice internationale frappe fort. La Cour pénale internationale (CPI) a condamné ce jeudi l’ancien député centrafricain Alfred Yekatom et l’ex-président de la Fédération de football Patrice-Édouard Ngaïssona, deux figures emblématiques des milices anti-balaka, à de lourdes peines d’emprisonnement.
Dans un communiqué publié sur X, la CPI a confirmé que Yekatom écope de 15 ans de prison, tandis que Ngaïssona est condamné à 12 ans pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis entre 2013 et 2014 en République centrafricaine (RCA).
Un procès marathon, des preuves accablantes
Le verdict met fin à un procès fleuve de quatre ans, au cours duquel plus de 170 témoins ont été entendus et 20 000 pièces à conviction examinées. Ngaïssona a été reconnu coupable de 28 chefs d’accusation, et Yekatom de 20, incluant meurtres, tortures, persécutions ethnico-religieuses et déplacements forcés.
Les deux hommes étaient des dirigeants clés des milices anti-balaka, des groupes d’autodéfense chrétiens formés en réponse à la prise du pouvoir par la Séléka, une coalition majoritairement musulmane qui avait renversé le président François Bozizé en 2013.
Une crise sanglante aux milliers de victimes
Les violences intercommunautaires entre chrétiens (80% de la population) et musulmans (15%) ont plongé la RCA dans un bain de sang, faisant des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. La CPI avait ouvert une enquête en 2014, à la demande des autorités centrafricaines.
Dans la même affaire, Mahamat Saïd Abdel Kani, ancien commandant de la Séléka, est également jugé pour crimes commis durant cette période.
Ce verdict historique marque un pas de plus dans la lutte contre l’impunité en Afrique centrale, mais les plaies de la crise centrafricaine restent profondes.
ICC Sentences Former Anti-Balaka Leaders to Heavy Prison Terms for Crimes in CAR
The International Criminal Court (ICC) has delivered a landmark verdict, sentencing former Central African Republic MP Alfred Yekatom to 15 years and ex-football federation president Patrice-Édouard Ngaïssona to 12 years in prison for war crimes and crimes against humanity.
In a statement on X, the ICC confirmed that both men, key leaders of the Christian anti-Balaka militias, were found guilty of atrocities committed during the 2013-2014 conflict, including murder, torture, persecution, and forced displacement.
A Four-Year Trial with Overwhelming Evidence
The marathon trial saw 170+ witnesses testify and 20,000 pieces of evidence presented. Ngaïssona was convicted on 28 counts, while Yekatom faced 20 charges.
The anti-Balaka emerged in response to the Muslim-majority Séléka rebels, who ousted President François Bozizé in 2013. The sectarian violence left thousands dead and displaced hundreds of thousands.
In a related case, Mahamat Saïd Abdel Kani, a former Séléka commander, is also on trial.
This ruling is a significant step toward justice, yet the scars of CAR’s brutal conflict remain.
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Moussa Nassourou