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Fonction publique camerounaise : les enseignants et militaires engloutissent plus de 67% de la masse salariale de l'état

La saign?e budg?taire se poursuit dans les caisses de l'état camerounais, a appris cameroun24.

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D’après les données 2024 du ministère des Finances, les enseignants du secondaire, les militaires, les gendarmes ainsi que les instituteurs du primaire ont accaparé à eux seuls 67,4% de la masse salariale globale de la Fonction publique. Un fardeau budgétaire qui pèse lourdement sur la capacité d’investissement de l’État.



Le gros lot revient aux enseignants du secondaire, qui à eux seuls ont capté 33,93% des salaires de l’État en 2024, pour un effectif représentant 26,34% des 390 170 agents publics. Les forces de défense, avec 19,32% des effectifs, ont quant à elles absorbé 18,6% de la masse salariale, surclassant les enseignants du primaire (15,81% de l’effectif pour 14,9% des salaires).



? Résultat des courses : le Cameroun reste au-dessus du seuil de soutenabilité des salaires fixé à 35% par la CEMAC, atteignant 38,6% en 2024, en hausse d’1,6 point par rapport à 2023.


? Des économies, mais peu d’impact sur l’investissement


Malgré des efforts notables pour nettoyer les finances publiques — comme la réduction drastique des subventions sur le carburant, passées de 700 milliards en 2022 à seulement 15 milliards FCFA en 2025 — le gouvernement peine à rediriger ces économies vers l’investissement public.



En cause ? Le poids des dépenses courantes, les dettes accumulées, les loyers de l’administration, les subventions sociales, et surtout… la masse salariale.



? Le fichier solde a certes été assaini, avec l’éjection de 10 000 agents fictifs en 2018 et des économies annuelles estimées à 30 milliards de FCFA, mais cela ne suffit pas à renverser la tendance.


? Pression constante sur les finances publiques


Les charges de personnel ont atteint 1 383 milliards de FCFA en 2024, soit 21,3% du budget national. Et selon les projections, elles devraient même grimper en 2025 et au-delà, à cause :

 



  •     d’une augmentation annuelle des salaires de 5% en 2023 et 2024 ;

  •     de la revalorisation de l’allocation familiale de 2 800 à 4 500 FCFA par enfant ;

  •     du paiement progressif de la dette salariale, notamment envers les enseignants (déjà 164 milliards sur 200 milliards réglés en 2024).




? Les dépenses sécuritaires, l’autre hémorragie


Outre la masse salariale, l’État doit faire face à une autre saignée : la sécurité.

Depuis plusieurs années, le coût de la guerre contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord grignote entre 1 à 2% du PIB, selon le FMI. Une dépense qui a explosé depuis l’éclatement de la crise anglophone fin 2016.


? Quelle issue pour les finances publiques ?


Dans son Document de programmation économique et budgétaire 2026-2028, le ministère des Finances tire la sonnette d’alarme :



    « Il s’avère important de renforcer les mesures telles qu’une limitation significative des recrutements et la poursuite de l’assainissement du fichier solde. »



Mais tant que les charges fixes continueront de prendre le dessus sur les dépenses productives, le Cameroun aura du mal à financer ses ambitions de développement, notamment l’investissement public qui peine toujours à atteindre le seuil de 30% recommandé.

 




Cameroon: Teachers and Military Absorb Over 67% of Public Sector Wages in 2024


The Cameroonian government is grappling with a bloated public wage bill. According to 2024 data from the Ministry of Finance, secondary school teachers, soldiers, gendarmes, and primary school teachers alone accounted for a staggering 67.4% of the state's wage expenditure.



Secondary teachers led the pack, earning 33.93% of all public wages, with just over a quarter (26.34%) of the 390,170 public workers. Defense forces followed closely, absorbing 18.6% of the salary budget with 19.32% of total staff. Meanwhile, primary school teachers received 14.9%, representing 15.81% of public workers.



Despite budgetary reforms — including a drastic cut in fuel subsidies (from FCFA 700 billion in 2022 to just FCFA 15 billion in 2025) — the government still struggles to redirect savings toward public investment, with payroll and security costs devouring available funds.



Public wage expenses reached FCFA 1,383 billion in 2024, making up 21.3% of the national budget, and are projected to rise further due to salary increases, family allowance hikes, and backlog payments to teachers.



Worse still, ongoing military deployments to tackle Boko Haram and the Anglophone crisis consume 1 to 2% of GDP annually, further straining state resources.



Without a decisive shift in policy and spending habits, Cameroon risks stalling its development efforts, warns the Ministry of Finance in its 2026-2028 medium-term plan.

 


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Ange NGO

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