Malgré l’expiration du délai du 30 avril 2025 fixé par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les exploitants miniers de la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, RCA) refusent toujours de rapatrier les fonds de réhabilitation des sites exploités. Une somme colossale estimée à 6000 milliards FCFA, pourtant cruciale pour renforcer les réserves de change de la sous-région.
Un bras de fer qui dure depuis 7 ans
Adoptée en 2019, la nouvelle réglementation de change impose aux entreprises extractives de rapatrier ces fonds. Mais les majors pétrolières, après des années de négociations, opposent une résistance farouche. Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a révélé le 30 juin 2025 à Yaoundé que les compagnies pétrolières exigent désormais que ces fonds soient bloqués sur des comptes à l’étranger, plutôt que rapatriés.
« Après l’expiration du délai du 30 avril, nous avons eu une nouvelle réunion. Les pétroliers acceptent de ne plus toucher à l’immunité de la BEAC, mais refusent toujours le rapatriement », a-t-il déclaré.
Menace sur les réserves de change et pressions américaines
Avec un niveau de couverture des importations tombé à 4,5 mois (contre 5 mois recommandés par le FMI), la Cemac joue sa stabilité financière. Le rapatriement des 6000 milliards FCFA pourrait douler les réserves, éloignant le spectre d’une dévaluation du FCFA.
Pourtant, un nouveau coup dur se profile : un projet de loi américain, le « Cemac Act », pourrait bloquer les financements du FMI tant qu’une évaluation complète des réserves n’est pas réalisée. Une manœuvre qui cible directement les fonds des pétroliers.
Une réglementation « sur mesure » pour les extractives ?
Contrairement aux autres entreprises, les sociétés minières et pétrolières bénéficient d’exemptions : comptes en devises à l’étranger, transferts facilités pour les expatriés, paiements en devises des sous-traitants…
« La BEAC n’applique plus vraiment la réglementation de 2019 aux pétroliers », déplore un expert financier.
Alors que la Cemac risque de perdre le contrôle de cette manne, la question reste en suspens : les États parviendront-ils à imposer leurs règles, ou les multinationales dicteront-elles leur loi ?
CEMAC vs Oil Giants: The 6000 Billion FCFA Standoff Threatening Foreign Reserves
Despite the April 30, 2025 deadline set by the Bank of Central African States (BEAC), mining operators—especially oil producers—in the CEMAC zone (Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad, CAR) still refuse to repatriate 6000 billion FCFA in mine rehabilitation funds, a key requirement under the region’s 2019 forex regulations.
A 7-Year Battle of Wills
BEAC Governor Yvon Sana Bangui revealed on June 30, 2025, that oil companies now demand these funds be held in foreign accounts rather than repatriated. "They’ve dropped their immunity demands but still resist full repatriation," he said.
Foreign Reserves at Risk & U.S. Pressure
With import cover projected at 4.5 months (below the IMF’s 5-month threshold), CEMAC’s financial stability hangs in the balance. Repatriating the funds could double reserves, averting a potential CFA franc devaluation.
Yet, a new threat looms: the "CEMAC Act", a U.S. bill seeking to block IMF funding until a full audit of reserves is conducted—a move targeting oil companies’ funds.
A "Tailor-Made" Regulation for Extractives?
Unlike other firms, oil and mining companies enjoy exemptions: offshore forex accounts, easier expatriate transfers, and dollar payments to subcontractors.
"BEAC isn’t enforcing the 2019 rules on oil firms anymore," a financial expert warns.
As CEMAC risks losing control of this windfall, one question remains: will states enforce their rules, or will multinationals call the shots?
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Ange NGO